Camouflage suprême

0
226

Une division interne, apparente vient d’éclater entre l’administration  Jouthe-Moise, des  entrepreneurs du secteur pétrolier et également des banquiers.

Allant de catastrophe en catastrophe avec la même désinvolture, Jovenel Moise a exprimé une fausse compassion à l’endroit de ceux qui souffrent, utilisant toutes les apparences d’un dirigeant honnête et conséquent.  Dans une conférence de presse donnée à 2h de l’après-midi, le lundi 22 juin 2020, il a accusé ouvertement et catégoriquement ses frères de classe.

Jovenel les dénonce en fait d’être les instigateurs d’un complot visant à déstabiliser le pays et augmenter la misère de la population. En ouvrant ce chapitre de corruption, que cherche donc Jovenel ? Les bonnes grâces des masses? Il a vite profité de cette fausse découverte pour afficher son slogan bluffeur : Ce qui reste de la richesse nationale doit être au service de la majorité de la population.

On ne peut faire aucun crédit aux paroles ni aux actes de Jovenel Moise qui veut par tous les moyens s’assurer un soutien populaire.  Et c’est cette soif de popularité qui le pousse à diligenter une enquête pour la galerie contre les entreprises impliquées sur les appels d’offres passés entre l’État haïtien et les compagnies privées dans l’intervalle allant de mars 2010 à mai 2020, concernant l’importation des produits pétroliers dans le pays.

Toutes ces machinations sont l’œuvre du pouvoir qui n’investit guère dans la production nationale pour attirer des devises.

Il n’a nullement procédé à des actions concrètes, décisives,  fermes, vigoureuses, qui devraient aller jusqu’à l’arrestation des corrompus; cependant il a demandé à son Premier Ministre, Joseph Jouthe, de former un task force pouvant enquêter sur les transactions considérées comme douteuses au cours des 10 dernières années.

 Initiative sans fondements sérieux, voilà pourquoi à la vitesse de l’éclair, la Primature a  mis sur pied la commission d’enquête pour plancher sur les pertes enregistrées par l’Etat haïtien qui s’élèvent à environ 113 milliards de gourdes, soit un peu plus de 1.7 milliard de dollars. Les principaux acteurs qui auront à procéder à cette mise en scène sont Michelin Justable responsable de l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF), Rokefeller Vincent de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) et Wolf Dubic de l’inspection générale des finances (IGF).

Même camouflage, quand le régime pourri et corrompu se porte en défenseur des masses populaires suite aux machinations de la Banque Centrale qui oblige les bureaux à payer les transferts en gourde et ceux qui au contraire voudraient recevoir leur argent en monnaie américaine doivent ouvrir un compte bancaire libellé en devise américaine.

Toutes ces machinations sont l’œuvre du pouvoir qui n’investit guère dans la production nationale pour attirer des devises. L’agriculture a été laissée à l’abandon et tout est privatisée même la santé.  L’économie haïtienne ne repose que sur les transferts familiaux provenant de l’étranger que le pouvoir a déjà taxés d’un dollar cinquante ($1,50) par transaction et personne ne sait à quelles fins.

Il faut que les décisions soient prises dans l’intérêt de la population, a martelé Jovenel Moïse lors de sa conférence de presse du 22 juin 2020. « Les banques ne sont pas des bureaux de change », a-t-il fait savoir « en appelant les entrepreneurs à respecter les marges de profit. »

N’est-ce pas une façon d’ironiser le peuple, quand Jovenel Moise se présente comme quelqu’un qui met de l’ordre au désordre programmé de ses commanditaires, de ses suppôts du PHTK en mettant en garde les élites économiques contre toute tentative de violer les dispositions légales.

Ce faux conflit sert tout bonnement à faire  primer le gouvernement sur l’opposition traditionnelle. Une opposition  que le pouvoir est parvenu à modeler telle qu’il la souhaite, au besoin puisqu’ils ne sont que deux chiens de garde de l’ordre néolibéral mis en place par l’impérialisme américain.

Cette classe politique ne fait qu’accélérer le processus de pénétration des intérêts capitalistes dans le pays alors que les travailleurs, les étudiants, le peuple ont de plus en plus de mal à vivre tellement le chômage, la corruption et la gabegie battent leur plein.

Il devient chaque jour plus clair que le soutien par l’impérialisme au régime de mercenariat et de ces petits valets de l’opposition croupion est un élément essentiel de sa stratégie.

Le but de ce camouflage n’est pas mystérieux. Il s’agit de réhabiliter cette politique de pirates de haut vol: C’est manifester un profond mépris à l’égard des revendications populaires. C’est essayer par tous les moyens indignes d’étouffer l’espoir du peuple haïtien en lutte.

 

 

 

 

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY