«Je suis Haïtien, je parle créole»

(Volet 1)

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Sitôt qu’un homme fut reconnu par un autre pour un être sentant, pensant et semblable à lui, le désir ou le besoin de lui communiquer ses sentiments et ses pensées lui en fit chercher les moyens.

(J.J. Rousseau, Essais sur les origines des langues, 1791).

Qu’est-ce qu’une langue? « Quelle langue parlons-nous ? » Parlons-nous haïtien ou créole (1)?  Cet article propose de jeter un regard critique sur ces deux questions suscitant des querelles dogmatiques parmi  les Haïtiens (2) en  diaspora américaine. Il invite à réfléchir sur le sens et la portée socio-historico-culturelle de l’appellation du créole, langue des Haïtiens. Pour répondre à ces questions nous tenterons de nous appuyer sur deux concepts fondamentaux: la créolisation et le panafricanisme.   

La réflexion de Rousseau s’appuyant sur la nécessité, chez l’espèce humaine, d’avoir un moyen de communication est peut-être la juste réponse à  la question préalablement posée: qu’est ce qu’une langue? La parole, dit-il, distingue l’homme d’entre les animaux : le langage distingue les nations entre elles; on sait seulement d’où vient un homme qu’après qu’il ait parlé; mais, s’interroge-t-il, qu’est-ce qui fait qu’une langue est celle de son pays et non pas d’un autre ?  (Voir Rousseau, 1791). 

L’appellation, « créole », de la langue maternelle tient une grande importance, tant historique que culturelle, pour la plupart  des Haïtiens. Le créole, comme l’admet une bonne majorité, est la langue parlée par tous les Haïtiens. C’est un musée national où réside tout notre patrimoine linguistique, historique et voire littéraire si l’on se réfère au nombre d’œuvres publiées, dans la langue, pendant ces quatre dernières décades. Nous voulons qu’il soit  appelé créole non pas, par choix intellectuel mais bien parce que ce nom reflète historiquement  notre militance et notre appartenance à l’africanité.  Il serait même une marque identitaire. A priori, on attribue très facilement la nationalité haïtienne à celui qui parle créole. Devenue la langue officielle du pays depuis 1987, elle se trouve aujourd’hui en bonne position par rapport à la langue française qui détenait la première place durant la colonie. Mais voyons d’un peu plus près son parcours en essayant de répondre aux questions suivantes: dans quelle langue l’Haïtien devrait-il s’exprimer?  Comment devrait-on l’appeler, cette langue? Devrait-on dire créole, ou créole haïtien comme le Mauricien qui dit créole mauricien, ne devrait-on pas dire, tout simplement,  « haïtien » puisqu’on est Haïtien. Ces questions tendent à s’éterniser. Doit-on subir leur réminiscence et pourquoi sont-elles si récurrentes? D’ailleurs, les Anglais ne disent-ils pas qu’ils parlent anglais, aussi bien que les Français et les Allemands?  Il paraît que toutes ces appellations s’appuient sur une logique et peuvent être utilisées à bon escient. Néanmoins, aux  questions: «quelle langue parlez-vous ? » et « Parlez-vous haïtien ?» auxquelles un interlocuteur aurait répondu: « je ne parle pas créole, je parle haïtien »  retient un peu notre attention. N’y a-t-il  donc pas là une ambiguïté à clarifier. 

 Dans la mesure où il existe plusieurs langues créoles, je précise toujours si je communique avec un locuteur qui n’est pas haïtien que je parle le créole haïtien.

 D’entrée de jeu, il importe de souligner que la question, « parlez-vous haïtien? » est tout d’abord mal formulée. Sémantiquement, demander à quelqu’un de nationalité anglaise ou française : « parlez-vous anglais ou français? » ne convoque pas le même sens quand cette dernière est adressée  à quelqu’un de nationalité haïtienne. La formule diffère selon le contexte. Par exemple, on ne demandera pas aux Cubains « parlez-vous cubain?  », ou à un Dominicain  « Parlez-vous dominicain ? ». Cela n’aurait pas de sens. Cette question, dans le cas des Haïtiens, émane, tout simplement d’une curiosité et elle provient, surtout de ceux qui connaissent peu la culture haïtienne. Parfois, n’étant pas capable de différencier le créole du français, ils vont jusqu’à croire que l’interlocuteur, en question, est en train de s’exprimer en français d’où le décalque du « créole haïtien ». L’adjectif « haïtien », ici, modifiant la langue est tout à fait bien placé, puisqu’il suggère qu’il existe d’autres créoles. D’ailleurs, il n’est pas sans savoir qu’il existe aussi bien un « français haïtien  ». Dans Les gouverneurs de la rosée (p.34), on lit Jacques Roumain qui fait dire à Bien-aimé s’adressant à son fils : « Baille-moi la main mon fils ». Voilà un bon exemple parmi tant d’autres qu’on pourrait choisir dans ce même roman. Ce souci de préciser quel créole on parle, est presque inexistant chez les Haïtiens qui vivent dans leur pays. Pour bien confirmer cet argument, nous avons effectué une enquête. Il s’agissait, à la manière des anthropologues, de faire un travail de terrain. Sur une soixantaine d’haïtiens, un nombre pris arbitrairement, l’objectif était d’enquêter sur trois contrées différentes à qui nous avions posé les mêmes questions: nous avions interrogé  vingt personnes en milieu rural; vingt étudiants de la ville du Cap-Haïtien, niveau secondaire et vingt personnes de la diaspora américaine.  À l’unanimité les sujets ont révélé que leur langue maternelle était le créole et leur nationalité haïtienne. Les vingt étudiants qui ont été questionnés ont répondu qu’ils étaient fiers de leur langue, le créole, et fiers aussi de leur nationalité, «  Haïtien ». L’enquête ne s’est pas arrêtée là. Nous avons eu la chance de poser les mêmes questions à deux linguistes haïtiens: Darline Cothière et Hugue Saint-Fort, très connus pour leurs contributions à ce sujet. Dans l’enquête nous avons découvert que seuls les haïtiens qui vivent en diaspora disent qu’ils parlent haïtien.

Voici tout d’abord nos questions:

  1.  En tant qu’Haïtien, dans quelle langue devons-nous nous exprimer ? 
  2. Comment appeler cette langue? 
  3. Devrait-on dire créole, ou créole haïtien comme le Mauricien le fait,  ou tout simplement haïtien? 
  4. En qualité de linguiste, qu’en pensez-vous ? 

Voici ci-dessous la réponse de  Darline Cothière suivie de celle de et Hugue Saint-Fort :

  1. La question ne devrait pas se poser en ces termes. La langue n’a pas de nationalité. On s’exprime tout simplement dans une langue qu’on connaît, commune à sa communauté ou à ses interlocuteurs. Cela dit, la langue a une valeur sociale  en Haïti. Choisir d’utiliser le français ou le créole dans certains contextes peut avoir une signification particulière. Pour simplifier, on doit utiliser la langue commune aux Haïtiens tout en ayant le droit et le loisir d’utiliser n’importe quelle langue. Considérant qu’il existe plusieurs créoles dans le monde, il est plus approprié de parler de  « créole haïtien  ». 

A propos de ceux qui disent qu’il parle  « haïtien », voici ci-dessous la position  de Cothière qui est aussi la nôtre: 

  1. Je ne suis pas sûr de bien comprendre [la question]. A vrai dire, haïtien ou créole haïtien renvoie à la même chose, la langue maternelle des haïtiens. Il faut peut-être y voir une sorte de calque sur l’appellation des langues auxquelles ces personnes de la diaspora sont en contact, à savoir, l’anglais, le français

La réponse de Saint-Fort est en parfaite harmonie avec celle de Cothière qui tout de même admet avoir compris d’où vient l’appellation « haïtien » de la langue. La voilà, ci-dessous, retranscrite telle qu’elle fut reçue: 

