Il faut sauver Port-au-Prince !

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Grand Ravine à Port au Prince

Le premier nom de la bourgade qui allait devenir Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, fut celui de Port-aux-Crimes. Ancré dans une crique naturelle formée par le golfe de l’île de la Gonâve, ce village fut dans le temps le repaire de tous les bandits, malfrats et les criminels en tout genre qui venaient s’y réfugier après leurs forfaits, soit en haute mer, soit sur la terre ferme. On est aux environs des années 1747-48. En l’An 1749, la ville se développe, prend de l’extension et rentre immédiatement en concurrence avec le Cap-Français pour finir par le déclasser. Et l’ancien Port-aux-Crimes s’imposa comme la capitale du nouvel Etat fraichement créé par les généraux de la Révolution sous l’autorité de Jean-Jacques Dessalines. Dans moins d’une année, Port-au-Prince fêtera les 270 ans de sa fondation. Près de trois siècles plus tard, l’histoire va-t-elle se répéter ? Port-au-Prince redeviendrait-il Port-aux-Crimes et repaire des bandits et des gangs en tout genre ?

C’est la question que certains commencent à se poser en assistant, impuissants, qu’une partie entière de la ville-capitale se transforme en ZAD (Zone à Défendre) ou de « non droit » où des gangs armés sans foi ni loi s’imposent en de véritables seigneurs de guerre du Moyen-âge n’ayant de compte à rendre à personne, sinon qu’à eux-mêmes. Il y a trois mois de cela, Haïti Liberté avait publié une Tribune sous le titre de « Port-au-Prince, l’oubliée de la Caravane de Jovenel ». Dans cette Tribune, on voulait sensibiliser les autorités de la capitale et le Président de la République en particulier sur le cas de cette ville pratiquement abandonnée, livrée à elle-même. On n’avait pas attendu que les chefs de gangs de Portail de Léogâne, de Grand-Ravine, de Cité L’éternel, de Village-de-Dieu, de Ti-Bwa ou de Cité-Plus entrent dans un conflit meurtrier sans issue pour tirer la sonnette d’alarme sur la capitale qui, semble-t-il, n’intéresse plus aucune autorité légalement installée, ni personne.

Le bidonville de Grand-Ravine

Sauf peut-être ces bandes armées prenant en même temps la population en otage jusqu’à rendre totalement invivables certains quartiers du Centre-ville. Incontestablement, la guerre des gangs à laquelle on a assisté ces dernières semaines n’est pas un simple hasard. Il résulte de la politique discriminatoire et du sectarisme dont ont fait preuve les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête de l’Etat ces trente dernières années à l’égard des habitants du centre ville en général et des quartiers adjacents de Port-au-Prince en particulier.

Les gangs se croient finalement maîtres de certaines parties de la capitale et où les pouvoirs publics se comportent en spectateurs. Donnant l’impression que ce sont les malfaiteurs de tout acabit qui régissent les règles dans la Cité. Bien avant le séisme de 2010, le centre-ville de Port-au-Prince était déjà sinistré. Compte tenu de l’absence des services publics de l’Etat et de la municipalité qui commençaient à délaisser leurs adresses historiques pour s’installer dans les périmètres se situant au-delà de la rue du Centre transformée en marché public à ciel ouvert. Le coup de grâce naturellement est arrivé avec Goudou-goudou.

Si après on a constaté un effort pour redynamiser, tout au moins redonner vie à la ville, il se limite au Champ de Mars. D’où cette sorte de ligne Maginot qui, virtuellement, divise carrément la capitale en deux parties distinctes : le haut et le bas Port-au-Prince. Du Champ de Mars en remontant par Lalue en allant vers Bourdon ou en passant par les rues Capois, Dr Audain, Bois-Verna, Canapé-Vert, Pacot, et Turgeau. Dans ces quartiers on peut plus au moins se sentir encore dans la capitale compte tenu  de la présence de certaines institutions (écoles, lycées, universités) et administrations publiques et privées et quelques rares résidences d’un certain standing. Et on peut aussi se restaurer dans un cadre plus ou moins serein, agréable et sécuritaire du fait de l’installation de certains restaurants et hôtels comme Marriott Port-au-Prince.

