Arrogance, insolence, vagabondance, malfaisance

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Jovenel entouré des membres de la mission zobop OEA en Haïti. De gauche à droite : Gonzalo Koncke, chef de cabinet du secrétaire général de l’OEA Luis Almagro, l’ambassadeur des Etats-Unis au Conseil permanent de l'OEA Carlos Trujillo, Jovenel Moise et le ministre haïtien des Affaires étrangères Bocchit Edmond

Voilà déjà plusieurs mois depuis que les masses haïtiennes bafouées, révoltées, manifestent leur mécontentement, leur ras-le-bol et même leur colère en se rendant compte comment les autorités tant de l’exécutif que du législatif n’accordent que mépris assorti de répression à leurs justes revendications. Ce fut particulièrement évident durant les émeutes des 6, 7 et 8 juillet 2018 à caractère quasi insurrectionnel. Celles-ci avaient éclaté dans plusieurs villes du pays, suite à la décision du gouvernement MOÏSE/LAFONTANT, d’augmenter de façon très substantielle les prix des produits pétroliers.

Le rejet de Jovenel, de ses deux premiers ministres et de son cabinet ministériel, tous perçus comme des incapables et des corrompus sourds à la misère chloroxante des masses, a été total, unissant toutes les couches sociales, à l’exception bien entendu de la microminorité PHTKiste. Assiégé de toutes parts, ne gouvernant plus, tous les secteurs refusant de s’asseoir avec lui, Jovenel l’incapable, Jovenel le rejeté (par la nation), Jovenel le misérable s’en est vilement remis à l’OEA.

Il est de la nature même de ces restavèk , de ces sousoutards de faire appel à des laquais du maître de leur queue

Cette institution surnommée « ministère des Colonies des ÉtatsUnis » a alors vite diligenté au pays une délégation dirigée par l’ambassadeur des États-Unis auprès de leur « ministère», Carlos Trujillo, celui-là qui préside le Conseil permanent de l’organisation hémisphérique. La visite chanpwèl de l’OEA a été formellement et ignominieusement sollicitée par le titulaire démissionnaire du ministère haïtien des Affaires étrangères, Bocchit Edmond, dans une lettre en date du 14 juin 2019, adressée à Trujillo. Cette sollicitation en elle-même est déjà une preuve du statut d’accroupi du ministre « Boulshit », d’une préférence à se faire punaise indignement aplatie devant les valets de l’impérialisme.

Il est de la nature même de ces restavèk , de ces sousoutards de faire appel à des laquais du maître de leur queue, soit pour régler un différend intérieur entre nationaux, soit pour donner une couverture de légitimité (sic), voire même de moralité (resic) à leurs dezòd, à leurs simagrées, à leurs impostures, à leur malpwòprete politique. Signalons, à titre d’exemple, la fraude électorale du 28 novembre 2011. En effet, le CEP de Pierre-Louis Opont avait accepté, au bénéfice de Martelly, le recompte des votes par une délégation OEAte.

Sir Ronald Sanders, ambassadeur d’Antigua-et-Barbuda à Washington et à l’Organisation des États Américains. Il est sans doute chauve, mais il ne donne pas de piyay au coiffeur impérialiste-néocolonialiste.

Celle-ci avait gwoponyettement modifié le pourcentage des votes initialement accordés aux candidats Mirlande Manigat (31.37%), Jude Célestin (21.48%) et Michel Joseph Martelly (21.84 %), les faisant passer frauduleusement à 22.2 % pour Martelly, 21.9% pour Célestin et 31.6 % pour Mme Manigat. Cette malfrate escroquerie mettait alors Célestin en troisième position, l’éliminant de facto d’un second tour. On sait la fin de la salissure couverte par la fèzèz, la rizèz, l’odasyèz, la magouyèz, la malfektèz Hillary Clinton.