  1. La dénomination que mes ancêtres ont donnée à ma langue maternelle est le  « kreyòl ». C’est une longue histoire et je n’ai pas du tout l’intention de changer cette dénomination. Je continuerai donc à l’appeler « kreyòl », comme le font la plupart de mes compatriotes. 
  2.  Dans la mesure où il existe plusieurs langues créoles (certaines sont basées sur le français, d’autres sur l’anglais, ou sur le portugais ou sur l’espagnol), je précise toujours si je communique avec un locuteur qui n’est pas haïtien que je parle le créole haïtien. Je ne dis jamais que je parle  « haïtien ». Ce terme désigne une nationalité. Il ne désigne absolument pas le nom de la première langue parlée par tout Haïtien né et élevé en Haïti. Cette première langue a pour nom  kreyòl. 
  3. J’ai tendance à être d’accord avec vous, lorsque la plupart des Haïtiens disent qu’ils parlent  « haïtien » vivent en diaspora. J’ai beaucoup écrit sur cette question à la fois dans des textes savants et pour le grand public, notamment sur le quotidien haïtien, Le Nouvelliste, il y a une bonne dizaine d’années. Le linguiste que je suis condamne absolument la dénomination « haïtien » et qui ne correspond pas à la réalité historique et l’origine bien documentée du terme lui-même.

Nous l’avions préalablement mentionné, l’option de l’appellation « haïtien  » en lieu et  place du terme  « créole» est devenu, depuis un temps, l’objet d’un débat qui tend à se propager. Il est courant même ici dans la diaspora haïtienne de Boston. Au moment présent, sa propagation n’a de voix que dans le monde académique. Son appartenance à ce milieu demeure néanmoins alarmante. Car, les compatriotes qui soutiennent cette idée procèdent à sa revendication, non seulement avec fougue et passion, mais le pire c’est qu’ils appartiennent au secteur savant. C’est un atout dangereux qui peut finalement aboutir à accorder une posture de scientifique à l’idée même, alors qu’elle est mal conçue.  Nous tenons par ce présent essai à écarter une telle erreur et apprécions le fait qu’il y ait des linguistes qui soutiennent notre démarche. 

Nous comprenons, bon an mal an, la sensibilité de la question et la colère de ces collègues qui défendent avec véhémence la nouvelle appellation, mais la démarche est vaine et le résultat n’est pas du tout productif en ce qui concerne le devenir d’Haïti. Nous présentons les raisons: Tout d’abord, cette démarche nous éloigne des autres, elle partage avec la  négritude le côté monolithique, trop centriste de cette mouvance, bien que nécessaire à son époque. Sans qu’ils ne s’en rendent compte, nous nous sommes  éloignés de ces cadres de  crises identitaires.  Ils s’enfoncent dans une sorte de communautarisme où ils dressent l’haïtianité contre la créolité. Or, l’haïtianisme ou le panafricanisme, de par leurs caractéristiques, s’inscrit dans les valeurs de la créolité, si l’on se réfère à l’esthétique glissantienne parlant d’un monde en « Relation »  où «les cultures se rencontrent, permettant l’échange sans se perdre ». «C’est elle [en tant que notion] qui détermine la nécessaire mutation des humanités, des cultures ataviques aux cultures composites, de l‘identité racine à l‘identité rhizome» (Voir Serge Martin, Billets, Poétique de la Relation, ). Il faut dire aussi que certains de nos intellectuels trop souvent, s’enferment dans un monde de réflexion, non seulement subjective mais aussi binaire, où ils se perdent dans leur rhétorique. Également, ils demeurent confinés, à leur insu, dans le carcan colonial. Le passé colonial persiste dans leur présent, et imprègne toutes déductions possibles. Or, le monde, en soi, est plutôt d’une complexité telle qu’il offre très peu de transparence ou de compréhensions simples ou binaires. 

D’ores et déjà nous devons nous allier aux pays frères avec lesquels nous avons mutuellement partagé  un passé afin que nos utopies deviennent des réalités.

