La résistance populaire ne doit pas s’affaiblir

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La lutte des masses populaires fait face aujourd’hui à des obstacles majeurs qui, au lieu d’augmenter l’espoir des travailleurs, des paysans et de la jeunesse afin de connaitre un jour la liberté, certains se laissent de préférence emporter vers un laisser-aller, un découragement qui les démotive, et veut même leur enlever la force et le goût de continuer à lutter.

C’est un moment de désarroi, de panique, une sorte d’inquiétude mêlée de déception qui se dessine sur certains visages. Le gouvernement de facto poursuit son œuvre destructrice en application des directives américaines. Evidemment, la résistance peine à se mobiliser. Elle est affaiblie par l’insécurité, l’inflation et justement par la méfiance des masses opprimées à l’égard de certains cadres politiques qui parlent à gauche et marchent à droite. Par-dessus le marché, une multitude de mouvements fantoches apparait comme des champignons par-ci par-là pour brader aux moindres frais la lutte.

Récemment dans une réunion du Secteur Démocratique et Populaire, on pouvait constater des groupes d’individus des quartiers populaires qui ont été mobilisés par des mots d’ordre et slogans démagogiques venus réclamer, désespérément, leur part du butin gouvernemental. Cette performance illustre la faillite éhontée d’une classe d’opposition discréditée devenue un véritable cadavre politique.

Que le symbolisme du Congrès de l’Arcahaie le 18 mai 1803 nous aide à changer les structures d’exploitation mises en place par les grandes puissances impérialistes.

Nous de Haïti Liberté, nous estimons qu’aucune solution conforme aux intérêts des exploités et des opprimés ne pourrait se trouver dans le cadre de ces négociations d’Accords sous tutelle des Etats-Unis. Ces structures ne sont que pure comédie, ces partis et plateformes pendant toute leur existence n’ont fait que pactiser avec le diable continuant à vouloir collaborer, à servir les forces impérialistes au nom d’un consensus vicié à la base, rendant un grand et fier service à l’impérialisme, axé sur une allégeance éperdue et de vaines promesses qui auront sans doute comme résultat final la destruction et l’affaiblissement de la résistance populaire.

Qu’une nouvelle série de discussions parvienne sans doute à rapprocher les protagonistes de Musseau et de Montana-PEN dans l’optique calculée d’empêcher l’essor des masses et diviser les forces de libération, il n’en reste pas moins vrai que tout règlement qui ne prendrait pas en compte les intérêts des masses exploitées sera éphémère et non-avenu.

Il n’est plus possible de continuer à lutter sans consommer une rupture nette avec les opportunistes, les défaitistes qui sont toujours prêts à se laisser charmer par les sirènes de réconciliation et de dialogues nationaux que prêche la Communauté internationale pour mieux nous égarer.  Malgré les déceptions, l’amertume et les désillusions, on en trouve déjà qui ont fait un recul tactique pour rebondir dans la même direction tandis que d’autres sont déjà en campagne n’attendant que l’ouverture d’un hypothétique processus électoral.

Certes, la décomposition politique accélérée peut déboucher sur toute sorte d’aventures et tous les dangers pour les masses populaires. Mais la conscience révolutionnaire de la classe ouvrière doit se réveiller de sa léthargie afin de reprendre en main sa destinée. Car un peuple en lutte en lien avec ses mouvements de libération devrait toujours s’accrocher à l’espoir que la libération nationale et la victoire, même dans les circonstances les plus dures faces aux obstacles les plus difficiles à surmonter et dans les heures les plus sombres, demeurent possibles.

La leçon à tirer est que tout d’abord, la lutte pour le changement est et sera considérablement et amplement longue. L’oligarchie et ses représentants au sein de la classe politique ne nous feront aucun cadeau et n’ont aucune raison à ce que les problèmes fondamentaux des défavorisés soient résolus. Ces fossoyeurs ne vont jamais nous tendre une arme pour les combattre. Il reste à nous autres de nourrir le combat pour ouvrir la voie à une solution démocratique et populaire. Nous ne devons pas simplement rêver du changement, puisqu’il ne sera jamais le fruit d’un miracle. L’essentiel est de le préparer jusqu’à son avènement.

A ce compte, le peuple doit prendre confiance en lui-même, même quand tout n’est pas clair. L’important est de ne pas céder. Il doit résister à tous les plans, projets et complots de l’impérialisme et démasquer ses desseins et ses conspirations pour les balayer au moment opportun.

La résistance populaire haïtienne, en dépit des difficultés de toutes sortes, ses options anti-impérialistes doivent rester irréversibles et son engagement révolutionnaire sans faille. C’est le grand défi à surmonter. Que le symbolisme du Congrès de l’Arcahaie le 18 mai 1803 nous aide à en jeter les fondements et à changer les structures d’exploitation mises en place par les grandes puissances impérialistes. L’heure n’est pas au découragement. Elle requiert, de préférence, à ce qu’on s’organise mieux et davantage de façon à prendre la direction de la lutte.

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