Gloire à la mémoire de Jean-Jacques Dessalines !

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Le mouvement de contestation ou de révolte des masses populaires haïtiennes, tel qu’il s’est initié et se poursuit actuellement, aspire, dans sa persévérance, à une stabilité concrète d’un pays qui a connu le génocide, l’esclavagisme, le colonialisme, et qui subit actuellement le néocolonialisme compte tenu du caractère insouciant, méprisant, antinational de la classe dirigeante.

Peuple dominé, exploité, martyrisé, exproprié, dépouillé de ses richesses, de sa mémoire collective, le mouvement actuel s’inscrit dans une tradition de lutte de libération nationale, après plus de 216 ans. Une lutte, justement, pour honorer la mémoire d’un révolutionnaire sans égal, la mémoire d’un martyr de la cause des masses haïtiennes, éprises de liberté, d’égalité et de prospérité.

En ce 17 octobre 2022, la commémoration de l’assassinat du fondateur de la Nation haïtienne, Jean-Jacques Dessalines, nous ramène au souvenir d’un des jours les plus sombres de notre histoire, en même temps qu’elle nous impose une halte de réflexion et de méditation sur les péripéties de notre présent et les mésaventures de notre destin de peuple libre et indépendant.

Il y a 216 ans, en effet, le Père fondateur de la Patrie était sacrifié par des mains impies sur l’autel de sa passion pour la liberté et l’égalité, et pour cette indépendance acquise sur les champs de bataille, au prix d’un héroïsme sans pareil dans toute l’Histoire universelle. La flamme de justice sociale qu’il voulait promener et implanter sur les vestiges des structures et des préjugés de l’époque coloniale s’est éteinte au Pont Rouge, dans l’ignominie d’un parricide que nous n’avons peut-être pas fini d’expier.

Ce que nous vivons aujourd’hui est la résultante du premier coup d’Etat des forces obscures qui nous avait contraints à ne même pas oser citer le nom de Dessalines pendant plus de 40 ans.

Cet esprit d’abnégation et de dépassement qui a animé ce grand visionnaire l’élève au plus haut sommet de l’héroïsme, de la célébrité, de la bravoure, dans la galerie immortelle des bâtisseurs de nations et de civilisations. Il offre à nos générations présentes et futures l’exemple et la leçon d’un combat à mener au quotidien contre l’ennemi, dans une conviction qui puise ses racines et sa foi dans le creuset de l’union qui fait la force et qui rend les peuples invincibles. Jean-Jacques Dessalines a démontré par le respect des principes inaltérables que tout est possible, qu’on peut renverser tout obstacle, menace, soubresaut dans notre détermination à construire un idéal, un rêve collectif.

Dix-sept octobre 1806 est une date coupure pour établir de nouveaux rapports de production au profit des classes possédantes et au détriment des masses ouvrières.  Cette brutale rupture de l’alliance qui avait permis la conquête de l’indépendance est un coup décisif, irréversible porté contre un projet de transformation socialiste de la société pour appliquer une politique suivie jusque de nos jours et qui imprégnera à l’économie nationale son caractère scandaleusement dépendant et rétrograde.

Ce que nous vivons aujourd’hui est la résultante du premier coup d’Etat des forces obscures qui nous avait contraints par la propagande du mensonge et des menaces à ne même pas oser citer le nom de Dessalines pendant plus de 40 ans dans le pays. L’exclusion du peuple sur la scène politique, cette misère atroce, chronique est à l’antipode de ce que voulait le Libérateur pour les masses populaires. Le gaspillage et le pillage des ressources ont toujours été le point fort de ses détracteurs d’hier et d’aujourd’hui.

En fait, c’est l’objectif de l’assassinat qui continue sa course à travers les dirigeants actuels, ces fossoyeurs qui viennent une énième fois assassiner symboliquement le Père de la Nation en invitant des forces militaires étrangères, de nouveaux envahisseurs et conquérants sous le prétexte humanitaire à souiller le sol national.

Jean-Jacques Dessalines nous a légué un pays où se battre pour la vie est un droit sacré à quiconque voudrait convertir ses idéaux en action. Il a ouvert la brèche pour que l’impossible cesse d’être et que le peuple se soulève contre ses oppresseurs de sorte que la grande offensive ennemie de l’impérialisme étasunien n’écrase plus les damnés haïtiens car ils ont droit également à la terre, à la nourriture, à l’éducation, à la santé, aux richesses produites. Bref, à une existence humaine et digne.

216 ans après son assassinat, la domination hégémonique des forces réactionnaires tient fermement son genou sur le cou d’Haïti afin de l’immobiliser à jamais. Les couches dirigeantes  inféodées à l’impérialisme américain préfèrent cette voie de la honte. Celle de la complicité avec le capitalisme destructeur pour une exploitation plus efficace des masses ouvrières.

216 ans après, le peuple haïtien cherche toujours la stabilité. Sa route parsemée d’embûches dominées par les puissances impérialistes négociant avec leurs alliées -classe politique traditionnelle et élite économique – un consensus de continuation pour permettre à un représentant de cette classe d’accéder à la présidence de cet Etat pourri et corrompu. Aucune vraie perspective d’emplois, de projets sociaux, économiques et autres pouvant canaliser le pays vers l’avant n’a jamais été abordé. Sauf la tâche de conduire les opérations nécessaires en vue de liquider le mouvement populaire en cours.

Que le sang généreux de Jean-Jacques Dessalines, de François Cappoix dit La mort, de Thomas Sankara, de Maurice Bishop, de Samora Machel, de Che Guevara et de tous les autres combattants sacrifiés, assassinés pour leur idéal au mois d’octobre, irrigue toutes les luttes des peuples pour barrer la route à l’impérialisme, pour que vive la Révolution. Car, c’est à travers elle, seulement, que se créera un monde nouveau, une mentalité nouvelle, une vie nouvelle.

Seule la voie révolutionnaire nous permettra de mettre en déroute la classe des nantis ennemie des masses exploitées, de balayer les dirigeants fatras de sorte que nous fassions place à des valeurs plus humaines et plus universelles au service du pays et que chacun apporte sa pierre à l’édification de la nouvelle maison nationale.

Gloire à la mémoire de l’immortel révolutionnaire, Jean-Jacques Dessalines, Le Grand ! Catalyseur vers le changement radical de toutes les aspirations du peuple haïtien.

Gloire à toi, ô Empereur Dessalines, Libérateur des peuples !

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