Délégation Clinton/Moreno: Des illusions pour contenir le peuple !

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Le président de la BID (Banque Américaine de Développement), Luis Alberto Moreno est arrivé en Haïti le 1er octobre 2009 dans l’indifférence de la population majoritaire.

Une délégation d’hommes d’affaires venue des Etats-Unis, du Canada, de l’Amérique Latine et des Caraïbes, conduite par l’ex-président des Etats-Unis, William J. Clinton et le président de la BID (Banque Américaine de Développement), Luis Alberto Moreno est arrivée en Haïti le 1er octobre 2009 dans l’indifférence de la population majoritaire. Ladite délégation a inauguré le même jour, à l’hôtel Caribe Convention Center, un forum de deux jours pour investiguer, selon les informations fournies par le gouvernement haïtien et des sources proches de Monsieur Clinton, des possibilités d’investissement en Haïti. Le premier ministre haïtien, madame Pierre-Louis, qui a ouvert les travaux, a déclaré que la coopération avec Haïti doit sortir de l’assistanat pour engager le pays dans la voie de l’investissement productif. Elle a aussi souligné les efforts réalisés par son gouvernement dans la création d’un climat favorable aux investissements productifs. Selon le chef du gouvernement haïtien, Haïti offre des avantages comparables et des opportunités d’investissements. « Nous allons ici parler d’industries, d’entreprises, de pôles de développement, de création d’emplois, mais plus encore d’emplois dignes et des conditions de vies décentes. Il faut que nous soyons créatifs et innovants comme nous pouvons l’être dans d’autres domaines ». Le premier ministre haïtien ne pourrait être aussi loquace en charriant toutes ces illusions pour mystifier la conscience d’un peuple rongé par le chômage, l’insécurité, la misère et le découragement. Il fallait semer l’espoir, même si en réalité ce à quoi on veut aboutir, c’est l’acceptation passive d’une situation dans laquelle, les riches deviendront toujours plus riches et les pauvres plus pauvres.

Ladite délégation Clinton/Moreno a inauguré le même jour, à l’hôtel Caribe Convention Center, un forum de deux jours pour investiguer, selon les informations fournies par le gouvernement haïtien et des sources proches de Monsieur Clinton, des possibilités d’investissement en Haïti.
Ladite délégation Clinton/Moreno a inauguré le même jour, à l’hôtel Caribe Convention Center, un forum de deux jours pour investiguer, selon les informations fournies par le gouvernement haïtien et des sources proches de Monsieur Clinton, des possibilités d’investissement en Haïti.

Le drame est que la semaine dernière encore, le président des Etats-Unis, Barack Obama, s’est lamenté sur la croissance du chômage aux Etats-Unis. La charité bien ordonnée commençant par soi-même, ces généreux investisseurs seraient plus heureux d’investir dans les grands centres capitalistes. Bien entendu, les capitalistes en investissant, surtout dans les pays du Tiers-Monde comme Haïti, ne recherchent que la maximisation des profits, c’est-à-dire l’aggravation des conditions de vie prolétarienne. Prenant la parole à son tour, le proconsul Clinton, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, s’est félicité de cette initiative dont il est l’heureux initiateur. « Le Premier ministre d’Haïti, Michèle Duvivier Pierre-Louis et le président de la république, René Préval, m’avaient demandé d’organiser cette réunion. Nous y voilà. Il y a quelques années, je n’aurais pu imaginer voir un tel événement se dérouler à Port-au-Prince, non seulement qui réunisse tant de gens, mais qui regroupe tant d’opportunités, pas uniquement pour les investisseurs de venir faire du profit et d’exporter des produits sur d’autres marchés, mais aussi pour les Haïtiens ». Il en a été toujours ainsi, les colonisateurs recherchent toujours des profits coloniaux en exploitant de manière sévère la main d’oeuvre locale. A l’époque du colonio-esclavagisme, il s’agissait de partir à la conquête de la main d’oeuvre servile dans l’immense Afrique, aujourd’hui, à l’époque de la mise sous tutelle d’Haïti, ce sont les exploiteurs qui viennent tirer partie d’une main d’oeuvre isolée, abandonnée, livrée en pâture à la meute des capitalistes toujours en quête de puissance, de monopole et de profit. Voilà, le proconsul reprenant la litanie qui consiste à dire que Haïti est un pays démocratique. Malgré tout, il s’est déclaré insatisfait compte tenu des criantes inégalités. Cependant, lui, Clinton a apporté le remède à ce mal : les investissements. « Les Haïtiens grandiront ensemble. Les riches seront plus riches, mais de plus en plus grande sera la classe moyenne qui va croître rapidement ».

Voilà le projet, enrichir les riches et élargir une certaine classe moyenne. Le drame est que ce sont des étrangers, des capitalistes, qui décident du projet de société que Haïti doit construire. Clinton reconnaît donc que le capitalisme est un système qui n’engendre que l’inégalité, donc l’injustice parmi les hommes. Un tel système impropre à transformer la vie doit être immédiatement remplacé par un autre plus humain, plus digne.

Malheureusement, pour Luis Alberto Moreno, c’est la même rengaine, Haïti doit s’ouvrir aux investisseurs étrangers. Au lieu de dire que de façon décisive c’est Haïti, la force des travailleurs qui aide les capitalistes à accumuler du profit, le président de la BID inversant la perspective invite les investisseurs à aider Haïti. Personne n’a vu dans l’histoire de l’humanité, des colons aider des colonisés, sauf le président de la BID.

Puis, vint le président Préval, à la clôture du forum qui, solennellement a déclaré : « Haïti ouvre ses portes au monde des affaires ». Et le chef de l’Etat s’est lancé dans la défense et illustration du gouvernement Préval/Pierre-Louis qui a formidablement oeuvré dans l’amélioration de la « gouvernance économique et du climat des affaires ».

« Des pas importants ont été accomplis qui justifi ent notre optimiste :  1- une meilleure gestion des finances, 2- une plus grande responsabilité par le biais d’un contrôle des finances publiques en amont et en aval, 3- des procédures de contrôle renforcées de passation de marchés, 4- une législation plus sévère contre la corruption, 5- la discipline fiscale ».

La grande question à laquelle Préval devrait répondre est la suivante. De quelle société s’agit-il ici ? Est-ce cette société fictive, théorique, la société globale haïtienne, y compris l’immense majorité des 85% marginalisés ?  Comment, publiquement, un chef de l’Etat, le chef de l’Etat d’Haïti, a osé parler ainsi, alors que l’écrasante majorité du pays vit dans la misère absolue ?

Dans son délire de se voir entouré de tant de Blancs, dans une atmosphère si propice au romantisme et au penchant lascif, notre chef de l’Etat s’est lancé dans un panégyrique de l’irréel et de la MINUSTAH « Tout cela a été rendu possible grâce au dialogue engagé avec les organisations politiques et la société civile, le renforcement de la Police nationale avec l’assistance de la MINUSTAH qui ont permis l’établissement d’un environnement de paix, de sécurité. Le résultat est une situation socio-politique qui s’est fortement améliorée et stabilisée ».

Parole de politicien, puisqu’il faut toujours mentir pour maintenir le statu quo, tout en faisant accroire que tous, nous sommes concernés par ce projet impérialiste de la nouvelle division internationale du travail, facilitant l’accès à nos ressources naturelles et à notre force de travail. Le gouvernement Préval/Pierre-Louis engendre l’exclusion sociale comme la nuée porte l’orage.

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