Camarades, – où que vous soyez dans le monde –, préparez-vous à répondre à l’appel de la patrie!

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« Je vous ai mis dans les mains des livres qui dénoncent les crimes du système capitaliste. Vous en ferez ce que vous voudrez. »
(Robert Lodimus, Le Grand Combat, essai)

L’écriture est devenue pour nous ce fleuve agité dans lequel nous noyons nos douleurs toutes les nuits jusqu’à l’aube. Nous ne pouvons pas nous taire devant les souffrances des populations dépérissantes. La route qui doit faire lever le soleil sur les ajoupas des pauvres passera inévitablement par une lutte révolutionnaire. Jean-François Revel a utilisé de son côté la locution conceptuelle de « socialisme planétaire » dans son ouvrage « La tentation totalitaire », publié en 1976 chez Robert Laffont. Nous parlons nous-même de « Révolution mondiale » dans « Les tigres sont encore lâchés », « Pauvreté en Haïti et dans le reste du monde : Hara-kiri ou Révolution », « L’inconnu de Mer Frappée », « Le Grand Combat » et « Idées pour une Révolution ». Nous avons écrit dans un livre de poésie, Couronne d’épines et de ronces, qui paraîtra bientôt au Canada :

« Je  reste  le témoin  d’une époque
Qui lacère le dos et la poitrine
De la dignité humaine…
Comme Soljenitsyne,
Je suis allé voir ces bourgs et ces villages
Qui flétrissent dans la désolation.
J’ai vécu avec  Matriona,
Les souris et les cafards.
Ma verve est devenue amère comme du fiel.
Je ne trouve plus de mots gentils
Pour écrire mes poèmes! »

Il faut agir

Le prolétariat mondial, – nous ne le dirons jamais assez –, souffre de l’injustice des oligarques qui dévalisent depuis des millénaires les banques des richesses communes. Les citoyens responsables peuvent-ils se croiser les bras devant une telle situation de détresse et se laisser gagner par la peur de se tenir fermement debout pour affronter les fossoyeurs de l’existence humaine : ceux-là qui s’adonnent à ce jeu macabre de « massacre spirituel et matériel » contre les collectivités affaiblies et aliénées? Et cela n’est même pas suffisant. Les leaders conséquents, avant-gardistes, – qui se rangent aux côtés des misérables de la planète – , doivent penser, réfléchir sur les moyens efficaces à utiliser dans ce combat difficile pour la défense et la protection des intérêts des plus faibles, des plus vulnérables des sociétés mondiales. 

La presse occidentale ferme les yeux volontairement sur les crimes des puissances impériales. Ces médias défendent plutôt les intérêts du « Capital ». Ils font rarement mention dans les bulletins de nouvelles, dans les colonnes qui traitent des actualités nationales et internationales, des multitudes d’individus affamés qui attendent la mort dans un coin de leurs cahutes, en vue de mettre un terme à leurs conditions de misérabilité chronique. Des nuées infinies de hères, – au lieu de se battre contre leurs oppresseurs –, fondent leur espoir sur l’inexistence, pour stopper leurs souffrances psychologiques et physiques. Les journaux, les revues, les magazines, les chaines de radio et de télévision, les moteurs de recherche internet ne sont-ils pas devenus des entreprises bourgeoises? Prennent-ils en compte réellement les intérêts immédiats des pauvres? Selon les « nouveaux maîtres du monde », les Indiens et les Noirs sont nés pour être asservis, dominés… Et pour souffrir. Cependant, même Adolphe Hitler, l’Attila de l’Allemagne nazie, reconnaît, incroyablement, la cruauté inqualifiable exercée par des États comme la France, l’Angleterre, l’Espagne, les États-Unis contre les indigènes de l’Afrique et les autochtones de l’Amérique. Dans « Testament politique d’Hitler », préfacé par Trevor-Roper, paru aux Éditions Fayard en 1959, l’exterminateur des Juifs affirma :   « Les blancs ont toutefois apporté quelque chose à ces peuples (colonisés), le pire qu’ils pussent leur apporter, les plaies du monde qui est le nôtre: le matérialisme, le fanatisme, l’alcoolisme et la syphilis. Pour le reste, ce que ces peuples possédaient en propre étant supérieur à ce que nous pouvions leur donner, ils sont demeurés eux-mêmes […] Une seule réussite à l’actif des colonisateurs: ils ont partout suscité la haine. Cette haine qui pousse tous ces peuples, réveillés par nous de leur sommeil, à nous chasser. Il semble même qu’ils ne se soient réveillés que pour cela! »

