D’une caravane à l’autre : le Premier Mai ne doit pas être souillé !

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Qui de nous a déjà oublié les retombées désastreuses et catastrophiques de  la « caravane d’espoir » que prônait la bourgeoisie patripoche, parasite et antipopulaire pour déstabiliser le pays au cours des années 2003-2004 dans la Capitale avec ses alliés mercenaires, véritable ramassis de gens sans scrupules, et des tristement célèbres escadrons de la mort que conduisaient Guy Philippe et Louis Jodel Chamblain, venant de la République voisine pour semer la panique au sein de la population du Nord ?

Le pays a été victime de cette clique de fantoches puisque leur action en connivence avec les forces impérialistes avait complètement réussi à boycotter la commémoration du Bicentenaire de notre Indépendance en 2004, introduisant par là ou bien facilitant l’invasion du pays par les militaires internationaux  de la Minustah pour nous occuper.

Ce n’est pas sans raison qu’à aucun moment, cette classe d’hommes et de femmes ainsi que leurs satellites de partis politiques n’ont jamais protesté contre la Minustah malgré les violations flagrantes de droits humains de cette dernière, ses agressions barbares contre les habitants de Cité Soleil et sans oublier le crime de Choléra qui engendra des milliers de morts innocents, preuve tangible de l’arrogance meurtrière de la politique occidentale ; vu que ces exactions sont restées encore impunies.

Ces conflits n’ont pas été le feu du hasard, puisqu’ils font partie de la grande guerre contre le peuple haïtien. Voilà que les tenants du pouvoir imposés depuis 2011 pour aider en quelque sorte l’impérialisme à continuer à opprimer et exploiter les classes défavorisées et ce sont encore eux par le truchement de leur président Jovenel Moise qui vient d’appeler à un autre trompe d’œil de « caravane du changement » promue à être lancée le Premier mai prochain, juste pour blaser et détourner l’attention de cette journée historique de la résistance des travailleurs du monde.

Voilà donc une raison de plus pour les opprimés et les exploités en état de révolte intérieure  qui ne marcheront point dans la logique et les consensus de complot particulièrement ceux-là qui ont largement perdu leur confiance dans la classe politique opportuniste, électoraliste, de ne pas rester les bras croisés devant l’exercice abusif des ennemis du peuple qui dans un passé récent ont été nos oppresseurs et pensent pouvoir nous faire croire aujourd’hui qu’ils sont à présent nos bienfaiteurs. Notre révolte doit être extériorisée !  Le mot d’ordre de caravane du changement doit être dénoncé  dans une perspective politique de résistance, de fermeté et de lutte pour éviter que le peuple en général ne verse dans la démagogie pure et simple. Cette démonstration de caravane ne sera qu’un catalyseur pour aveugler davantage, jeter de la poudre aux yeux des naïfs toujours prêts à applaudir et accepter n’importe quoi. Ce n’est qu’une diversion et une autre tentative pour nous forcer à légitimer la famine qui fait déjà rage.

Alors que des milliers d’innocents haïtiens dans l’indifférence générale gémissent dans les départements du Sud et de la Grande Anse ; dans les autres villes, la situation  n’est guère meilleure et les problèmes aussi ardus qu’ils soient ne sont en voie d’aucune solution ; on n’assiste qu’à des manœuvres dilatoires. Le comble vient d’être atteint quand le régime renforce son appareil de répression à travers l’Armée et la police ; pourtant il déclare que  le Sud devra attendre la fin de l’année 2017 pour que la caravane la visite !  Quelle insouciance dans sa plus extrême expression de la part de la bande à Jovenel ? C’est la politique du pire de façon à tourner le peuple en dérision, à l’humilier pour finalement l’abandonner  à son sort.

Cent millions de gourdes pour la sécurité de la caravane, sans oublier le bonus pascal fait de un million de gourdes à chaque sénateur et quatre cent mille gourdes à chaque député. Véritable aubaine pour des dépenses somptueuses ! Et pourtant, combien pour le peuple ? Rien ! Alors que nombre d’employés ne sont pas payés comme dans l’enseignement et la santé publique pour ne citer que ceux-là. Des malades préfèrent mourir à la maison tant les hôpitaux publics sont démunis, sans lits et sans médicaments !

Le Premier Mai, les syndicats conséquents appelés à changer ce système pourri et corrompu sans aucune collaboration avec les patrons pour des réformes insignifiantes,  flanqués des travailleurs, des ouvriers, chômeurs et étudiants, doivent dénoncer l’utilisation de ce jour par le gouvernement pour masquer la continuation catastrophique de la politique capitaliste de dépendance et de maintien des intolérables injustices socio-économiques existantes dans le pays. Il nous faut donc leur dire la vérité : qu’il y a d’autres issues à la crise du pays ; d’autres conceptions possibles de changements fondamentaux que seul le ralliement des forces populaires organisées, structurées peuvent corriger et mêmes capables d’apporter la vraie et durable alternative.

La résistance haïtienne ne doit pas capituler face à cette ambiance d’attentisme dans laquelle le régime en place entend enfermer les masses haïtiennes pour les empêcher de revendiquer leurs droits à la vie, pour ne plus être capables de réclamer du pain et un abri décent auxquels tout être humain a droit. La lutte doit être poursuivie de sorte qu’elle s’amplifie plus forte, plus déterminée et plus radicale pour épargner le peuple et le pays des plus pénibles épreuves.

Que le peuple haïtien se mette debout le Premier mai, jour des travailleurs pour dire Non à la caravane de la honte ! Vive la lutte internationale des travailleurs et le combat des peuples !

 

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