Jouthe Joseph, encore un Premier ministre de facto !

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Le Premier ministre de facto Joseph Jouthe et le Président inculpé Jovenel Moise

Cela devient de plus en plus une habitude, le Président Jovenel Moïse ne communique plus que par Twitter. En janvier dernier, pour annoncer qu’il avait constaté la caducité ou le dysfonctionnement du Parlement avec la fin du mandat d’une vingtaine de sénateurs, c’est par les réseaux sociaux qu’il s’était adressé à l’opinion publique. Un tweet laconique en pleine nuit signifiant aux sénateurs qu’ils n’avaient plus le droit de se rendre au Parlement. Malgré la polémique, débats et autres recours auprès des instances électorales et judiciaires, le tweet du chef de l’Etat a eu raison sur tout le monde.

Les dix sénateurs qui contestent encore aujourd’hui la décision du pouvoir se retrouvent dans la rue et sans aucune tribune officielle pour s’exprimer. Le lundi 2 mars 2020, très tôt le matin, voici Jovenel Moïse qui récidive. C’est par un nouveau tweet que la République toute entière a appris qu’un nouveau Premier ministre a été nommé, « Suite aux consultations que j’ai eues avec différents secteurs du pays, j’ai fait choix du citoyen Jouthe Joseph comme nouveau Premier ministre. Ce dernier est appelé à former, dans les meilleurs délais, un gouvernement d’ouverture et de consensus, capable de répondre aux urgences de l’heure » a tweeté le Président Jovenel Moïse. Ainsi, la nouvelle technologie devient le chemin le plus court et le plus rapide pour communiquer avec la population. Jovenel Moïse utilise l’arme préférée de l’ex-Premier ministre Laurent Lamothe, un féru de la communication, qui prenait un malin plaisir à révoquer ses ministres et ses collaborateurs par BBM (Black Berry Messenger) quand ce smartphone avait vraiment la cote.

Selon plusieurs négociateurs de l’opposition, les noms des Premiers ministres potentiels avaient été avancés et débattus avec le Président Moïse.

Depuis, la tendance est au Twitter. Pourtant, pour le Président de la République, entre le fait et la parole, il y a tout un monde qui les sépare. Quand on voit la réaction des différents secteurs et acteurs sociopolitiques haïtiens après la publication du tweet du Président, l’on comprend tout de suite qu’on est loin de la vérité dans ce qui a été dit dans le tweet présidentiel à part seulement le nom du nouveau chef de gouvernement. En effet, selon tous les secteurs qui étaient en pourparlers avec le chef de l’Etat dans le cadre des négociations en vue d’une sortie de crise, à aucun moment le nom du ministre a.i de l’Economie et des Finances et de l’Environnement n’avait été cité au cours des différentes rencontres qui ont eu lieu sur le dossier du Premier ministre. Selon tous les leaders politiques de l’opposition modérée et de la Société civile, c’est tout seul que le Président Jovenel Moïse a choisi Jouthe Joseph pour succéder à Jean-Michel Lapin qui était dans une situation plus que délicate tant l’ancien ministre de Jean Henry Céant cumulait les intérims. Ministre de la Culture et de la Communication dans le Cabinet du Notaire, il a succédé à titre d’intérimaire à celui-ci à la Primature en mars 2019.

Mais, face aux tensions extrêmes existant entre les sénateurs de l’opposition et le chef de l’Etat, Jean-Michel Lapin qui a été entretemps nommé Premier ministre, donc confirmé dans le poste, n’a jamais pu présenter sa Déclaration de politique générale au Parlement.  Finalement, dans l’espoir de faciliter la tâche au locataire du Palais national qui souhaitait nommer un autre PM, en l’occurrence, Fritz William Michel, Lapin avait dû présenter sa démission au Président de la République le 22 juillet 2019. Sauf que ni lui ni Fritz William Michel n’ont pû être ratifiés par l’Assemblée Nationale jusqu’à la démission aussi de son successeur. Depuis, les deux Premiers ministres démissionnaires vivaient dans l’attente d’un accord politique entre le Palais national et l’opposition. C’est à la recherche de cet accord que plusieurs tentatives de négociation ont été réalisées dans différents endroits de la capitale et de Pétion-Ville. Toutes sont soldées par des cuisants échecs. Selon plusieurs négociateurs de l’opposition, les deux parties étaient à deux doigts de trouver ce fameux accord. Même les noms des Premiers ministres potentiels avaient été avancés et débattus avec le Président Jovenel Moïse.