Dûes aux différentes ruptures qui se sont opérées ultérieurement, le passé des migrants de la traite négrière s’avère encore plus complexe à reconstruire. Pour ce qui a d’histoire, exprime Édouard Glissant dans son Tout-monde, « il nous reste à la déterrer ou à l’élever parmi nous ». L’histoire du migrant pense-t-il est « un corps sans tête » (Glissant, 1995 : 18). Il  ne lui est pas donné de remonter dans son passé au-delà de trois siècles. Nous, « les migrants nus », comme le confirme Glissant par ce terme assez descriptif, sommes des déracinés coupés de notre souche, différents des Békés qui eux sont arrivés aux Antilles avec leurs batteries de cuisine, leur chansons, leurs langues et leurs us et coutumes.  Par contre, nous autres les Noirs, au moment des razzias, n’avons pas eu le temps de prendre avec nous quoi que ce soit. Ce fut, pour nous, l’expérience du «gouffre » (voir Glissant, :18) celle des cales puantes, entassés comme des sardines en dépit de toutes distinctions d’âge ou de genres, puis, ce fut  « le gouffre » des habitations de cannes, pour nous autres les Haïtiens et celui du coton pour les frères noirs des Etats-Unis. Cela a bien duré plus de trois siècles. Nous n’avons  même pas pu bénéficier de l’apport des  historiens ou chercheurs de l’époque. Ils se souciaient peu de ce groupe d’hommes/femmes étant plutôt, pour eux, des hommes-choses. De l’époque des colonies il n’y a eu que Médéric Louis Élie Moreau de Saint-Méry (1750 – 1819)  qui a laissé quelques traces écrites de ce temps. Le terme « trace »  n’est pas  à prendre à la légère, nous l’empruntons aussi à Glissant qui dans sa théorie de la « Relation » le mentionne pour désigner qu’au moment du débarquement le « migrant-nu » n’avait pour lui que sa mémoire. Zombifié, il a tout fait pour sortir du néant. Ce fut le cas aussi  pour ceux qui, plus tard, réclamèrent en ce jour de 1804, d’être dénommés désormais Haïtiens (3). Ils vont eux-mêmes adopter leur propre langue, « le créole» et  vont s’approprier 27.000 km2 de la colonie de Saint-Domingue, à laquelle ils donnent le nom d’Haïti. Alors, voilà nombre d’indices qui rendent certains aspects de notre histoire un peu difficiles à cerner.  

Je suis Créole, donc je suis Panafricaniste.

Les repères étant bien établis, revenons à la question  qui nous préoccupe: qu’est-ce que l’Haïtien aura à perdre en disant qu’il ne parle pas « créole », mais qu’il parle « haïtien »?  En fait, lorsqu’un Haïtien déclare qu’il parle « créole» et qu’il est Haïtien, ceci révèle d’un état de droit acquis et qu’il a payé au prix de son sang. L’adoption du mot « créole » pour désigner sa langue est juste une appellation que tout un chacun devrait respecter. Car, d’un point de vue sémiotique, cette appellation révèle  tout son passé: un importé de l’Afrique dans le projet du mercantilisme, ce mot renvoie aussi à tout un alliage de cultures ou tous les éléments s’imposent et s’opposent. Le vodouisant, par exemple, n’a pas ce problème, il est convaincu de sa valeur intrinsèque, un composite fait de toute la côte ouest de l’Afrique-mère en intégrant même malicieusement, l’apport européen imposé. Quand il est monté par ses papalwa -les divinités d’Afrique- qui  peuvent être représentées dans son houmfò par une icône empruntée à l’église catholique occidentale- ne dit-t-il pas : « il y a 21 nations d’Afrique qui dansent dans sa tête ». Faisons un peu d’histoire en nous appuyant sur l’apport des cultures ancestrales. Retour à l’africanité est le mot clé. Ceci englobe toutes les ethnies de la côte occidentale du continent-mère y compris leur culture: la métamorphose s’est opérée en 1791 dans la nuit du 14 août au Bois caïman, le lieu et la date de naissance du panafricanisme. Le soulèvement des esclaves au Bois Caïman et l’Acte de l’indépendance ont, de ce point de vue, deux points essentiellement symboliques: si la Cérémonie marque la première tentative d’un retour à l’africanité, l’Acte de l’Indépendance en adoptant en ce jour du 1er janvier 1804 le nom de l’île donné par les Arawaks témoigne de notre solidarité à nos frères qui ont habité l’île avant notre arrivée. L’Acte témoigne aussi de notre volonté de puissance et la naissance du panafricanisme. On pourrait, en lieu  et place du panafricanisme, dire «  créole », en empruntant à Glissant, bien entendu, la définition qu’il donne à ce terme. Le terme créole ou mieux encore créolisation renforce notre propos concernant tout ce métissage culturel  qui a eu lieu. Tout d’abord, les Africains vont composer avec les autochtones de la période précolombienne, puis les ancêtres africains –Bosal ou Créoles- et pourquoi ne pas citer les Européens puisqu’il y a eu rencontres tant culturelles que génétiques avec ces derniers. Revenons, encore une fois, à la théorie de Glissant, la poétique de la Relation faisant allusion au « rhizome » (P.23), cette notion où toute singularité est dissoute pour en produire une (de) (nouvelle(s). Le syncrétisme du vaudou haïtien nous offre un exemple parfait de ce pluralisme de cultures qui s’entrecroisent et créent une toute nouvelle, ne ressemblant nullement à aucun de ses composants. En considérant tous ces paramètres, force est de déduire, que les Haïtiens contemporains sont tous des Créoles. Ils n’ont réclamé la nationalité haïtienne qu’en 1804, après la défaite de l’armée de  Napoléon, suivie de la déclaration de l’indépendance d’Haïti et finalement par la constitution de Dessalines déclarant que nous sommes tous des Haïtiens. Dessalines par cette décision a voulu montrer que  l’esclavagisme s’achevait en  emportant irrémédiablement tout le fantasme de la stratification racialiste  et colonialiste.   