Seulement, le pays de Charles de Gaulle ne pouvait pas savoir qu’il allait lui-même recevoir des centaines d’années plus tard, de la part d’un fou du continent européen, les mêmes traitements que ses rois infligèrent aux Africains déportés et aux Indiens d’Amérique décimés et dépouillés de leurs terres. Ce sont les États colonialistes qui ont inspiré à Hitler les pratiques de la servitude outrancière et de l’exploitation cruelle des êtres faibles. Pour le Troisième Reich, les Français formaient une race inférieure, prédestinée à la soumission et consacrée à l’asservissement. Ils existent pour servir les nations supérieures, parmi lesquelles : les peuples allemands et italiens. Il faut toujours se souvenir que les loups mangent les agneaux. Et les pumas tuent et mangent les loups !

Nous avons juré de combattre l’Injustice, de prêcher la Rébellion, d’encourager l’Insurrection, de soutenir le Grand Combat des opprimés

Depuis des décennies, nous tentons de rallier des activistes et des militants politiques de l’univers à la cause des populations appauvries. Plusieurs grands écrivains le font aussi : Noam Chomsky, Jean Ziegler, Suzan George, etc. Nous ne saurions comptabiliser les cadavres que le combat pour le respect des Droits naturels a occasionnés sur les continents. Nous l’avons déjà mentionné : toutes les régions de la terre ont leurs lots de martyrs qui se reposent quelque part dans un cimetière. La guerre pour le pain, la farine, le sucre et l’eau est l’expression violente d’un antagonisme millénaire qui se nourrit à la source des répartitions dichotomiques des richesses de la planète. Certains en ont trop. D’autres, pas assez. Ou pas du tout. Comment se résigner à l’idée de dépérir par la faute d’une minorité d’insouciants milliardaires qui traitent leurs semblables comme des vers de terre qu’ils écrasent sous leurs talons ? Le fonctionnement des sociétés du globe doit être repensé et réorganisé. Un monde tellement riche ne devrait pas héberger tant de misérables. Il faut recourir à des formes de combat plus persuasives, en vue de ramener les États prédateurs à la raison. À proprement parler, il n’existe pas d’individus riches et pauvres sur la planète, mais des individus enrichis et appauvris. Les êtres humains sont nés libres et égaux, soutiennent les courants philosophiques du contractualisme.                 

Edmund Burke est un philosophe irlando-britannique qui décéda en 1797 en Grande Bretagne. Homme politique, il prit position en faveur de la Révolution américaine. Son célèbre ouvrage « Réflexions sur la Révolution de France » prédisait que les événements qui conduisirent en 1789 à la prise de la Bastille allaient connaître un tournant désastreux. Et cela arriva. Des têtes précieuses furent décapitées. Edmund Burke, appelé le père du conservatisme moderne, a influencé les œuvres de plusieurs grands philosophes, particulièrement Denis Diderot et Emmanuel Kant. Le théoricien nous légua cette observation pertinente : « Il suffit que des hommes de bien ne fassent rien pour que le mal triomphe. » Nous avons juré, de notre côté, de combattre l’Injustice, de prêcher la Rébellion, d’encourager l’Insurrection, de soutenir le Grand Combat des opprimés, jusqu’à l’anéantissement total de la « dynastie de Babylone ». 

Le théoricien Karl Marx écrit dans le « Manifeste du parti communiste » : « Les armes dont la bourgeoisie s’est servie pour abattre la féodalité se retournent aujourd’hui contre la bourgeoisie elle-même. La bourgeoisie n’a pas seulement forgé les armes qui la mettront à mort; elle a produit aussi des hommes qui manieront ces armes, les ouvriers modernes, les prolétaires. »

Travailleurs palestiniens d’Hébron au barrage militaire de Tarqumiya – Photo : Emil Salman

