Cessons de tromper le peuple !

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Plus que jamais la lutte de classe va en s’intensifiant dans le pays et elle cache des desseins inavoués très dangereux.  Il n’aurait pas été, en fait, très difficile de prévoir que le courant de l’opposition traditionnelle qui a accouché le rapport de Marriott et l’autre, celui de l’accord de Kinam, ne visent qu’à miner la résurgence des formes collectives de résistance et à neutraliser les mobilisations populaires de sorte que les effets de révolte du mois de Juillet 2018 ne se répètent guère.

Il est un fait certain, cette classe de politiciens et politiciennes qui se réclamaient pour la démission de Jovenel Moise possède d’autres intérêts qui ne sont pas identiques avec les revendications et les aspirations populaires. Il nous faut être clair là-dessus, tant que le peuple gémit dans la misère, cette classe moyenne n’en a que faire parce qu’elle vit confortablement. Plus on tue les manifestants, le peuple en fait,  moins les politiciens y font attention, n’ayant cure de la misère atroce dans laquelle vivent les laissés pour compte. Le train de vie que mène cette classe moyenne politicienne alliée de la bourgeoisie ne la différencie-t-elle  pas de la condition abjecte des affamés ? En d’autres termes, la misère du peuple semble faire le bonheur de la classe moyenne et explique son existence.

Cette petite bourgeoisie est complètement à la traine des classes dirigeantes. Bien qu’elle soit un trait d’union entre les masses prolétaires et la bourgeoisie, elle ne jure que par son désir de se savoir plus proche du paradis des riches que de l’enfer des pauvres. Son rêve est de fondre au sein de la bourgeoisie. Certains se considèrent même comme des authentiques bourgeois.

Des individus de cet acabit sont nombreux au sein de l’opposition politique. Que peut-on  attendre d’eux quand ils ne sont que des personnalités soumises,  consciemment conditionnées  pour jouer leurs rôles de flatteurs patentés, disposés à toutes sortes de complots, de corruption, de mensonges, de coups bas et surtout mais facilement de mauvaises mœurs pourvu qu’on l’accepte de fréquenter leur rang. Cette classe est dangereuse puisqu’elle est un instrument, une arme, un acteur qui peut jouer tous les rôles qu’on lui attribue.

C’est cette classe moyenne au service de la bourgeoisie compradore qui maintient une pression continue sur le régime en place, critique acerbement les détenteurs du pouvoir mais en prenant soin de ne jamais remettre en cause la nature du système dans lequel il baigne.

Ainsi face aux discours creux de changement de système des dirigeants de la dite opposition multiforme, véritables marionnettes entre les mains des puissances impérialistes,  s’oppose radicalement à la position des masses populaires revendiquant un changement de système que Jovenel Moise lui-même se déclare adversaire également et jure de le combattre dans les mêmes perspectives de changement. Alors que cette opposition qui parle au nom du peuple et qui se dit pour le changement a les mains liées aux puissances exploitantes, ennemies jurées des masses laborieuses qui ne cessent de manifester que du dédain et du mépris pour ceux et celles qu’elles oppriment.

Les visites annoncées des représentants de l’Administration Etats-unienne auxquelles ces courants n’ont jamais eu de difficultés à assister ne sont que des tactiques planifiées qui illustrent clairement l’état de dépendance de cette classe. L’opposition et le parti gouvernemental malgré leur mésentente acerbe n’ont jamais eu de problèmes de se rendre en bon enfant et en se comportant sagement à ces rendez-vous à l’adresse du patron : l’ambassade américaine.

La dernière réunion du vendredi 6 décembre en dit long.  L’alternative consensuelle annonçait en grande pompe qu’elle n’allait participer à aucune réunion avec l’émissaire américain, David Hale. Pourtant à cette réunion ont participé : Joël Édouard Pasha Vorbe (Fanmi Lavalas), Youri Latortue (Opposition institutionnelle),  le sénateur Joseph Lambert, Éric Jean-Baptiste (RDNP), Rosemond Pradel (Mache kontre) et Liné Sainphor Balthazar du (PHTK), au cours de laquelle, Hale leur a indiqué le vœu de l’Administration américaine.

En fait, leur point commun, leur objectif commun correspond au projet impérial : il s’agit de tuer par tous les moyens toute tentative de rassembler, de ranimer ou d’organiser le mouvement populaire en un mouvement de lutte pour la libération nationale.

Combien de temps encore le peuple acceptera-t-il d’être trompé du prétendu changement derrière lequel s’abritent ces ennemis maquillés en dirigeants pour mieux l’étouffer ?

Une chose est certaine, le peuple haïtien ne va pas continuer à être dupe tout le temps. Si Jovenel ne démissionne pas encore,  ce n’est pas la faute du peuple, mais de la complicité et de la politique  de caméléon de cette opposition arc-en-ciel, suiviste et profondément réactionnaire.

 

 

 

 

 

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