Fermeture du Centre ambulancier national : Manif des employés !

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Qu’est-ce que cela veut dire : un pays sans service d’ambulance ? C’est dire qu’en cas d’accident, d’incendie ou d’autres catastrophes, la population restera sans secours, sans aucun recours de l’Etat.

Le lundi 10 Juillet à la grande surprise générale, la ministre de la Santé publique et de la Population,  Dr Marie Gréta Roy Clément, a annoncé dans une conférence de presse dans les locaux de son ministère que le Centre Ambulancier National  (CAN) du pays est fermé jusqu’à nouvel ordre pour restructuration. Qu’est-ce que cela veut dire : un pays sans service d’ambulance ?  C’est dire qu’en cas d’accident, d’incendie ou d’autres catastrophes, la population restera sans secours, sans aucun recours de l’Etat haïtien.

Au centre la ministre de la Santé publique et de la Population, Dr Marie Gréta Roy Clément

N’est-ce pas le signe flagrant que l’Etat haïtien n’a aucune considération pour la population haïtienne quand les raisons pour lesquelles ce ministre a pris cette décision éhontée est du fait que les employés et contractuels de cette boite de l’Administration de l’Etat se mobilisent pour exiger non seulement le paiement des arriérés de salaire et de meilleures conditions de travail, mais également  leur lettre de nomination, un dortoir et de meilleures conditions de travail ? Pour justifier sa décision la ministre a indiqué que c’est une évaluation  de cette institution qui a mis en évidence son dysfonctionnement en termes de moyens logistiques. « Aujourd’hui, il n’y a que trois véhicules qui sont opérationnels. Huit sont au garage et sept sont installés dans la cour du CAN ; alors que quand le CAN n’a été inauguré qu’en 2012, et qu’ il ne possédait  que 30 véhicules ».

Elle signale également « qu’au centre de Port-au-Prince 443 personnes y travaillent, dont 80 chauffeurs pour seulement trois ambulances en fonction, 84 secouristes, 47 réceptionnistes, 92 infirmières… ».

Les employés de la CAN en uniformes de travail ont manifesté pacifiquement le lundi 10 juillet dans certaines rues de la capitale

Par ailleurs la ministre souligne « qu’une cellule d’urgence sera mise en place pour assurer un minimum de services ; tout comme la population sera informée de son mode de fonctionnement  et les institutions telles la secrétairerie d’État à la Sécurité publique et la Croix-Rouge haïtienne assureront la relève en attendant la remise en fonctionnement du CAN »

Suite à ce coup de force, les employés de la CAN en uniformes de travail ont manifesté pacifiquement le lundi 10 juillet dans certaines rues de la capitale pour se rendre jusque devant le Parlement  afin de dénoncer la ministre et les conditions de travail dans cette boite. « Cela fait plusieurs années qu’on demande un dortoir. On n’a pas d’endroit où se changer. Depuis cinq ans, il y a parmi nous qui travaillent au CAN. Ils ne sont liés que par contrat, une situation d’incertitude au début de chaque année fiscale.  Et jusqu’à cette date, personne n’est régulièrement nommé» Les employés de la CAN dénoncent également  un plan des autorités qui viserait à les renvoyer définitivement  et affirment n’avoir pas reçu leur salaire depuis plus de 6 mois.

Des parlementaires en l’occurrence 3 députés de Fanmi Lavalas entre autres, le député Printemps Bélizaire,  le président de la Commission Santé de la chambre basse le député de Port-salut Sinal Bertrand ont rendu une visite de solidarité aux employés.

Selon Eddy Jean-Baptiste, chef de cabinet de la ministre, les secouristes continueront de recevoir  leurs salaires jusqu’à la fin de leur contrat en septembre prochain.  De quels salaires parle t-il quand les ouvriers ont 6 à 7 mois d’arriérés de salaires pour ajouter ensuite que  « la restructuration se ferait sur la base d’ancienneté, de compétence, de volume de services que doit offrir l’institution ». En somme, c’est une sorte de révocation en douceur qu’il aannoncée.

Par ailleurs, la grève des huissiers et des greffiers au niveau de l’appareil judiciaire continue depuis le 3 juillet dernier à paralyser le service au Palais de justice.  Les travailleurs de la justice continuent selon le président du syndicat des greffiers Yves André Joseph de réclamer de meilleures conditions de travail, formations, cartes de débit, d’assurance,  et le paiement de plusieurs années d’arriérés de salaires, soit 5 à 6 années.

 

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