Mais du Champ de Mars y compris aux alentours du Palais national du côté de la rue Mgr Guilloux jusqu’au Bicentenaire en intégrant le Parlement et la Primature (bureau du Premier ministre), on peut difficilement croire qu’on est dans une ville encore moins dans une capitale qui brillait de mille feux, il y a tout juste une trentaine d’années. En fait, de la rue de la Réunion à Bizoton en passant par les avenues Bolosse et traversant bien évidemment Martissant devenu la jungle et longeant le boulevard Harry Truman ou le Portail de Léogâne, on est plus dans une Cité organisée où la vie en société serait la règle. Personne ne s’occupe de ces endroits. Les différentes rues et avenues qui, autrefois, donnaient à Port-au-Prince l’aspect d’une ville où il fait bon vivre disparaissent sous des tonnes d’immondices et des bidonvilles où les êtres humains côtoient allègrement toute sorte d’animaux domestiques (chiens, chats) et de pacage  (porcs, cabris, bœufs, etc).

Des élèves du Lycée Jacques Roumain à Grand Ravine manifestent contre la fermeture de l’école en raison de la violence entre les gangs de Martissant

Comment les gouvernements peuvent-ils imaginer une seconde que des coupe-gorges comme la rue Tiremasse, la rue Bonne foi, le Bicentenaire, rue Marcajoux et autres noms célèbres ne deviennent des repaires pour des malfrats qui finissent par imposer leurs normes sur une population ne sachant que faire face au danger ? Aujourd’hui, même les gens qui habitent malgré eux le centre ville ont peur pour leur vie. Signe que la situation s’est gravement détériorée. Puisque autrefois ce sont les gens d’en-haut qui refusaient de descendre en bas la ville, comme on dit. Les deux célèbres et historiques Portes d’entrée de la capitale – Portail de Léogâne et celui de Saint Joseph – sont aujourd’hui, une fois la nuit tombée, des quartiers n’appartenant plus à la République. Car, si de jour elles sont bondées avec un trafic totalement anarchique vu que les automobilistes ne respectent aucune règle et que les forces de police sont absentes, le soir venu personne ne veut s’aventurer sur ces artères.

Ils sont contrôlés uniquement par des bandes de pillards armés jusqu’aux dents qui règlent leurs comptes à coup de fusils automatiques et autres armes de guerre selon les dires mêmes du Secrétaire d’Etat à la Sécurité publique, Ronsard Saint-Cyr. Le boulevard Jean-Jacques Dessalines est devenu depuis des lustres un champ de ruine où pratiquement seuls les chiens désœuvrés s’y aventurent la nuit. Toutes les autres rues adjacentes n’y échappent pas. Elles sont devenues des camps retranchés où seuls les initiés peuvent pénétrer et sortir vivants le soir tant les hors-la-loi occupent de manière permanente ces arrière-cours échappant définitivement aux autorités légales.

Or, il se trouve que non loin du Portail Saint Joseph (Nord) il existe plusieurs Sites de la police nationale qui a établi des bases entre autres, CIMO (Corps d’Intervention et de maintien de l’Ordre) et IGPNH (Inspection Générale de la Police Nationale Haïtienne). Pourtant, la présence de ces corps spécialisés de la police n’empêche point que ces zones ne soient placées sous la coupe des gangs lourdement armés. Au Portail de Léogâne, l’on est à peu près dans le même cas de figure, sinon pire. Le Sous-Commissariat de la rue Oswald Durand, situé à deux pas du Rond-Point du Portail de Léogâne et en plein cœur de la Gare routière des départements du grand Sud non loin du Stade Sylvio Cator, est dépassé par les évènements. Ce quartier est un chaudron, tant il est grouillant et bouillonnant de jour comme de nuit. Il ne laisse aucun répit aux quelques policiers assurant la sécurité de la zone.

Puisque ce sont ces mêmes policiers et leurs collègues du Sous-Commissariat de Martissant qui interviennent à chaque fois que la tension monte d’un cran entre les gangs. Or, la tension est en ébullition permanente dans ce périmètre où les gangs viennent s’affronter pour le contrôle d’un lopin de terre que les uns et les autres revendiquent. Naturellement, tout le monde connaît les principales causes de cette situation. Elles se nomment pauvreté, promiscuité et absence de services publics. Le manque criant d’infrastructures et de services publics pouvant désenclaver ces quartiers livrés à la vindicte des criminels est l’un des facteurs qui  a ramené cette situation inédite dans une capitale qui était autrefois l’une des plus paisibles de la région, sinon du continent.

