César Chávez, leader syndical, défenseur des ouvriers agricoles

(31 mars 1927 - 23 avril 1993)

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César Chávez, leader syndical, défenseur des ouvriers agricoles.

César Chavez est né le 31 mars 1927, à Yuma, dans l’Etat d’Arizona. Il fut un défenseur intraitable des droits civils, des latinos, des ouvrier agricoles; une figure spirituelle; un serviteur communautaire et un entrepreneur social; un croisé pour le changement social non-violent; et un défenseur de l’environnement et du consommateur.

César Chávez commença à travailler  à travailler à l’âge de dix ans, après que son père eut perdu sa ferme lors de la grande dépression. Il dut aller se chercher du travail comme ouvrier agricole en Californie. Sa famille travaillait très dur dans les fermes, mais gagnait très peu d’argent. Tout le monde dans la famille devait travailler, même les enfants.  Parfois les hommes en charge des ouvriers agricoles trichaient et leur volaient de l’argent.

A partir de 1952, il milite dans une grande Organisation des services communautaires, avant d’adhérer en 1962 à l’Association nationale des agriculteurs pour finalement créer le Syndicat des travailleurs agricoles  (Union of Field Workers). C’est en 1968 que Chavez attire l’attention lorsque à deux reprises, au cours des années soixante et soixante-dix, il appelle au boycottage du raisin de Californie à la fois pour obtenir des contrats de travail pour les ouvriers et pour s’opposer à l’utilisation de pesticides qui provoquaient des cancers. De nombreux enfants qui aidaient leurs parents dans les champs en avaient été victimes.

En 1966, à la tête de la Union of Field Workers (UFW) Chávez mêne une grève qui fut marquée par une marche de 500 kilomètres entre Delano et Sacramento. Les travailleurs agricoles en lutte arrachèrent à la Schenly Corporation, l’une des deux plus grandes firmes agricoles californiennes, le droit d’association. En 1968, César Chávez observa vingt-sept jours de grève de la faim «pour dénoncer la souffrance et la douleur des travailleurs agricoles».

En mai 1972, l’Assemblée législative de l’Arizona adopta un projet de loi qui limitait les négociations collectives et interdisait les boycotts et les grèves au moment de la récolte. Après que le gouverneur Jack Williams eut signé le projet de loi, Chavez commença un jeûne qui dura 24 jours. Ses partisans découragèrent le jeûne, arguant : “César, no se puede, no se puede” (César, ça ne peut être   fait). Chavez aurait répondu: “Si, si se puede” Oui, ça peut être fait.  Et il eut gain de cause. Avant sa mort, César Chavez a eu la satisfaction de voir se créer une radio de l’UFW en langue espagnole et de remettre, pour la première fois, des chèques de retraite aux adhérents du syndicat qu’il avait fondé.

En 1988, défendant la cause des ouvriers agricoles, il entama sa troisième et plus longue grève de la faim, qui dura trente-six jours pour renforcer les protestations antérieures contre l’usage des   pesticides. Elle fut couronnée de succès. Chávez fut le plus populaire et le plus respecté des dirigeants ouvriers, symbole de la lutte des Chicanos, pionnier d’un syndicalisme qui a permis de reconnaître les droits des ouvriers agricoles et d’améliorer considérablement leurs conditions de vie et de travail.

Champion de la cause travailleurs agricoles chicanos et des migrants clandestins mexicains ou centraméricains, Chávez avait contribué, par une lutte de tous les instants, à légaliser la situation de quelque 30.000 d’entre eux. Très proche des idées de Martin Luther King, dont il conservait une photo sur son bureau à côté du portrait d’Emiliano Zapata, le révolutionnaire mexicain qui se battit au cri de «Terre et liberté», César Chavez a été l’un des dirigeants syndicaux les plus importants qu’aient jamais connus les Etats-Unis

La signification et l’impact de la vie de César transcende toute cause ou lutte. Il était un dirigeant unique et humble, en plus d’être un grand humaniste et communicateur qui a influencé et inspiré des millions d’Américains à rechercher la justice sociale et les droits civils pour les pauvres et les laissés-pour-compte de notre société. César a forgé une coalition nationale diverse et extraordinaire d’étudiants, de consommateurs de classe moyenne, de syndicalistes, de groupes religieux et de minorités.

Chávez est mort, dans son sommeil, à l’âge de 66 ans. Sa devise “Sí Se Puede!” incarne un  inestimable héritage  laissé comme un guide de lutte aux travailleurs chicanos et à tous les travailleurs du monde agricole. Même, son slogan aura été repris par le candidat Barrack Obama et aura contribué à la victoire de ce dernier aux élections présidentielles américaines de 2008.

Notre mémoire se souviendra longtemps de César Chávez.

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