A la fin, les discussions s’étaient arrêtées sur quatre noms de Premier ministre éventuel, entre autres celui du sénateur Joseph Lambert. Mais le chef de l’Etat n’a jamais dit ni non ni oui. Tout simplement, les pourparlers se poursuivaient en privé en vue de la signature d’un gouvernement d’union nationale et de consensus. C’est donc par surprise que l’ensemble des acteurs apprend la nouvelle que c’est Jouthe Joseph qui est appelé à prendre la tête du nouveau Cabinet ministériel. A part l’ambassade américaine à Port-au-Prince qui sert de plus en plus de « Gouvernorat » américain en Haïti, aucune autre instance nationale ou internationale n’était mise au parfum. Donc, il est archi-faux que Jouthe Joseph soit le résultat des consultations avec différents secteurs et acteurs sociopolitiques du pays. C’est un choix unilatéral du chef de l’Etat qui observe, sans doute, que les négociations ont assez duré et qui décide finalement d’avancer seul sur le dossier sachant qu’il ne court aucun risque auprès de la Communauté internationale. Puisque son principal supporter et soutien qui est Washington lui a donné son feu vert pour aller de l’avant tout en prenant le risque que les choses dérapent dans les jours et mois à venir.

Car, le moins que l’on puisse dire, l’opposition, toute tendance confondue, ne décolère pas de cette manière de faire et certainement n’a pas dit son dernier mot même s’il est vrai que personne ne croit pour le moment à un grand sursaut de la part des leaders totalement moribonds depuis la fin de l’opération « pays lock ». Le fait est que depuis le 2 mars 2020 la donne a plus ou moins changé sans pour autant que la situation et la crise politique évoluent dans le pays. La donne change par le fait que Jean-Michel Lapin n’est plus aux commandes de la Primature depuis le mercredi 4 mars 2020. Dans une brève cérémonie au Palais national en présence tout de même de l’ensemble du Corps diplomatique, Jouthe Joseph a été officiellement investi au poste de chef de gouvernement. Ensuite, tout le monde s’est rendu à Musseau à la résidence officielle des Premiers ministres haïtiens pour l’installation et la passation des pouvoirs où les deux hommes qui se connaissent pour avoir participé dans le même gouvernement ont changé quelques amabilités d’usage. Jean-Michel Lapin part à la retraite de la fonction publique après 32 ans de bons et loyaux services et Jouthe Joseph continue sa course au sein de la vache à lait qui est l’Etat haïtien.

Les 28 membres du gouvernement de facto de Jovenel Moise et Joseph Jouthe.

Car, contrairement à ce qui se dit, Jouthe Joseph n’est pas un inconnu du milieu politique et de l’Etat. Ce natif de Thomonde dans le département du Centre a déjà une longue carrière derrière lui au sein de l’administration publique et à l’Internationale. Aujourd’hui, en tant que Premier ministre de Jovenel Moïse, il n’est pas tout à fait en terrain inconnu. Ancien ministre de l’Environnement dans le Cabinet de Jean Henry Céant en 2018, puis ministre de l’Economie et des Finances a.i dans le gouvernement de Jean-Michel Lapin en 2019, Jouthe Joseph fut l’un des hommes forts de la Primature au Cabinet de l’ex-Premier ministre Jack Guy Lafontant le premier Premier ministre de Jovenel Moïse à titre de Conseiller spécial pour les projets spéciaux, travaux publics et passation des marchés publics. C’est aussi un ancien du fameux et sulfureux BMPAD (Bureau de Monétisation des Programmes d’Aides au Développement) l’institution qui brasse des millions de dollars américains en projets au nom de la République.

Tous les grands contrats, projets et achats de l’Etat passent par cette institution qui est en quelque sorte une caisse publique pour l’Etat et ses dirigeants. Curieusement, Jouthe Joseph fut administrateur du BMPAD. En plus, il a été Directeur d’analyse et d’Evaluation toujours à BMPAD ; sans oublier qu’il a été Directeur de projet de développement au BMPAD ; c’est dire que l’homme connaît du monde surtout le monde politique et les hommes des pouvoirs précédents. Enfin, Jouthe Joseph vient surtout de la Communauté internationale (ONU) où de 1989 à 2006 il a occupé plusieurs postes. Bref, le nouveau Premier ministre fait partie de ce qu’on appelle la « Nomenklatura » politique. Et on comprend l’assurance avec laquelle il s’est présenté lors des cérémonies d’intronisation que ce soit au Palais national ou à la Résidence des Premiers ministres.