L’absence d’éclairage public augmente considérablement la puissance d’agir des gangs qui, une fois la nuit tombée, prennent leur quartier dans les rues étroites des ghettos jonchées de détritus pour mener leurs affaires. Trafic de stupéfiants, prostitution, vente d’armes à feu et autres activités prohibées par la loi sont le lot quotidien de cette société parallèle dont l’Etat, à force de laisser faire, a fini par perdre le contrôle; ces territoires devenus des territoires perdus. La montée de la criminalité enregistrée depuis quelques semaines dans différents quartiers de la capitale, principalement Grand-Ravine et Portail de Léogâne où les gangs se sont entre-tués, est le résultat de cette politique de complaisance vis-à-vis des chefs de gangs mise en place depuis ces trente dernières années par différentes Administrations. Une politique que certains n’hésitent pas à qualifier de connivence avec les bandits qui sont très souvent affiliés à un ou plusieurs leaders politiques sans scrupules.

Si le Président René Préval avait accordé une sorte d’amnistie à la plupart des chefs de gangs (Cité Soleil, Bel-Air) en échange qu’ils rentrent dans les rangs, en clair ranger leurs armes ou les déposer auprès d’un organisme créé à cet effet, en vérité les pouvoirs publics n’ont jamais pu résoudre cette problématique. Quant à son successeur Michel Martelly lui, il avait préféré ignorer leur existence, histoire de gagner une « entente précaire » avec ces malfrats dont  on a vu aujourd’hui le résultat néfaste. Le Président Jovenel Moïse ne peut pas se permettre de suivre la politique de ses prédécesseurs qui a conduit à l’installation à Port-au-Prince de ces « No man’s land » dans la plus grande partie de la ville. Mais la problématique de l’insécurité et des gangs dans la capitale ne résulte pas seulement de la pauvreté et de la misère.

La ville de Port-au-Prince plus que toutes les autres villes haïtiennes est en danger.

Elle est un corollaire de l’état physique de la ville donnant l’allure d’une ville ayant subi des bombardements. Dans la première Tribune consacrée à Port-au-Prince, on avait souligné que le visage de la capitale nous rappelle le paysage du film Mad-Max où des guerriers extrêmement violents avaient totalement défiguré la ville. L’absence d’infrastructures et une réorganisation complète de la ville capables de donner une dimension nouvelle à la capitale servent de fertilisant pour nourrir la mise en coupe réglée de Port-au-Prince. Toutes les forces de l’ordre du monde ne pourront rien pour la capitale si les autorités municipales et gouvernementales ne s’entendent pas sur un programme commun de modernisation et d’embellissement de la capitale. En l’état actuel des choses, aucun « petits travaux de la présidence » ne peut changer le visage de Port-au-Prince.

Seul un « Plan Marshall », ce programme économique et financier établi en 1948 par les Etats-Unis et proposé à tous les Etats européens ravagés durant la seconde guerre mondiale qui leur a permis de se reconstruire, peut vraiment sauver la capitale haïtienne d’un effondrement total. Dans l’optique de la « Caravane du changement » c’est possible. Si vraiment il s’agit d’une vraie ambition et d’une volonté de changer la donne en Haïti. En effet, c’est une opportunité de reprendre en main l’une des grandes capitales des Antilles capable de rivaliser avec La Havane ou Santo Domingo qui ont déjà une très longue avance sur ce qui fut la fierté de tout un peuple. Il est encore temps de définir ou de mettre en place ce « Plan Marshall » seul capable de reprendre dans sa globalité ce qu’on appelle une politique de la ville, en clair la reconstruction de Port-au-Prince.

