Biden expulse en masse des migrants haïtiens

0
400
Des Haïtiens qui ont été expulsés des États-Unis arrivent à l'aéroport international Toussaint Louverture, à Port-au-Prince, Haïti, dimanche 19 septembre 2021

Le dimanche 19 Septembre 2021, à bord de 3 vols dont deux partaient de l’aéroport de la ville de San Antonio et un autre de la frontière de Laredo, un total de 327 personnes étaient expulsés de la zone frontalière américano mexicaine. Les avions transportaient chacun, respectivement 126, 102 et 99 migrants d’origine haïtienne dont 126 enfants (64 filles et 62 garçons) 104 femmes et 97 hommes. Ils étaient bloqués parmi des milliers à la frontière américano-mexicaine, venus du Honduras, du Venezuela et d’El Salvador. Ils voulaient se diriger vers la frontière américaine, pour être accueilli humanitairement par l’administration Joe Biden/Kamala Harris.

Les ressortissants haïtiens ont été de préférence expulsés du Texas puis reçus à l’Aéroport International Toussaint Louverture par les autorités de l’Office Nationale de la Migration (ONM).

Les ressortissants haïtiens expulsés du Texas ont été reçus à l’Aéroport International Toussaint Louverture par les autorités de l’Office Nationale de la Migration (ONM).

Le lendemain 20 septembre, pour la deuxième journée d’expulsions 233 compatriotes haïtiens dont 128 personnes étaient à bord du premier vol: 45 enfants (25 filles et 20 garçons), 83 adultes (45 femmes et 38 hommes). Le deuxième vol transportait 105 personnes seulement des hommes. En l’espace de deux jours le nombre est passé à 582 haïtiens déjà rapatriés sur plus de 10 000 qui campent au Texas et qui devraient être rapatriés. Il n’y a pas eu de troisième débarquement comme prévu pour le lundi 20 ; mais trois autres vols ont été programmés pour le mardi 21 et le double à partir de mercredi 22 septembre.

« Ce que j’ai vu au sujet de ces personnes à cheval qui traitaient les êtres humains tels qu’ils étaient était horrible »

Signalons que nombreux de nos compatriotes venus particulièrement du Brésil et du Chili ont parcouru de graves dangers et affronté de terribles péripéties avant de  traverser la rivière Rio Grande (frontière avec les USA).

La stratégie de l’Administration Biden, consiste à renvoyer les migrants dans leur pays d’origine ou dans le pays d’où ils sont partis sur plusieurs vols quotidiens. Le pire, même les enfants n’ont pas été épargnés sauf les mineurs non accompagnés qui ont été exclus des expulsions.

La traversée de la rivière Rio Grande

En d’autres termes et selon Marsha Espinosa, Porte-parole du Département de la sécurité intérieure (DHS) « Le DHS garantira des transports supplémentaires pour accélérer le rythme et augmenter la capacité des vols de retour vers Haïti et d’autres destinations dans les prochaines 72 heures […] Les transferts se poursuivront conformément à nos lois et politiques »

Suite à cet acte barbare, des réactions ont été portées à l’encontre de l’administration américaine par des haut placés du pouvoir impérial. A commencer par le vice président des Etats-Unis, qui semble se désolidariser de son président Joe Biden. En effet, Kamala Harris,  a exigé le mardi 21 septembre 2021 qu’une enquête approfondie soit menée  tout en estimant que les êtres humains ne devraient jamais être traités de cette façon. « Ce que j’ai vu au sujet de ces personnes à cheval qui traitaient les êtres humains tels qu’ils étaient était horrible »…  « Les êtres humains ne devraient jamais être traités de cette façon. Et j’en suis profondément troublée », a précisé la vice-présidente des Etats-Unis annonçant qu’elle va en discuter avec Alejandro Mayorkas secrétaire d’Etat à la Sécurité intérieure des États-Unis.

Des milliers de migrants haïtiens à Del Rio, au Texas, pour demander l’asile aux États-Unis, alors que les autorités commencent à les expulser vers Haïti.

Même réaction de la part de Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants « Les informations faisant état de mauvais traitements infligés à des migrants haïtiens fuyant la violence et les ravages causés par les catastrophes naturelles sont profondément troublantes, notamment l’utilisation inappropriée de ce qui semble être des fouets par des agents de la patrouille frontalière à cheval pour intimider les migrants ».

Elle ajoute « […] Tous les migrants demandeurs d’asile doivent être traités conformément à la loi et avec la décence élémentaire. Tout acte d’agression ou de violence ne peut être toléré et doit faire l’objet d’une enquête…. […] La situation à laquelle sont confrontés les migrants haïtiens à la frontière est déchirante et le Congrès continuera de suivre de près les développements. »

L’attachée de presse de la maison blanche Jen Psaki a pour sa part déclaré : « Je ne pense pas que quiconque voyant ces images penserait qu’elles étaient acceptables ou appropriées ».

Les réactions continuent « Nous ne pouvons pas continuer ces politiques haineuses et xénophobes de Trump qui ignorent nos lois sur les réfugiés. Nous devons permettre aux demandeurs d’asile de présenter leurs demandes à nos points d’entrée et de bénéficier d’une procédure régulière. », a déclaré le chef de la majorité au Sénat, Chuck Schumer.

« J’exhorte le président Biden et le secrétaire Mayorkas à mettre immédiatement un terme à ces expulsions et à mettre fin à cette politique du titre 42 à notre frontière sud » a-t-il fait savoir.

Le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés Filippo Grandi n’est pas resté indifférent  « Je suis consterné par les images des conditions déplorables sous une autoroute en béton (qui fait office de pont) à Rio, où plus de 14.000 Haïtiens se sont rassemblés après des voyages difficiles en provenance de différents pays d’Amérique »

Ariel Henry

Ce qui est absurde est la déclaration du PM Ariel Henry. Il n’a pas protesté contre les traitements infligés aux haïtiens au Texas. Il revient au Directeur général de l’Office national de la migration d’Haïti, Jean Negot Bonheur Delva de prendre une position courageuse en déclarant « L’État haïtien n’est pas en mesure de recevoir ces réfugiés » […] La situation est très difficile et je demande un moratoire humanitaire sur ces expulsions »

Le Premier ministre préfère lui-même mentir publiquement comme il l’a fait dans ses déclarations au sujet de son ami Félix Badio.

Samedi dernier, il a fait savoir « Nous sommes très préoccupés par les conditions extrêmement difficiles dans lesquelles vivent plusieurs milliers de nos compatriotes à la frontière américano-mexicaine. Tout en leur renouvelant notre pleine #solidarité, nous voulons les assurer que des dispositions sont déjà prises pour leur offrir un meilleur accueil à leur retour dans le pays et qu’ils ne seront pas laissés pour compte. Se fòk nou mete tèt nou ansanm pou nou bay peyi a yon chans pou frè ak sè nou yo pa kontinye pran kalite imilyasion sa yo. Je partage leur souffrance, tout en leur disant Bienvenue chez eux. Lakay se lakay »

Quel mensonge ! N’est-ce pas tourner en dérision ses concitoyens. Car selon le directeur de l’OIM 10.000 gourdes seulement est réservé à chaque personne et ce montant n’a même pas été disponible pour être délivré au cours des premières journées sous prétexte que c’était un dimanche et que le lundi était un jour de congé. Le comble de l’indigence et de la malveillance des autorités en place.

 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here