Jean-Paul Sartre et Albert Camus se sont livré une querelle interminable sur la guerre de l’Algérie, autour de l’utilisation de la violence politique entre les États et entre les fractions sociales. Sartre reprochait à Camus de n’avoir pas adopté une position claire et radicale dans le conflit armé qui opposait son pays d’origine à la France. Le philosophe de l’existentialisme restait convaincu que « pour se ranger aux côtés de l’histoire, il fallait choisir la violence nécessaire ». Des critiques ont pris la défense de Camus dans cette polémique intellectuelle considérée aujourd’hui encore comme étant inachevée. Alors que les deux nobélisés en littérature sont décédés depuis longtemps. Dans une lutte politique qui privilégie les pensées démocratiques, la violence n’est pas elle-même la solution, mais elle constitue, bien souvent, le chemin qui mène à la solution durable. Elle doit être envisagée seulement dans le cadre d’une décision d’ultime recours. Il y a des pluies sans éclairs et sans tonnerre. Il y a des pluies aussi avec éclairs et tonnerre. C’est la nature qui décide.  

Aux grands maux les grands remèdes

 Nelson Mandela défia, d’abord par la parole, les bourreaux de l’apartheid de l’Afrique du Sud. Comme parler ne suffisait plus, il adopta les principes radicaux de la lutte armée. Il se forma dans le cadre de sa nouvelle stratégie de guerre. Il utilisa les mêmes « moyens violents » des dominateurs pour libérer son peuple. Le leader de l’ANC, avec la complicité de la CIA, passa environ 28 ans en prison. Libéré le 11 février 1990, il devint président de son pays en 1994. Les méthodes du « pacifisme » ne permettent pas toujours d’obtenir les résultats escomptés. À moins de vouloir mourir comme Socrate. Mourir dans la naïveté de son innocence. Les mains de fer de l’occupation étrangère se resserrent de plus en plus sur les bras faibles de la République d’Haïti. Nous avons cessé nous-même de rêver avec les yeux ouverts. Dans le contexte de la politique extérieure des pays du G7, –  nous constatons les problèmes auxquels se trouve confronté le Venezuela du défunt Commandant Hugo Chavez avec l’Organisation des Nations unies (ONU), – particulièrement les États-Unis –, l’Organisation des États américains (OEA), l’Union européenne –, le « possibilisme » de Paul Brousse ne pourra pas apporter, à proprement parler, la Justice sociale et l’Équité économique sur le territoire de la République d’Haïti. La « Révolution » dont nous parlons toujours ne s’obtiendra pas avec un bulletin de vote…! Nous en sommes nous-même convaincu. Et nous l’assumons.

Nous pensons que l’opportunisme politique est en train de noyer, de submerger les efforts des compatriotes qui cherchent à aider le peuple haïtien à forger un chemin de libération et de désasservissement dans les broussailles du « Capital ». La fin des souffrances de la République d’Haïti signifiera également celle de beaucoup d’hommes et de femmes qui ont fait du concept de « Révolution » un opiacé du pseudo intellectualisme et du narcissisme insensé. Après que les murailles du « néocolonialisme » auront été renversées, le peuple haïtien reconnaîtra facilement le blé et l’ivraie. L’arbre qui porte les fruits comestibles et celui qui est stérile comme le figuier maudit par le Fils de l’Homme. Le pays de la « Révolution » ne pourra pas exister et vivre dans l’engueulade verbale et scripturale. Mais par idées politiques constructives et des projets  socioéconomiques viables! Que nos Robespierre, nos Condorcet, nos Sieyès, nos Olympe de Gouges, nos Pauline Léon…, s’y préparent.

L’existence des pauvres doit être un « combat » quotidien contre l’injustice sociale et l’oppression politique. Pour renverser les barrières des inégalités, les masses prolétarisées privilégieront les moyens qu’elles estimeront nécessaires et les méthodes qui leur paraîtront appropriées pour se désenchaîner de l’oppression néocoloniale.

Il faut sonner le tocsin

 L’heure est au rassemblement… Le rassemblement de tous les patriotes. Les paysans parleraient eux-mêmes de « coumbite ». L’histoire nous apprend que François-Dominique Toussaint Louverture et André Rigaud, les deux frères ennemis, furent emprisonnés simultanément au Château de Joux. La fuite de Rigaud de sa cellule lui évita la fin atroce que connut l’homme de l’Habitation Breda.  Pour la République d’Haïti, il y a la nécessité de l’émergence d’un nouveau modèle de société. Le bien-être de l’être haïtien est consubstantiel  au développement de son pays. C’est autour d’une grande table de concertations, d’échanges méthodiques d’idées, de concessions raisonnables et bénéfiques que les adversaires politiques traditionnels traceront et construiront la route qui débouchera sur le sauvetage de notre patrie. Quant aux ennemis de la République, ceux-là qui seront accusés de crimes de haute trahison, ce sont les lois qui viendront trancher en la matière.