Il ne s’agit point de boucher une bouche d’égout par-ci et de construire une petite place publique par-là pour faire croire à un renouveau de Port-au-Prince. Il faudrait profiter de cette accalmie dans la tension politique pour repenser en profondeur la ville de Port-au-Prince en innovant, inventant la capitale de demain, redessinant  les différents quartiers qui sont aujourd’hui invivables entre autres Carrefour-Feuille, Bolosse, Martissant, Fontamara, Bicentenaire (Sud). Sans oublier évidemment au Nord les quartiers de Portail Saint-Joseph, Fort-National, Poste Marchand, Saint Martin, Avenue Pouplar, Bel-Air et Nazon et bien entendu le centre-ville pour ne citer qu’eux. Ces quartiers réclament tous une politique non seulement de la ville en les dotant d’infrastructures adéquates et des services publics mais aussi on doit revoir de fond en comble l’urbanisme et l’habitat qui sont des éléments essentiels dans la définition d’une ville.

Qui aujourd’hui a une politique pour la capitale ? Quelle autorité ou entité publique a un plan d’ensemble pour sortir Port-au-Prince de ce mal-être qui fait d’elle une ville à fuir ? Tant que la capitale est dans cet état de laideur, d’insalubrité, de construction anarchique, de noirceur donnant l’aspect de « Sodome et Gomorrhe», personne ne prendra au sérieux les croisades effectuées à travers le pays par le Président Jovenel Moïse. La capitale est la clé de la réussite de son programme avec la « Caravane du changement ».  Tant que la première ville du pays ne fait pas partie intégrante de ce programme et de manière concrète, cette « Caravane » sera vue comme un écran de fumée pour cacher l’incapacité du pouvoir PHTK et de Jovenel Moïse en particulier à apporter des solutions durables aux problèmes du pays. Aucun gouvernement, régime politique ou chef d’Etat n’a le droit ni ne peut faire l’impasse sur Port-au-Prince en la faisant passer pour la mal-aimée de la République.

Pour Port-au-Prince, les pouvoirs publics doivent changer leurs fusils d’épaule

Il échouera bêtement. Et pour cause, tant que Port-au-Prince reste et demeure la capitale d’Haïti, toute politique qui tente de l’ignorer est vouée à l’échec. C’est une réalité. Port-au-Prince doit renaitre de ses cendres. Cette ville a tout pour être une vraie porte d’entrée du pays. Il faut un grand dessein et une grande politique de modernisation de cette ville bientôt tricentenaire. Les dirigeants municipaux et nationaux doivent avoir de l’ambition pour cette ville. Mais aussi un peu d’orgueil quand ils voient en face Kingston en Jamaïque et La Havane à Cuba. Surtout juste de l’autre côté de la frontière, l’allure et la fierté de Santo Domingo qui jadis faisait pâle figure devant la capitale haïtienne avec ses grandes avenues, ses grands boulevards, ses monuments et ses Palais majestueux.

Aujourd’hui, les autorités ne peuvent se contenter de construire çà et là quelques immeubles verticaux dans un champ de ruine sans aucun plan d’urbanisme ni d’assainissement. La reconstruction et la modernisation de Port-au-Prince doivent se faire dans un plan d’esthétisme intégral. Continuer à construire des Palais dans l’aire du Champs de Mars de cette façon est un vrai gâchis dans la mesure où nous sommes dans le « momentum » pour une vraie ville ouverte sur le monde, sur la Caraïbe et sur le pays. Mais où sont passés l’orgueil, la fierté et l’esprit de grandeur de nos dirigeants voyant tous les jours comment la capitale dominicaine se développe et se modernise à vitesse grand V ? Le Métro (Subway) de Santo Domingo fait depuis quelque temps la fierté du peuple et des dirigeants dominicains.

Aujourd’hui, cette ville ressemble à n’importe quelle grande métropole américaine ou européenne pour son dynamisme et sa beauté. A l’inverse, comment les dirigeants politiques et les élites d’Haïti d’aujourd’hui ne peuvent voir l’impérieuse et l’urgente nécessité de redonner vie à Port-au-Prince ? A un moment donné, nos dirigeants et nos élites devraient avoir honte d’eux en regardant dans quelle porcherie ils reçoivent leurs hôtes venus justement de la République voisine. Certes, on prend des « chemins parallèles» pour les conduire à leurs luxueux hôtels de Pétion-Ville et depuis peu à Marriott du côté de Turgeau. Mais peut-on continuer à fuir le reste de la capitale parce qu’on sait qu’il n’est pas beau à voir ? Pendant combien de temps va-t-on continuer à fuir la réalité ? Franchement, le Président Jovenel Moïse est personnellement interpellé sur l’avenir de Port-au-Prince en tant que capitale d’Haïti. Il ne peut ne pas se pencher sur le cas de la capitale.