Être Haïtien  n’est pas une simple affirmation, elle est  historiquement le symbole d’un passé glorieux. Ce fut le point de départ du panafricanisme, un acte imposé héroïquement en dépit du système esclavagiste, qui avait chosifié ces vengeurs de 1804. Dire qu’on est Haïtien témoigne de la  renaissance après trois siècles de zombification et d’esclavagisme, mais cela dit très peu de notre composite créole, ce métissage  de  l’Afrique aux Antilles dans le projet du capitalisme européen. Car au moment de l’arrivée, nombreux sont ceux qui ont dû accepter le christianisme, et d’autres sont restés  à jamais des Bosal. Ainsi, quand on parle de créolité c’est  à cette synthèse, à cet alliage que nous nous référons.  Ce qui permet de déduire qu’il serait plus approprié de dire, qu’on est Créole ou Haïtien, qu’on parle créole en lieu et  place de « on est Haïtien et on parle « haïtien  ». 

Conclusion :

On a essayé d’établir les points essentiels  qui rapprochent la créolisation du panafricanisme. Ce faisant, nous les avons rejoints volontairement. Car, si la créolité remonte à notre appartenance à la Caraïbe, terre d’adoption, le panafricanisme, de son côté, nous identifie, non seulement idéologiquement, mais surtout généalogiquement.  En nous attardant  sur l’aspect socio-historique de l’appellation, « Haïtien »,  accordée  au créole, nous avons largement discuté le  rapport  linguistique du terme et son lien avec le panafricanisme en frôlant la question suivante: Pourquoi le panafricanisme serait-il un concept de la créolisation ?  En faisant le tour d’horizon de cette question nous sommes arrivés à la déduction suivante: que la dénomination du terme « créole » comme langue maternelle des Haïtiens est celle qui convient le mieux et qu’elle est un acquis historique. Nous avons su présenter le panafricanisme comme l’idéologie ou le dialogue qu’il faut avoir pour sortir Haïti de ses difficultés. Les différentes constatations explorées ont pu  démontrer que les problèmes soulevés proviennent d’une crise identitaire. Malgré les instructions de l’Oncle depuis les années de l’Occupation (1915- 1930), dans l’ensemble, ils perdurent. Ce retour vers l’africanité, le folklore, le trésor de notre culture  sont tous  inscrits dans Ainsi parla l’oncle (voir Price-Mars, 1928) et sont  toujours d’actualité. Notre position  n’affirme nullement, que notre démarche soit une finalité en soi, elle est un moyen d’explorer d’autres champs de recherche. Elle essaie d’élargir le cadre d’exploration mais tout en évitant de dicter des alternatives de développement distantes de notre réalité, et de ce fait, rend stagnantes toutes les utopies. D’ores et déjà nous devons nous allier aux pays frères avec lesquels nous avons mutuellement partagé  un passé afin que nos utopies deviennent des réalités.

A suivre

 

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