En 1987, nous avons visionné un documentaire de L’Office National du  Film du Canada (ONF) sur une favela  infernale de Guayaquil, en Équateur. Le champ de cahutes sur pilotis s’étendait à perte de vue. La caméra fouineuse, chercheuse de sensations fortes pour les spectateurs occidentaux,  nous  introduisait brutalement dans l’intimité des familles. Ce n’étaient pas des êtres humains qui se succédaient à l’écran, mais des animaux d’une jungle sauvage de l’Amérique du Sud ou de l’Afrique. Les images étaient insupportables à regarder. Nous avons projeté  le film, à notre tour, dans le cadre des activités de ciné-conférences que nous organisions à Montréal au Centre haïtien d’animations et d’interventions sociales (CHAIS), dirigé par le regretté Jacques Duviella, un patriote qui avait fait de la prison sous François Duvalier, très proche du défunt poète et artiste peintre Villard Denis alias Davertige. L’assistance était émue jusqu’aux larmes. Les participants acceptaient difficilement que des femmes, des hommes, des enfants, des vieillards, en plein siècle de développement technologique et d’essor industriel, étaient en train de survivre dans des conditions sociales et économiques si avilissantes. Les États impériaux investissent des sommes faramineuses dans les domaines de la recherche spatiale, mais négligent volontairement de résoudre les problèmes de la « misère » sur la planète. La fabrication des armes de destruction massive qui implique des centaines de milliards de dollars l’emporte sur la conservation de la vie. Le capitalisme, comme le montre Joseph E. Stiglitz [8], prix Nobel d’économie, a perdu la tête. 

Une terre en détresse

Les « cas de suicide » provoqués par le « mal vivre » ne se comptent plus dans le monde. Pour certains, « mourir » devient la solution ultime aux difficultés insurmontables générées par l’état de misérabilité. Quand la mort tarde elle-même à arriver, les individus qui craquent sous le fardeau de leurs souffrances morales et physiques passent carrément à l’acte. Ils mettent fin à leur existence. Beaucoup de citoyens désespérés, –  comme nous l’avons rapporté et documenté dans notre ouvrage « Pauvreté en Haïti et dans le reste du monde : Hara-kiri ou Révolution » –, incapables de subvenir aux besoins de leurs proches, choisissent de s’immoler par le feu devant les palais, les châteaux, les ministères, les églises, les temples, les mosquées… Ces martyrs de la surexploitation globalisée ont aussi espéré susciter de la colère et de l’indignation parmi les autres victimes silencieuses. Ils ont posé un geste de « désespérance extrême » dans le but de forcer leurs camarades à se réveiller et à se battre. Les richesses de la terre sont mal distribuées. 

Le théoricien du marxisme avait compris dès le départ que le « système capitaliste portait en lui les germes de sa propre destruction ».

Lénine, le brillant dialecticien de la révolution d’octobre, expliqua en 1920 que « la politique de l’Internationale communiste dans la lutte contre l’oppression nationale vise à unifier les prolétaires et les masses laborieuses de toutes les nations dans la lutte révolutionnaire pour renverser les propriétaires fonciers et la bourgeoisie. Seule une telle unité garantit la victoire sur le capitalisme, sans laquelle il est impossible d’abolir l’oppression nationale. »

Le combat des ouvrières et des ouvriers doit être soutenu par toutes les couches sociales progressistes du monde. Dans plusieurs régions du monde, les États bourgeois ont assassiné des « révolutionnaires » aguerris. « Ils ont tué Jaurès. » Mais ils n’ont pas guillotiné le « socialisme » et le « communisme ». Le théoricien du marxisme avait compris dès le départ que le « système capitaliste portait en lui les germes de sa propre destruction. » Il est une émanation des idées audacieuses de la classe dominante pour s’approprier les différents moyens de production nationale. Arrivera très certainement le moment où le « néolibéralisme » ne pourra plus se renouveler ou se remétamorphoser. Alors, déjà implosé, il explosera. Les poutres qui le soutiennent, s’affaiblissent de plus en plus. Elles craquent. C’est à ce niveau que Karl Marx demeure un « critique clairvoyant du capitalisme » de son temps et du futur.

Camarades,

La « Révolution planétaire » est bien possible!

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