CODEVI : Convention collective entre syndicats et patrons

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Une réunion des syndicats des ouvriers et les patrons des usines du Parc Industriel

La Compagnie Industrielle de Développement (CODEVI) compte autour de 18,500 ouvrières et ouvriers qui travaillent dans les 25 fabriques qui sont déjà opérationnelles sur les 28 que compte tout l’espace. Ce Parc Industriel hébergé dans la vaste plaine de Maribaro sur la frontière entre Ouanaminthe et Dahabon n’était qu’un projet pilote au tout début. Cependant, par la force des choses, elle est mais devenue avec le temps le plus grand employeur et le plus grand exportateur que tous les autres parc réunis en Haïti évoluant dans le secteur d’assemblage et de sous-traitance en Haïti.

Depuis environ deux ans, syndicats des ouvriers et patrons des usines dudit Parc ont entamé des pourparlers en vue de parvenir à s’entendre autour de nouvelles règles de fonctionnement. C’est ainsi qu’au terme de plusieurs séances d’intenses discussion ils sont parvenus à accoucher une Convention Collective. Prévue initialement pour la mi-mars, la signature finale a été reportée à plus d’un mois après soit pour le jeudi 28 avril dernier.

syndicats des ouvriers et patrons des usines sont parvenus à accoucher une Convention Collective.

Devant remplacer celle de 2016 arrivée à terme, ladite convention collective prévue pour une durée de cinq ans devra attendre au moins deux mois avant d’entrer en application en bonne et due forme.

Ces camarades ont été dument mandatés par les Ouvrières et les Ouvriers pour mener tambour battant toutes discussions susceptibles de leur permettre d’obtenir gain de cause. Parmi eux mentionnons Valery Luckny et Tidé Franzie, respectivement coordonnateur de “SOKOWA” et du “SOFEZO”, le “STRACO” quand à lui fut représenté par Lormus Phelimeau et l’ “ASSOCO” et “SYNTRACO” sont respectivement représentés par Jean François Jamesson (coordonateur) et Blaise Eden (président)

Au cours d’un entretient avec la presse présente pour l’occasion, les représentants des syndicats ainsi que confédérations ou des centrales syndicales de la CODEVI se sont montrés satisfaits subséquemment à l’approbation après avoir posé leur paraphe au bas de chaque page du document final contenant tous les articles. Voici les impressions du syndicaliste Yrvelt Admettre.

« Cependant le cas de la CODEVI était pour les syndicats la priorité des priorités et nous sommes contents qu’il soit enfin arrivé à terme. Mais, une tentative pareille au Parc Industriel de Caracol (PIC/SONAPI), n’a pas encore abouti à cause de l’incompréhension de toutes parts, car, ils ne sont parvenus à s’entendre [sur] des points inconciliables. Cependant nous exhortons ardemment tous les autres parcs industriels de l’ensemble du pays à marcher sur les traces de la CODEVI. Car ce serait mieux pour la production industrielle ».

Le camarade Yvelt Admettre, qui intervenait au titre de secrétaire général de la Confédération des Travailleurs du Secteur Publique et Privé (CTSP) a formellement promis que les centrales syndicales se donnent pour mission de faire la promotion de ce genre de convention dans d’autres parcs industriels du pays. Ensuite Mme. Yanick Etienne, a abordé plusieurs types de problématiques auxquelles font face les femmes dans les usines et que cette convention est censée résoudre en partie. « Le problème d’harcèlement sexuel a été abordé et les ouvrières sont dorénavant dotée d’un outil légal leur permettant de défendre leur droit contre les prédateurs sexuels qui utilisent souvent leur position pour les abuser. En ce sens, les femmes enceintes ou les nourrices pourront bénéficier d’un jour libre et payant chaque mois afin de faire des visites médicales (gynécologiques, pédiatrie, vaccination). La signature de ce document important permettra aux ouvriers aux syndicats de se sentir plus en sécurité dans leur milieu de travail.

Coordonnatrice de “Batay Ouvriye”, Yanick Etienne, à l’instar des autres représentants des centrales ou confédérations syndicales, n’a pas caché sa satisfaction eu égards aux moult privilèges auxquels leur donne droit cette convention collective. Cet accord est venu renforcer la liberté syndicale, car elle accorde des heures libres et payantes aux différents membres exécutifs des syndicats afin de bien remplir les tâches découlant de leur attribution et de participer aux différentes activités des centrales syndicales.

Les syndicats évoluant dans les usines de la CODEVI n’ont pas obtenu tout ce qu’ils revendiquaient.

« Avec l’entrée en vigueur de cette convention collective, un syndicaliste remercié peut revenir travailler dans l’institution même s’il a été révoqué puisqu’avant cela n’était pas possible. Les responsables de la CODEVI ont accepté de mettre un espace à la disposition des maisons syndicales pour bureau. Les syndicalistes sont protégés dans l’exercice de leur fonction mais aussi contre les révocations arbitraires. Ils n’ont plus besoin ni d’avoir peur ni de se cacher pour faire leur travail d’accompagnement des ouvriers », a affirmé le secrétaire général de la CTSP.

Pour ce qui a à voir avec le dysfonctionnement du bureau des Affaires Sociales et du Travail à Ouanaminthe, Me. Jacques Belzin a précisé que ce point a été invoqué dans les discussions et des démarches ont été entamées en ce sens, mais les résultats se font encore attendre. “Vu que l’actuel ministre des Affaires sociales et du travail est très ouvert au dialogue avec les syndicats des travailleurs, nous souhaitons que le nécessaire soit fait afin que le bureau régional des affaires sociales de la zone soit remis sur pied incessamment.” C’est ce que s’est dit espérer le président de la Confédération des Travailleurs Haïtiens (CTH).

Les syndicats évoluant dans les usines de la CODEVI se sont montrés pourtant satisfait en dépit du fait qu’ils n’ont pas obtenu tout ce qu’ils revendiquaient. Ils ont toutefois admis que cette convention si elle est respecté et appliquée comme convenue apportera un un  peu de soulagement dans les conditions de vie parfois catastrophiques des ouvrières et des ouvriers. Selon eux, ce n’est qu’un tout petit pas vers la bonne direction.

La CATH fut partie prenante des négociations ayant conduit à l’approbation par toutes les parties de ce document qui selon son secrétaire général de cette centrale syndicale, le camarade Fignolé St. Cyr, s’est félicité d’avoir été un acteur clé dans cette initiative porteuse. « A travers le Syndicat des Ouvriers de la Zone Franche de Ouanaminthe, nous avons mené jusqu’à terme ce rude combat pour l’obtention de droits syndicaux. Tout en étant pleinement conscient qu’au cours d’une négociation, on ne peut pas toujours gagner, sans prendre en considération les intérêts de [l’autre] partie en présence. Cependant la signature de cette convention collective rentre tout droit dans les actifs de la CATH qui va fêter son 42ème anniversaire de création le 15 mai prochain. Et nous sommes déterminés à continuer à nous battre pour le respect des droits inaliénables des Travailleuses et des Travailleurs! », s’est promis le camarade Fignolé St. Cyr.

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