Deux siècles de guerre contre Haïti!

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N’est-il pas opportun au moment où le monde se préoccupe de la guerre qui se déroule entre la Russie et l’Ukraine de rappeler qu’il y en a une autre aussi désastreuse qui n’a jamais fait l’actualité dans l’opinion internationale, celle entre l’agresseur, les Etats-Unis (1776) et la victime, Haïti (1804), les deux premiers États libres et souverains des Amériques ?

Haïti est dès sa naissance rangée sur la liste noire des pays à étouffer diplomatiquement. Pourtant, le premier rêve des révolutionnaires fondateurs de la Nation haïtienne fut non seulement de le placer à une place digne de son rang au concert des nations indépendantes, mais aussi dans les annales de l’histoire de l’Humanité.

La révolution haïtienne antiesclavagiste et anticoloniale a eu fort à faire pour se faire accepter. Le modèle même de son existence en tant que nouvel Etat libre était inacceptable et très mal vue par certaines puissances coloniales de l’époque. De fait, il n’a trouvé aucun accueil de solidarité du seul fait d’avoir proclamé son indépendance et acquis sa liberté les armes à la main.

La politique internationale américaine en accord avec l’ancienne métropole (France) n’a eu justement que des effets néfastes sur le destin de la première République noire des Antilles. L’expérience haïtienne était conditionnée, jugée trop dangereuse et indésirable. Il fallait donc isoler Haïti, sinon l’abattre pour l’empêcher de propager le virus de libération nationale à d’autres peuples.

La doctrine de Monroe en 1823 « l’Amérique aux Américains » dans une conception de politique coloniale et impérialiste a tout bonnement servi à installer carrément une hostilité grandissante contre la nation haïtienne, et qui s’est transformée en une quasi-colonisation.

La révolution haïtienne antiesclavagiste et anticoloniale a eu fort à faire pour se faire accepter.

Haïti ne pouvait compter sur personne, aucun État, même l’un de ses alliés en Amérique latine, en l’occurrence Simon Bolivar qui bénéficia de la solidarité et de la générosité haïtiennes. Au Congrès de Panama, en 1826, sous pression des Etats-Unis, Bolivar a été forcé d’écarter Haïti de cet évènement puisque les Etats-Unis voulaient à tout prix isoler ce peuple épris de liberté et de justice sociale. Depuis, le devenir d’Haïti est lié à des mesures drastiques de rétorsion.

L’objectif fondamental était de précipiter sa décadence complète, la déstabiliser sans aucune mesure, la paralyser totalement par tous les moyens possibles et imaginables de sorte qu’elle ne retrouve jamais son équilibre. Les principes de liberté, égalité et par-dessus le marché l’abolition de l’esclavage ont condamné Haïti à être un Etat à ignorer, à mépriser, à affaiblir jusqu’à sa plus simple expression, jusqu’à devenir un Etat paria. C’est à cette guerre criminelle et de plus en plus meurtrière que le peuple haïtien fait face quotidiennement et depuis toujours, cela jusqu’à présent.

A la différence de la guerre médiatisée entre la Russie et l’Ukraine, celle de Washington et de ses alliés occidentaux contre Port-au-Prince n’a jamais été télévisée. Une guerre permanente qui se fait avec une subtilité classique que personne ne peut en découvrir les dégâts qui ne font que s’aggraver davantage.

Deux siècles d’ingérences, de domination recourant aux pires moyens les plus rétrogrades et réactionnaires, pour nous empêcher de construire toute forme de résistance.

Rien de ce que le peuple haïtien a entrepris pour sa survie qu’il soit politique, économique et social n’a été épargné. Tout est saboté dans une perspective de destruction totale par les Etats-Unis. Dans l’espoir de tromper l’opinion internationale, ils se déclarent être un des « pays amis d’Haïti ». Ah oui ! Avec de tels amis, on n’a pas besoin d’autres ennemis.

La domination impériale sauvage des Etats-Unis en Haïti n’a rien de différent avec une pluie de bombes détruisant le sol national. Il s’agit d’anéantir tous les potentiels économiques, industriels et humains de développement du premier pays nègre indépendant du Nouveau monde.

Cette guerre qui ne dit pas son nom a bien souvent pris de multiples formes soit par un coup d’État sanglant, soit par une occupation militaire occasionnant bien souvent des centaines de milliers de morts sans tenir compte des déplacés, des blessés et victimes de toutes sortes.

Deux siècles de guerre sans trêve qui continuent encore. L’impérialisme américain a toujours montré ce que signifie pour lui les droits des peuples à l’autodétermination, Haïti en est l’exemple le plus concret, victime d’un bombardement silencieux, d’une destruction latente, programmée de l’empire américain. C’est sous l’effet de cette arme de destruction qu’on peut sans exagérer comparer à un séisme, que toutes les institutions et administrations du pays ont été liquidées et détruites. L’agriculture a été réduite à une peau de chagrin, les industries locales sont inexistantes ou ont disparu sous des bombes silencieuses qui, justement, ont poussé des milliers de travailleurs haïtiens à abandonner le territoire national pour émigrer ou se réfugier vers d’autres cieux.

Quand les Etats-Unis versant des larmes de crocodile sur le sort de l’Ukraine, une façon de diaboliser la Russie, qui pensent-ils tromper ?  Ils sont les seuls responsables de cette guerre pour avoir utilisé, sacrifié sur l’Autel de l’OTAN, le peuple ukrainien comme bouc émissaire afin de garantir les profits des capitalistes.

Le peuple haïtien dit NON à la guerre, également NON à la destruction totale de son pays pendant plus de deux siècles par le consortium occidental de pillages, de vols et de viols de la souveraineté nationale. La seule solution à ce brigandage international de braconnier est le renversement définitif du capitalisme qui continue d’assujettir et de tuer les peuples opprimés.

Deux siècles de guerre contre Haïti, mon cul, c’est trop !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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