La classe politique haïtienne réclame une fois encore une autre occupation militaire des Nations Unies !

0
121
Réunion de la Caricom à la Barbade. (De gauche à droite) : la Première ministre de la Barbade, l'honorable Mia Mottley, le Premier ministre de la Jamaïque, l'honorable Andrew Holness, le président du Guyana, le Dr Mohamed Irfaan Ali, le chef de la délégation pour Haïti et membre du Conseil présidentiel de transition, Laurent Saint Cyr

Malgré les changements de chef d’État aux États-Unis avec l’arrivée du républicain Donald Trump pour remplacer l’administration démocrate de Joseph Biden, la question de l’occupation impérialiste d’Haïti et des imposteurs imposés au pouvoir au sein du Conseil présidentiel de transition (CPT) ne se voit ni ne s’entend, pour eux : les choses doivent continuer sans aucune mesure.

C’est ainsi que le projet de l’ancien chef de la diplomatie américaine Anthony Blinken, à savoir celui de « transformer la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS) en une mission officielle des Nations Unies », comme sa proposition l’année dernière au Conseil de la sécurité a demandé, vient de refaire surface.

Tout d’abord, c’est le secrétaire général des Nations Unies lui-même, Antonio Guterres, qui à la Barbade lors de la 48e réunion ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) a dû déclarer le mercredi 19 février 2025 « qu’il demanderait aux Nations Unies de financer les dépenses structurelles et logistiques d’une force multinationale en Haïti pour combattre les gangs violents ». C’est comme l’avait fait Edgard Leblanc à la Tribune des Nations Unies le 26 septembre 2024, répétant comme un perroquet les souhaits de Blinken, que Leslie Voltaire lui-même allait plus tard cautionner.

Puis, c’est un autre représentant du CPT en la personne de Laurent Saint Cyr, représentant du secteur privé, qui n’a fait que suivre les traces de ses collègues, quand à cette réunion de la Caricom, il a réitéré le jeudi 20 février 2025 cette proposition de « transformer la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMSS) en une force de maintien de la paix de l’ONU ».         

Juste après cette déchéance, le gouvernement haïtien du Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé, pour renforcer Saint Cyr, dans un communiqué publié le même jour, a indiqué  que « son conseiller présidentiel, Laurent Saint-Cyr, avait rencontré Guterres et réitéré la demande du pays pour une force de maintien de la paix de l’ONU ». Le communiqué ajoutait que le CPT « reste déterminé à résoudre cette crise et à progresser vers des réformes constitutionnelles, l’organisation d’élections générales et la réponse aux besoins humanitaires ».

Antonio Guterres, à la Barbade lors de la 48e réunion ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la CARICOM

Déjà, l’ONU a réclamé plus de 900 millions de dollars pour Haïti : « L’ONU a lancé jeudi un appel aux dons de plus de 900 millions de dollars pour aider 3,9 millions de personnes en 2025 en Haïti, pays ravagé par la violence des gangs où près de la moitié de la population subit une insécurité alimentaire aiguë » et l’Union européenne (UE) donne un appui budgétaire de 19,5 millions d’euros à Haïti. « Ces fonds sont versés à l’État pour contribuer à assurer des services essentiels aux citoyens et à renforcer la stabilité macroéconomique du pays ».

Alors que les Nations Unies et les laquais au pouvoir en Haïti ne cessent de réclamer une nouvelle intervention onusienne, ils ne disent pas que l’ONU n’a jamais été absente dans le pays. Elle est présente et agit à travers le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), dirigé par María Isabel Salvador, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en Haïti et que le mandat, renouvelé chaque année, prendra fin le 15 juillet 2025.

Par ailleurs, le lundi 24 février 2025, l’ONG internationale Human Rights Watch a appelé António Guterres, secrétaire général des Nations Unies, à soutenir le déploiement d’une mission de maintien de la paix de l’ONU « à part entière » (casques bleus) pour mettre fin au grave conflit et à la crise sécuritaire en Haïti. Et Guterres a répondu : « J’ai l’intention de présenter au Conseil de sécurité une proposition très similaire à celle que nous avons présentée pour la Somalie, dans laquelle l’ONU assume la responsabilité des dépenses structurelles et logistiques nécessaires à la mise en place de la force, et les salaires de la force sont payés par le biais du Fonds fiduciaire qui existe déjà. » (Fonds financé sur une base volontaire par les pays de la communauté internationale.)

« Nous devons continuer à œuvrer pour un processus politique mené par les Haïtiens et qui rétablisse les institutions démocratiques par le biais d’élections. « Je ferai bientôt rapport au Conseil de sécurité des Nations Unies sur la situation en Haïti, y compris des propositions sur le rôle que les Nations Unies peuvent jouer pour soutenir la stabilité et la sécurité et s’attaquer aux causes profondes de la crise », a poursuivi Guterrez.

Ce n’est pas sans raison que les fossoyeurs de la nation servent l’Internationale tout en prétendant exiger la restitution de la rançon de 1825 de la France esclavagiste et colonialiste, mais en réalité, elle n’agit différemment pas dans le sens de renforcer les aspirations populaires et de défendre la nation. La rencontre de Leslie Voltaire en France avec le président Emmanuel Macron en est la preuve palpable, car il n’avait pas osé soulever une telle question fondamentale face à son patron. Et Voltaire, agissant en conseiller présidentiel sans aucune honte, a osé dire : « c’est le président français qui a présenté cette question à lui ». Quelle aberration !

A ce stade, seule une mobilisation permanente du peuple haïtien conscient et organisé peut contrecarrer l’arrogance et la corruption de cette classe politique réactionnaire représentée au sein du CPT au service des puissances impérialistes.

La lutte aujourd’hui est une lutte de libération nationale, engagée contre l’insécurité générale en Haïti, contre l’exploitation des ouvriers dans la sous-traitance, contre l’exploitation des petits paysans appauvris, une lutte pour la souveraineté et l’indépendance nationale, pour le droit du peuple Haïtien à l’auto-détermination, une lutte tout court pour une révolution socialiste.

Comme a écrit la dramaturge Bertolt Brecht: « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

 

 

HTML tutorial

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here