Biden va-t-il convaincre Trudeau d’envahir Haïti ?

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Il est probablement certain, lors de sa rencontre officielle avec le président du chef de file des puissances impérialistes : Joe Biden, le Premier ministre canadien pourrait bien être obligé d’accepter d'assumer ce «rôle de leadership» dans une force internationale en Haïti.

À moins de 72 h de la visite historique du président des États-Unis Joe Biden au Premier ministre canadien Justin Trudeau, le Washington post vient de publier un article tendancieux titré : « Les États-Unis poussent le Canada à diriger une force internationale en Haïti ». 

Cet article vient après que le chef d’état-major de la Défense canadien, le général Wayne Eyre avait déclaré il y a deux semaines de cela soit le mars dernier: « que les forces armées de son pays, déjà mobilisées pour le soutien de l’Ukraine et de l’OTAN, n’ont pas la capacité de mener une éventuelle mission de sécurité en Haïti. »  

Visite historique du président des États-Unis Joe Biden au Premier ministre canadien Justin Trudeau, le jeudi 23 mars 2023

Il est évident que les intérêts des Etats-Unis dans une quelconque occupation d’Haïti ne sont pas les mêmes pour le Canada. C’est ce qui explique la réticence des dirigeants canadiens à jouer le rôle de soldats au front pour leur chef hiérarchique, le commandant américain Joe Biden.

Les dirigeants canadiens pour se retirer de ce guêpier avaient même déclaré « que toute intervention extérieure doit être appuyée par un consensus politique en Haïti. » Car selon eux « les interventions précédentes n’avaient pas abouti aux résultats souhaités. Ils ont également mis en doute la capacité des Forces armées canadiennes pour le type de mission proposé par les États-Unis. »

Le chef d’état-major de la Défense canadien, le général Wayne Eyre

Et pour prendre la tangente, après le rapport de leurs trois missions, le gouvernement canadien a entamé « certaines actions en Haïti » : ainsi il a été fournisseur de véhicules blindés et a imposé des sanctions à 17 Haïtiens. Puis, au début du mois de février, un avion militaire canadien CP-140 Aurora de l’Aviation royale avait patrouillé dans le ciel d’Haïti « Cette surveillance est une autre étape de la réponse du Canada à la crise haïtienne qui repose sur quatre piliers : le dialogue politique inclusif, les sanctions, l’aide humanitaire et l’assistance sécuritaire », a ajouté l’ambassadeur canadien en Haïti M. Carrière.

Le cercueil des forces impérialistes coalisées contre Haïti

Enfin au 44e sommet de la CARICOM , le 16 février 2023, Trudeau y a été un invité spécial surtout du fait que le dossier d’Haïti allait être l’un des thèmes en discussion. Juste après le sommet et le refus de la CARICOM d’intervenir en Haïti, le gouvernement canadien déployait deux Navires canadiens de Sa Majesté (NCSM) Glace Bay et Moncton, comprenant une compagnie de plus de 90 marins de la Marine royale canadienne pour réaliser des patrouilles dans les eaux haïtiennes et les environs à la lumière de la crise sécuritaire qui s’aggrave au pays.

L’avion militaire canadien CP-140 Aurora de l’Aviation royale qui avait patrouillé dans le ciel d’Haïti

En effet, la montée vertigineuse de l’insécurité ces dernières semaines en Haïti est un prétexte pour les forces obscures internationales d’accélérer leur projet d’interventions. En ce sens, il est plus que certain que tous ces derniers cas de kidnapping, de criminalité entrent dans l’objectif du projet américain d’intervenir coûte que coûte en Haïti.

Les deux Navires canadiens de Sa Majesté (NCSM) Glace Bay et Moncton, qui surveillaient dans les eaux haïtiennes et les environs

Et ce n’est pas sans raison, qu’un rapport des Nations-Unies vient d’être également publié pour rappeler que le rythme du chaos s’est accéléré « depuis le début de l’année, dont 531 personnes ont été tuées, 300 blessées et 277 enlevées dans des violences liées aux gangs. Dans la seule première quinzaine de mars, au moins 208 personnes ont été tuées, 164 blessées et 101 enlevées, selon des responsables haïtiens » a rapporté le Washington Post.

Et pour renforcer l’idée, Washington Post a cité un porte-parole du Conseil de sécurité nationale, s’exprimant sous couvert d’anonymat « Nous pensons que la situation sécuritaire et humanitaire en Haïti se détériore et que la situation sur le terrain ne s’améliorera pas sans l’aide armée des partenaires internationaux », comme le souhaite sans l’ombre d’un doute la bourgeoisie haïtienne et le régime en place au service de l’impérialisme américain.

Il est probablement certain, si l’on prend en compte cet article de Washington Post, qui n’est pas tout à fait innocent, Trudeau pourrait bien être obligé d’accepter d’assumer ce «rôle de leadership» dans une force internationale en Haïti, lors de sa rencontre officielle avec le président du chef de file des puissances impérialistes : Joe Biden.

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