Alternative politique: Manifeste pour une transition de rupture

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Hugues Célestin, l’ex député de Quartier Morin Limonade.

Le 8 octobre dernier ramenait le 200ème anniversaire de la mort tragique du roi Henry Christophe. L’on se souvient de cet incident funeste survenu pendant que le roi assistait à une cérémonie religieuse à l’église de Limonade le 8 octobre 1820. Cependant, d’habitude, l’on n’accorde pas suffisamment d’importance à cette date, qui, en principe devrait marquer à l’encre forte notre l’histoire de peuple.

C’est dans ce contexte que 35 partis et regroupements de partis qui se réclament de l’opposition ont pris la résolution de sortir des sentiers battus. Profitant de la commémoration du bicentenaire de la mort du roi Henry, les partis suscités en ont profité pour dévoiler leur document présenté sous le label « Manifeste pour une Transition de Rupture». Cette démarche qui se veut être scientifique tout en étant réaliste prend en compte tous les éléments sociopolitiques, économiques et culturels à mettre en place pour un système qui s’emploie à un développement endogène au bénéfice des opprimés multiséculaires.

35 partis et regroupements de partis ont profité pour dévoiler leur document présenté sous le label « Manifeste pour une Transition de Rupture».

L’ancien ministre Joanas Gué, l’ancien sénateur Kelly C. Bastien, René Civil, l’économiste Fritz Jean, ancien gouverneur de la BRH, l’ex député de Quartier Morin Limonade Hugues Célestin, le secrétaire général du PLB, l’ingénieur Anes Lubin et tant d’autres étaient du nombre des figures de proue qui ont été chargés de porter le Manifeste sur les fonts baptismaux. Il a été fait savoir pour ouvrir les assises que le pays semble être sur le point de disparaître comme c’était le cas de plusieurs civilisations passées si rien n’est fait pour renforcer les institutions et placer des dirigeants capables à leur tête. Il a aussi plaidé pour une redéfinition du modèle de gouvernance.

Le Secrétaire Général du Pati Louvri Baryè (PLB), était chargé de faire la mise en contexte. C’est ainsi que l’ingénieur Anès Lubin voulant être réaliste quant au départ du pouvoir de l’actuel chef d’Etat au terme de son quinquennat le 7 février 2021. En conséquence le panéliste ne s’est pas montré naïf quant aux mesures fortes qu’il faudrait envisager d’adopter au cas où l’on veut effectivement contraindre le président Jovenel Moïse à prendre la porte de la sortie avant de rejoindre les cellules de la prison en attendant son jugement.

« C’est à l’opposition consciente de la gravité de la situation de se regrouper en créant une véritable force incontournable capable de proposer un départ ordonné au chef de l’État. Sauf un accord politique réaliste et inclusif résultant des pourparlers entre les forces vives de la nation devra faciliter cette Transition de Rupture », a-t-il fait savoir. Le Secrétaire Général du PLB a poursuivi pour exhorter les acteurs politiques à signer le divorce définitivement avec cette éternelle transition.

Les éléments du Manifeste

L’un des éléments majeurs du manifeste, consiste à refonder les bases de l’État, d’engager le développement du pays par la bonne gouvernance. Il est décliné en plusieurs réalisations comme la fourniture des services de base (eau, santé, électricité, éducation…) à la population. Relance de la production agricole, sécurisation du pays en luttant activement contre le regroupement de gangs armés G-9 et les autres groupes armés, renforcement et dynamisation des rapports avec la CARICOM, lutte contre la corruption et l’impunité et redéfinition des rapports entre l’État et le secteur privé pour freiner la contrebande et élargir l’assiette fiscale.

« Les crises multiples et l’instabilité politique chronique auxquelles fait face le pays, doivent nous orienter vers un changement de système politique pour mettre fin aux sempiternels gouvernements provisoires. Aujourd’hui encore, nous sommes confrontés à une carence de documents cadres sur le modèle de transition rêvé. C’est pourquoi nous avons pris l’initiative de rédiger ce manifeste. La transition de rupture doit pouvoir changer la Constitution, réaliser la conférence nationale souveraine, engager le procès Petro Caribe, sécuriser le pays et redynamiser l’économie », a indiqué pour sa part, l’ancien député Hugues Célestin qui a présenté le document.

l’ensemble des partis et regroupements de l’opposition doivent penser à mettre en place « d’une dernière transition », chacun en ce qui le concerne.

Toutefois l’ensemble des partis et regroupements de l’opposition doivent penser à mettre en place « d’une dernière transition », chacun en ce qui le concerne. Mais, ce manifeste n’a pensé à établir aucune échéance pour dégager ce large consensus à travers la « Coordination Nationale de Transition ». C’est avant tout un passage vers une autre forme de gouvernance, l’implication active d’une masse critique d’acteurs dans la création de richesses, et la redéfinition des relations entre l’Etat et le reste de la société. Ceci oblige un changement de nature du système, par la mise en œuvre d’un processus de transformations systémiques à caractère multidimensionnel affectant, à la fois, les sphères économique, sociale et politique pour l’émergence de nouvelles institutions que les populations s’approprieront. Haïti doit obligatoirement se réinventer en profondeur.

 

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