Il menace déjà ceux qui pensent pouvoir le doubler ou ayant un comportement autre qu’à l’intérieur de la ligne que le gouvernement s’est tracée « La confiance est sacrée tant dans les choses importantes que dans les petites choses. Elle implique la loyauté et la fidélité qui en sont la contrepartie. Pour ce gouvernement, je vous invite à former un bloc solide. Je suis clair là-dessus. Il faut finir avec cette plaisanterie de divulguer tout ce qui a été dit en Conseil des ministres. Vous êtes des hommes et des femmes d’État. Prenez vos responsabilités. Soyez fidèles! Si vous le pouvez, faisons la route. Sinon, au revoir » a t-il déclaré  promptement à l’intention des futurs bavards de son gouvernement et à ceux qui pensent étaler sur la place publique les décisions prises en Conseil des ministres. Avant, le nouveau patron de la Villa d’Accueil s’était adressé à l’opposition sous forme de mise en garde « Les leaders politiques sont tous mes amis. Donnez-moi une trêve, je ne veux plus de désordre dans le pays. Qu’il soit de l’opposition modérée ou radicale, ils sont tous mes amis. Je ne trahirai pas mes amis, mais laissez-moi en paix ».

On comprend qu’avec une telle tonalité le premier policier de la République, comme il dit, n’a pas l’intention de laisser faire l’opposition, en tout cas, ce n’est nullement dans son intention de laisser l’opposition mener une seconde opération de « pays lock ». Puisque, en tant que le premier flic d’Haïti, en oubliant même que c’est le ministre de la justice et de la Sécurité Publique de par la Constitution qui est le vrai chef hiérarchique de la police haïtienne, Jouthe Joseph entend assumer l’essentiel des pouvoirs politiques et policiers du pays. Et la base de la police qui réclame le droit de créer un syndicat au sein de la PNH semble tomber sur un mur ; puisque, selon Joseph Jouthe « Je suis le premier policier de la République. Je suis le premier membre et seul syndicat que vous recherchez. Votre code déontologique ne vous donne pas encore le droit à un syndicat » lance-t-il aux policiers. Selon lui, le mouvement des policiers est un malentendu, « Ce qui vient de se passer est une simple question de communication » dit-il. Si cette déclaration n’était pas une provocation ou une déclaration de guerre vis-à-vis de la Coordonnatrice du Syndicat de la Police Nationale d’Haïti (SPNH) Yannick Joseph et de ses collègues, ce qu’on verra dans une prochaine Tribune, on aimerait bien savoir de quoi il s’agit.  En tout cas, c’est sur fond d’insécurité et de kidnapping que le successeur de Jean-Michel Lapin et de Fritz William Michel, le PM virtuel de Jovenel Moïse, a pris les rênes du gouvernement qui, en dépit de tout, demeurera pour les historiens un gouvernement de facto dans la mesure où, comme son prédécesseur, il n’aura pas la bénédiction ou l’onction de la Constitution puisque sa nomination n’a pas été faite dans les règles faute du dysfonctionnement de l’Assemblée Nationale.

De fait, il n’aura pas à se présenter devant le Corps législatif qui est déclaré caduc depuis le deuxième lundi de janvier 2020. Les dix sénateurs encore en fonction qui s’ennuient ferme au Bicentenaire faute d’agenda parlementaire n’auront aucun contrôle sur le Premier ministre ni sur les membres du gouvernement ; ni sur le futur budget que l’exécutif va bientôt annoncer. D’ailleurs, la mise en place de ce nouveau cabinet ministériel avec à sa tête Jouthe Joseph est l’une des grandes décisions politiques et institutionnelles du Président Jovenel Moïse depuis qu’il dirige le pays exclusivement par décret. Mais, on peut penser que, sauf s’il est contrarié par une probable renaissance de l’opposition qui pourrait profiter de cette faille pour ouvrir un nouveau front anti-Jovenel dans le pays, ce gouvernement continuera à fonctionner comme si de rien n’était.  Ce n’est ni le premier ni le dernier Premier ministre de facto que Haïti ait connus. Si l’on ne prend pas en compte le cas de feu Marc Louis Bazin qui fut Premier ministre durant la période du coup d’Etat militaire dirigé par le général Raoul Cédras (1991-1994) et en l’absence d’un Président provisoire, la République en a connu déjà trois autres. En 1999, c’est Jacques Edouard Alexis qui a été le premier a être nommé par le Président René Préval en dehors de la Constitution et qui avait formé un cabinet ministériel qui a fonctionné presque sans encombre jusqu’à son renversement par le Sénat à la demande même du chef de l’Etat.

