De nouvelles formulations pour régénérer le statu quo

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Les acteurs de la classe politique se repositionnent en de nouvelles entités pour le contrôle de l’appareil de l’Etat.  Une chose est évidente : ce repositionnement n’a, en aucune façon, mis en question la domination impérialiste du pays ; simplement deux camps distincts mais non antagoniques se précisent pour se mettre toutefois face aux masses populaires.

Ils s’allaitent tous deux à la même mamelle impériale et les derniers événements  semblent indiquer, en effet, qu’on s’achemine vers un accord entre le gouvernement dirigé par Ariel Henry avec une branche de l’ancienne opposition représentée par les courants du Secteur démocratique populaire et le Protocole d’Entente Nationale à l’encontre du projet d’accord du 30 août à l’hôtel Montana de la commission de la société civile pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise (CRSHC).

Sur cette toile de fond, l’on peut constater que toutes les propositions ont un même contenu de classe visant à poursuivre le projet capitaliste contre le peuple haïtien pour continuer à le plonger dans une perte de son individualité, dans la misère et la honte. Voilà pourquoi les puissances impérialistes ne s’inquiètent pas, elles sont prêtes pour autant à reconnaitre n’importe quelle solution pourvu que celle-ci reste dans les limites pro-occidentales assorties d’une démagogie populiste.

Nous sommes en face d’une manœuvre à dessein caché et inavoué tendant à permettre à la réaction corruptrice de continuer son cours. La pilule amère que les masses populaires avaient évité d’avaler grâce à la mobilisation populaire pourrait maintenant leur être administrée, cette fois beaucoup plus amère et offensante par ceux-là même qui hier encore les appelait à la résistance contre le régime du PHTK.

Les masses populaires doivent comprendre que si sans aucun doute l’appareil d’État a changé de visage, par contre il n’a pas changé d’idéologie, d’orientation de classe, de pratique rétrograde de la chose publique, car restant les fidèles alliés et serviteurs à genoux de l’impérialisme dont les objectifs ne changeront jamais. De façon significative, les griffes de l’empire sont déjà bel et bien incrustées dans notre chair ; et ce ne seront pas les œuvres et manœuvres d’une classe politique parasite, sournoise, soumise et servile qui vont les en enlever ou les empêcher de continuer à nous faire saigner.

Au contraire, cette classe politicienne pleutre est en train de nous montrer qu’elle n’a aucune motivation de rompre avec le passé où l’arbitraire, la corruption, et l’injustice sociale sont érigés en système de gouvernement pour faciliter l’exploitation éhontée, le pillage organisé. Elle restera attachée à la politique rétrograde et machiavélique qui a conduit aujourd’hui notre pays à la banqueroute totale dans tous les domaines de la vie politique, économique et sociale.  Une politique qui bloque les énergies de notre peuple dans le seul dessein de servir à jamais l’impérialisme international.

La mémoire des dirigeants des partis politiques, aussi bien de la droite que de la fausse gauche, inféodée à l’impérialisme, est courte au point où la meute politicienne traditionnelle cherche une fois de plus à réaliser les mêmes machinations combien vaines et ridicules de façon à continuer à patauger de façon délibérée dans la boue du quotidien, préconisant ainsi de maintenir le pays dans le statu quo social.

Incroyable mais vrai, mais en vérité la réalité est que l’État haïtien est une vache à lait qui, au lieu de profiter à la nation, reste la propriété privée inclusive d’un petit groupe très restreint de bambocheurs convertis en dirigeants de partis politiques vivant dans l’opulence et dans l’opacité de leurs pratiques criminelles. « Ces accords ne vont pas favoriser le changement des conditions de vie du peuple haïtien mais visent à créer de nouveaux riches », a pour sa part fait savoir Moise Jean-Charles de Pitit Desalin qui n’a participé à aucune des négociations d’accords.

A ce stade, le peuple haïtien, face à l’avenir dont il rêve, doit compter sur ses propres forces et sur l’initiative créatrice des larges masses défavorisées contre les classes bourgeoises de la droite, de l’extrême droite et des pseudo-gauches dans leur juste lutte pour recouvrer leurs droits légitimes et nationaux, pour imposer la rupture totale avec le système néolibéral, vecteur de destruction nationale.

Les nouvelles formulations qui se dessinent pour renforcer l’exclusion des masses laborieuses ne résoudront en aucune circonstance la contradiction principale qui oppose le peuple haïtien au système d’exploitation et d’oppression de l’impérialisme international. Aucun gouvernement, monocéphale ou bicéphale, de connivence avec la bourgeoisie bureaucratique et compradore et les capitalistes étrangers ne saurait apporter quelque solution que ce soit à la crise structurelle haïtienne. Seules les masses en luttes peuvent édifier un pays nouveau avec des structures nouvelles et liquider définitivement la mainmise oligarque sur notre pays.

Ce que réclame la crise actuellement, ce sont des hommes et des femmes révolutionnairement honnêtes, conséquents, dignes et dynamiques capables de conduire le pays sur le droit chemin d’un vrai changement, celui passant par le socialisme.

Dehors les nouvelles formulations pour régénérer le statu quo !

 

 

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