Nous disons qu’il y a eu arrogance, outrecuidance, impudence de la part de cette infâme délégation du « ministère des Colonies des EtatsUnis ». En effet, selon sir Ronald Sanders, ambassadeur d’Antigua-et-Barbuda à Washington et à l’Organisation des États Américains (OEA), elle a voyagé en Haïti, pays en proie à des troubles, « sans aucune discussion [réglementaire] ni mandat de la part du Conseil permanent, l’organe responsable de l’élaboration et du contrôle de la politique entre les Assemblées générales ». N’est-ce pas là la preuve la plus évidente de la magouillance, de l’effrontance, du sans-gênance, du sans-wontance, de l’insolence de ces fifres, sous-fifres, ti soufri grassement payés pour leur basse sous-fritude ? Mais ce n’est pas tout, il y a même du plus et du mwens. Sir Sanders continue le déshabillement moral de Trujillo et d’Almagro en ces termes : « au lieu de prendre des mesures sous l’autorité du Conseil permanent, après délibération et décision, la visite d’une délégation en Haïti semble s’être déroulée entre l’ambassadeur des États-Unis, Carlos Trujillo, et le Secrétaire général, Luis Almagro, en réponse à une lettre d’invitation du gouvernement d’Haïti qui, de manière très inhabituelle, n’a pas été distribuée aux États membres de l’OEA, comme c’est la norme. La lettre haïtienne datée du 14 juin, selon le journal Miami Herald, n’a toujours pas été distribuée aux membres des États de l’OEA jusqu’à la date de rédaction de cet article [21 juin] ». Du vagabondage, de la vagabonderie, de la vagabontude, purement et simplement.

c’est une fake délégation qui est venue en Haïti.

Le misérabilisme moral, la décrépitude, la perversion des Trujillo et Almagro vendus aux perfidies de l’impérialisme est davantage mis en relief quand Sir Sanders s’empresse d’ajouter : « Il est très peu probable que, n’ayant pas été discuté, autorisé ou mandaté la délégation en Haïti et n’ayant jamais pris connaissance de la lettre haïtienne, l’ensemble du Conseil permanent de l’OEA puisse l’accepter, d’autant plus que, selon les médias, l’OEA a été vilipendé par des manifestants ». Apa li papa ! N’est-ce pas lui, papa ? En d’autres termes, c’est une fake délégation qui est venue en Haïti.

L’OEA ne s’attendait sans doute pas à ce lourd uppercut que Sir Sanders allait lancer au flanc de la bande à Trujillo et Almagro, raciste, impérialiste, alibabaiste, dappiyanpiste , néocolonialiste, mais le voici : « Haïti a été appauvrie et est restée dominée par des occupants étrangers, pendant la plus grande partie de son existence depuis sa révolution de 1804, visant à libérer son peuple de l’esclavage. Par conséquent, la méfiance de ses citoyens vis-à-vis de l’intervention étrangère, surtout quand ils estiment que le but poursuivi n’est pas dans leur intérêt général, est compréhensible et doit toujours être prise en compte. »

Et comme une péroraison à sa courageuse intervention dénonciatrice de la malfaisance carabinée des restavèk Almagro et Trujillo, Sir Sanders a laissé parler la vérité, le bon sens humaniste, la décence dans les relations interhumaines: « Nous avons une grande dette envers le peuple haïtien pour sa lutte historique qui a mis fin à l’esclavage dans son propre pays et a ouvert la voie à la fin de l’esclavage dans toutes les Amériques, d’autant plus qu’il a continué à en payer le prix pendant presque deux cents ans. »

Dans un final et suprême effort d’amener les durs de l’OEA, serviteurs zélés et aveugles du Belzébuth washingtonien, à un minimum d’humanité, Sir Sanders les invite à « ne pas s’attaquer à la situation en Haïti de manière improvisée, mais en utilisant leur capacité de convocation, en association avec des représentants légitimes de la communauté haïtienne, pour réunir les institutions de la communauté internationale dans le cadre de la mise en œuvre d’un programme global de réforme et de transformation du pays dans tous les aspects de la gouvernance de ses systèmes politique, social et économique ». Ni sorcier, ni révolutionnaire. Mais tout juste un minimum de convivialité entre nations, de justice sociale, de décence humaine, comme il en existe dans les pays qui se disent démocratiques.