Le second fut Gérard Latortue convoyé par avion spécial vers Port-au-Prince par la Communauté internationale pour prendre la tête du pays en mars 2004 après le renversement et le départ en exil du Président Jean-Bertrand Aristide. Il y est resté jusqu’à la fin de la transition. Et plus près de nous, le cas de Evans Paul (KP) sous la présidence de Michel Martelly. Nommé des mois auparavant, il n’a pas pu rentrer en fonction à cause de la crise politique. Mais, une fois le Parlement devenu dysfonctionnel en janvier 2015, il a été installé à la sauvette et en pleine nuit comme Premier ministre de facto et ce jusqu’à la fin du mandat constitutionnel du Président Michel Martelly en février 2016. Du coup, Jouthe Joseph devient le quatrième chef de gouvernement à entrer en fonction sans avoir à faire sa Déclaration de politique générale devant le Parlement.

De toute façon, tant qu’il n’y ait pas une nouvelle Constitution, il faut s’attendre à ce que d’autres cas viennent remplir ce cahier sombre de la République. Dans au moins deux ans, sinon avant, il y aura un nouveau Président provisoire, donc un nouveau Premier ministre de facto dans le cadre d’un gouvernement de transition. Car, si l’on prend en compte les déclarations de divers secteurs et acteurs politiques du pays estimant que la façon de procéder le Président Jovenel Moïse n’est pas la bonne, personne, en tout cas, aucun leader politique sérieux, n’ira participer ou prendre part au processus électoral que le pouvoir compte lancer bientôt. En clair, une transition politique est inévitable soit à la fin du mandat du Président soit avant si l’opposition parvient à le renverser avant 2022.

Parler de « Gouvernement d’Union nationale » est une pire fiction ou du terrorisme intellectuel.

Tandis que, pour Jovenel Moïse, l’opposition ne peut arriver au pouvoir que par les élections. On se rappelle que le Président de la République, lors d’une visite à Kenskoff le mois dernier, avait déclaré sous forme de provocation, peut-être à l’intention de l’opposition, qu’« il n’y aura plus jamais de transition en Haïti » avant de poursuivre « Le mandat expirera le 7 février 2022 et nous n’allons pas remettre les rênes du pays à un gouvernement de transition. Car, l’agenda devrait nous permettre de réaliser, entre autres projets, des élections libres, honnêtes et démocratiques ». C’est un vœu pieux si l’on tient compte de la manière dont le nouveau gouvernement a été mis en place. Pas l’ombre d’un ministre d’ouverture encore moins d’un gouvernement de consensus alors que l’opposition tire à boulet rouge sur le  nouveau Premier ministre qui serait le choix personnel d’un Jovenel Moïse qui se sent libéré de toutes contraintes pour imposer sa volonté. Circuler, il n’y a rien à voir !

Justement, depuis quelques jours, circule sur les réseaux sociaux un texte signé d’un certain Fredo Pierre faisant croire que le nouveau Cabinet ministériel dirigé par Jouthe Joseph est bel et bien l’œuvre d’un « Gouvernement d’Union nationale ». Afin d’étayer sa thèse, l’auteur se base sur la présence d’une dizaine de Ministres, Secrétaires y compris Jouthe Joseph lui-même pour tenter de prouver que « Le pays est véritablement doté d’un Gouvernement d’Union nationale ». Quelqu’un qui ne connaît pas suffisamment la vie politique et le fonctionnement des institutions haïtiennes serait facilement tombé dans ce piège s’il voyait cette liste où figurent les noms des soi-disant dix membres des Partis politiques qui ont intégré le nouveau Cabinet ministériel. Dans cette prise de position, on relève seulement la méconnaissance ou la mauvaise foi de l’auteur en ce qui a trait à un gouvernement dit d’Union nationale.