Cela doit être pour le Président de la République une priorité. Certes, il a déjà lancé le processus pour la reconstruction du Palais national que tout le monde ou presque approuve. Mais à Port-au-Prince, il n’y a pas que les bâtiments officiels. Et cela ne sert à rien de construire tous les édifices publics si pour s’y rendre l’on est obligé de traverser que des corridors, des bidonvilles dans un environnement malsain et dangereux. On lance un appel désespéré au chef de l’Etat pour qu’il prenne en compte le caractère historique de cette capitale qui mérite mieux que ce traitement criminel et irresponsable de ses prédécesseurs. Ce serait tout à son honneur de valoriser sa vision d’homme d’Etat s’il pouvait lancer le grand chantier de la reconstruction formelle de Port-au-Prince.

Cette politique que l’ex-Président Michel Martelly n’avait pas voulue entamer faute de grandes ambitions, mais aussi par mépris envers la capitale. Oh bien sûr, il avait commencé la rénovation de quelques places publiques dans l’air métropolitaine. Mais peut-on résumer la modernisation d’une ville à la construction d’une aire de repos dans un environnement glauque et insalubre? D’ailleurs, l’entretien et la rénovation de ce genre d’infrastructures relèvent du Service des Parcs et Jardins municipaux. Cela n’a rien d’honorant de mettre cette initiative sur le compte d’un chef d’Etat.

Pour Port-au-Prince, les pouvoirs publics doivent changer leurs fusils d’épaule afin de voir les choses en grand et définir ce « Plan Marshall » qu’on a évoqué plus haut. Sinon, ce serait « l’effort dans le mal » pour reprendre une pensée du grand intellectuel et homme politique haïtien, Anténor Firmin, qui fut en avance sur son temps, donc un visionnaire. Personne, aucun gouvernement n’a le droit de laisser tomber en ruine cette ville. La reconstruction du Palais national et l’ensemble des bâtiments administratifs et autres Palais de prestige – législatif, justice, Cour de cassation, ministères, etc, – et même des hôtels touristiques de grand standing à l’image de Marriott Port-au-Prince devraient faire partie d’un tout, être construits dans une logique de remettre la capitale au goût du jour.

Le gouvernement, l’UCLBP (Unité de Construction de Logement et de Bâtiments Publics), la présidence de la République et la Mairie de Port-au-Prince n’ont pas le droit de rater une fois encore cette dynamique et cette opportunité de mettre la capitale sur les rails. Ce faisant, les autorités compétentes feraient d’une pierre deux coups. D’un côté, elles sauveront ce patrimoine immatériel qu’est cette ville historique et de l’autre priveraient les gangs et autres associations de malfaiteurs de leur terrain de « jeu ». Puisque avec cette politique de la ville de grande envergure comprenant – architecture, urbanisme, assainissement, infrastructures routières, service public de proximité, l’eau, électricité, écoles, etc – forcément les bandes armées perdraient une partie de leur superbe.

Car, avec l’arrivée de toutes ces commodités, il serait plus facile pour les forces de l’ordre d’exercer leur métier qui est de faire respecter les lois de la République. Une fois encore, c’est un appel au secours, un SOS en faveur de cette capitale qui, si les autorités de tout bord n’y prennent garde, finira  comme la plupart des villes des siècles derniers qui sont aujourd’hui des ruines et des vestiges abandonnés dans la jungle où la nature a repris ses droits en les couvrant d’épaisses forêts végétales. La ville de Port-au-Prince plus que toutes les autres villes haïtiennes est en danger. Victime de la mauvaise gestion des différentes équipes municipales depuis des années,  abandonnée par tous les pouvoirs centraux de ces trois décennies passées qui la considèrent comme perdue, enfin, accaparée par les gangs et les bandes armées multiples qui l’ont divisée en ZAD (Zone à Défendre), la capitale haïtienne est donc tout simplement une ville en sursis. Il faut sauver Port-au-Prince!

C.C.

 

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