Le comble de l’insolence de ces énergumènes, c’est le fait d’être resté en Haïti seulement pendant quelques heures, oui, vous avez bien lu, quelques heures, pour s’enquérir de la grave crise multidimensionnelle qui secoue le pays que ne peut plus gouverner Jovenel tant il est indésirable et rejeté par tous les secteurs de la nation. Il a manifestement semblé que la résolution de la multidimensionnalité de la crise politique en Haïti ne les concernait guère. Ils étaient seulement venus passer des ordres : Jovenel est notre son of the bitch, notre fils de pute, à vous de le remplacer par des élections. Point barre. Ne barrer aucun vakabon ! C’est à se demander où étaient ces moralisateurs, ces électionneurs de l’OEA en 2003-2004…

Le président Jovenel doit se le rappeler : tant va la cruche à l’eau qu’elle se casse.

Le comble de l’arrogance, de l’indécence et de la malfaisance, selon certains médias rompus aux pratiques fouyapottes, c’est que ces envoyés du Mal absolu sont venus en Haïti aux frais du trésor public, aux frais de la princesse Toutkòm Dous. Les Trujillo, les Almagro, les Bolobolo et autres tèt kokolo n’ont eu aucune honte à laisser leurs hôtes dépouiller la caisse de l’État déjà prise d’assaut par les PHTKistes, ministres et parlementaires réunis, pour pourvoir aux frais de leur déplacement et séjour en Haïti, pour se régaler de bonne chair et de bon vin importé, fût-ce même pendant quelques heures. Goinfres ! Mal appris !

Finalement, on ne peut s’empêcher de penser que Trujillo, Almagro et leurs infernaux tuteurs washingtoniens puent le racisme à cent lieues à la ronde, contre le peuple haïtien. D’autres l’ayant déjà fait, nous ne nous attarderons pas à reprendre la longue liste de présidents et anciens présidents corrompus, délinquants, qui, en Amérique latine, ont été fouqués, emprisonnés, destitués, extradés, démis, à la satisfaction de leurs concitoyens. Pourquoi Jovenel ne subirait-il pas les conséquences de ses forfaitures agritransiennes à la plus grande satisfaction du peuple haïtien? Les firmes du président, Agritrans et Cophener SA, n’avaient-elles pas reçu des sommes exorbitantes pour des travaux dont on ne voit pas jusqu’à nos jours les résultats clairement ? Kote kòb Petrocaribe a ? Où est le kòb de PetroCaribe ?

Nous affirmons que le peuple haïtien est tragiquement victime des retombées néfastes du détournement criminel des fonds PetroCaribe, que les malfrats du PHTK ont fait le sale coup, que la bourgeoisie a certainement laissé faire. Nous ne voudrions certainement pas recommander au président Jovenel de se suicider comme l’avait fait l’ancien président péruvien, Alan García, alors que la police venait l’arrêter pour corruption. Nous ne lui souhaitons pas non plus une poussée hypertensive, comme ça a été le cas pour l’ex-président péruvien Pedro Pablo Kuczynski quelques jours seulement après son arrestation pour vagabondage financier.

Le président Jovenel doit se le rappeler : tant va la cruche à l’eau qu’elle se casse. Oui, elle finit par se casser. Tant le président Jovenel s’obstinera à rester sourd à la colère populaire exprimée au cours de manifestations continues que celles-ci vont finir par éclater en une grande poussée vilbrunguillaumesamante. Et la garde qui veille aux barrières de Pèlerin 5 ou des ruines du palais national pourrait ne pas être en mesure d’en défendre le roi Point Barre.

Je n’en dirai pas plus, Antoine dans les Gommiers m’ayant demandé d’être discret là-dessus.

22 juin 2019

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