D’ailleurs, pour qu’il y ait gouvernement « d’union », il faut au préalable la signature d’un accord entre les Partis politiques concernés et le chef de l’Etat ou de son Premier ministre ayant reçu le feu vert de celui-ci. Cet accord doit être impérativement précédé de pourparlers ou négociations comme il a été le cas entre l’opposition et le Président Jovenel Moïse dans le but justement de sortir avec un accord entre les deux parties. Malheureusement, peut-être avec le jusqu’au boutisme des uns et des autres ou les ruses de l’une ou de l’autre des parties, jamais elles n’y sont parvenues. Résultat, après des mois de pourparlers, Haïti s’est retrouvée avec un Premier ministre nommé sans l’aval ou le consentement de l’opposition. Ainsi, aucun Parti ou leader politique connu ou reconnu n’a endossé ou soutenu officiellement la nomination de Jouthe Joseph.

Même pas le PHTK, le Parti du Président si l’on croit les déclarations de son chef Liné Balthazar. Parler de « Gouvernement d’Union nationale » est une pire fiction ou du terrorisme intellectuel afin d’induire en erreur ou de manipuler la population. Il ne faut pas confondre la participation des « électrons libres » ou des « Grenn 5 », comme on dit en Haïti, dans un Cabinet ministériel pour que celui-ci devienne automatiquement un « Gouvernement d’Union nationale ». Le nouveau gouvernement n’est d’ailleurs même pas un gouvernement d’ouverture si l’on considère que ce sont des personnalités venues de la société civile ou totalement indépendantes des Partis politiques qui intègrent un gouvernement à la demande du Président de la République et du Premier ministre cherchant justement à faire une ouverture vers la société civile qui peuvent lui donner cette appellation. Les neufs ou dix personnalités que Fredo Pierre cite en tant que membres des Partis politiques qui auraient labélisé le Cabinet de Jouthe Joseph de « Gouvernement d’Union nationale » sont en réalité des individualistes même si un jour ou jusqu’à maintenant ils se réclament d’un Parti. Aucun ne peut dire ouvertement qu’il a été désigné officiellement par son Parti après un accord politique ou de gouvernement avec le Président Jovenel Moïse.

Comment peut-on imaginer une minute que c’est OPL (Organisation des Peuples en Lutte) qui a désigné Lucmane Delille pour devenir ministre de la justice ou Pitit Dessalines de Jean-Charles Moïse qui a fait don de Eddy Jackson Alexis pour être Secrétaire d’Etat à la Communication et Porte-Parole du gouvernement sans parler de Marie Ghislaine Monpremier qui serait proposée par la Fusion des Sociaux Démocrates ? C’est mal connaître le fonctionnement des Partis politiques dans ce pays. Il n’y a aucun doute, les Pradel Henriquez, Hervé Saintilus, Jonas Coffy, Audin-Fils Bernadel, Charlot Jacquelin Junior et même Jouthe Joseph sont dans le gouvernement à titre personnel. Ils sauvent seulement leur « bifteck », il n’y a aucun lien entre eux et leur soi-disant Parti politique à propos de ce gouvernement. Ces individus ne pourront apporter la stabilité politique ou sociale au pays puisque aucun d’entre eux  ne pourra d’une manière ou d’une autre empêcher l’opposition, si elle arrive à reprendre du souffle, de soulever le pays contre le pouvoir.

Aucun de ces dix Partis politiques qui seraient aux responsabilités gouvernementales par le biais de « leurs ministres » dans le « Gouvernement d’Union nationale » n’a d’emprise sur ces « électrons libres » ou « Grenn 5 » qui ne font que satisfaire un vieux fantasme personnel : être Ministre à n’importe quel prix et qu’importe le résultat. En tout cas, depuis les 4, 5 et 6 mars 2020, avec l’installation et la passation des pouvoirs dans les différents ministères, la présidence de Jovenel Moïse a pris un nouveau tournant qui serait peut-être le dernier soit pour le meilleur soit pour le pire. Et, comme le nouveau Premier ministre Jouthe Joseph qui voue une « fidélité et solidarité » indéfectible au chef de l’Etat l’a clairement dit après sa rencontre avec l’ambassadrice des Etats-Unis d’Amérique en Haïti, Michèle B. Sison deux jours après son investiture « Si je ne peux pas donner des résultats, il faut que je cède la place à quelqu’un d’autre ». Et là, pour une fois, tous les Haïtiens seraient d’accord avec lui.

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