Deux ouvriers assassinés à la Codevi !

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Des responsables syndicaux fustigent le comportement des forces de l’ordre de la Compagnie de développement industriel (Codevi) et attribuent aux patrons de cette entreprise de sous-traitance la responsabilité des 3 meurtres.

Le jeudi 15 juin 2023, au parc industriel de la Compagnie de développement industriel (Codevi) situé sur la frontière commune entre la République d’Haïti et la République Dominicaine précisément à Ouanaminthe (département du Nord-Est) et Dajabón (République Dominicaine), suite à une altercation entre ouvriers travaillant à l’usine M2 et des agents de securité et la Police frontalière (Polifront) de la Brigade d’intervention, il en est résulté la mort sur le champ, d’un jeune garçon de 14 ans,  de deux ouvriers Gerby Millien de Masava et Datilus Winer de M2, ainsi que plusieurs personnes blessées.

Le déballage de cet incident à la Codevi est du fait que des ouvriers et ouvrières étaient en train de protester contre des agents de sécurité du parc qui empêchaient une de leurs collègues ouvrières l’accès d’entrée au parc sous prétexte de sa tenue vestimentaire, que les agents avaient jugé inappropriée.

Les deux ouvriers victimes des agents de sécurité et de Polifront au service de la Compagnie de développement industriel (Codevi)

Selon ce que nous a rapporté le syndicaliste Télémaque Pierre, « L’un des agents de sécurité de la Codevi avait osé agresser physiquement l’ouvrière en question. Et cela a soulevé la colère de ses camarades de l’usine M2  qui a réagi par la suite»

Mobilisation des travailleurs au parc industriel Codevi

Comme les agents de sécurité ont été entourés par la solidarité et mobilisation des travailleurs, la peur s’est emparée d’eux jusqu’à ce qu’ils se soient sentis menacés ; alors, ces agents de sécurité ont fait appel aux agents de Polifront et à ceux de la Brigade d’intervention, cantonnés dans un sous-commissariat de police, situé dans les périmètres du parc pour venir à leur secours face aux travailleurs.

La Centrale Autonome des Travailleurs Haïtiens (CATH) exige justice et réparations pour les familles des deux ouvriers décédés et ceux victimes de blessures graves par balles. Le syndicaliste Fignolé Saint-Cyr de la CATH critique les responsables de Codevi qui sont toujours prêts à appeler soit la police et des soldats dominicains contre les ouvriers.

Le syndicaliste Fignolé Saint-Cyr de la CATH

Les ouvriers qui ont été assassinés sur leur lieu de travail le 15 juin. « Nous espérons que la Communauté internationale et le gouvernement haïtien particulièrement par la filière du Ministère des Affaires Sociales exigeront de Codevi une réparation substantielle pour ces travailleurs » a fait savoir Saint-Cyr. « Il faut que les familles de ces travailleurs bénéficient de réparations et une enquête est également indispensable pour fixer les responsabilités. Les travailleurs n’ont d’autre recours que leurs forces de travail, et toute l’économie de la zone franche Codevi est assise sur le dos des travailleurs. Au lieu que les travailleurs reçoivent le bénéfice de leur travail, ils ne reçoivent que la mort. Quand on ne les assassine pas avec des balles, ils meurent sur le lieu de travail avec leur salaire de misère. C’est une forme de répression, d’oppression contre les travailleurs dans tous les parcs industriels »

Le syndicaliste Télémaque Pierre

Même réaction de la part de la Plateforme syndicale usine textile-Batay ouvriye (Plasit-Bo). « C’est un acte criminel, que nous dénonçons avec la plus grande énergie », condamne Télémaque Pierre, porte-parole de la Plasit-Bo. Et le syndicaliste indique « être en pourparlers avec des cabinets d’avocats, avant d’intenter une action en justice contre la Compagnie de développement industriel et la Police nationale d’Haïti. »

Plusieurs bâtiments de la CODEVI et voitures ont été  incendiés, la destruction d’un véhicule de la compagnie, et le pillage d’une station-service (appartenant à la CODEVI) ainsi que d’un sous-commissariat se trouvant sur le périmètre. Ainsi la direction de l’entreprise a décidé de suspendre temporairement ses opérations.

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