Une offensive pour la forme !

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Qui aurait pu penser que le régime en place fait de corrompus et de hors-la-loi aurait encore pu rester au pouvoir et s’achemine sans doute vers une nouvelle phase, dont le point de départ a été lancé par Gary Bodeau, le président de la chambre des députés ? Il serait question  de ce que Jovenel Moise nomme un nouveau Premier ministre, signifiant par là un nouveau cabinet ministériel consensuel.

On peut s’attendre à tout dans le pays où se livre un combat féroce entre le pouvoir, les représentants de l’opposition traditionnelle, l’immense majorité des partis ou organisations politiques qui sont étroitement liés et soumis à l’influence sinon à la domination des puissances tutrices et les volcans de la colère populaire qui grondent puisque la misère prend des proportions de plus en plus alarmantes.

Le gouvernement dispose d’une marge de manœuvre antipopulaire mais non négligeable, puisque, malgré qu’il soit acculé, le dos au mur, il occupe encore une place prépondérante. Rien n’indique que son pouvoir soit totalement ébranlé et que les rapports de force ne soient pas en sa faveur. La proposition des quatre sénateurs de l’opposition n’étant pas tout à fait crédible à cause de ses limites, elle a alors émergé la présence sur la scène d’autres propositions et surtout celles des petrochallengers qui remettent totalement en question les visées du « quatuor » qui ressemblent plutôt à une offensive dilatoire sans aucune substance populaire ni organisationnelle et qui a fourni un précieux ballon d’oxygène au pouvoir capable de lui permettre de se régénérer.

Il est clair, l’opposition n’a pas les moyens de sa lutte sans le peuple, mais pourquoi, diantre, a-t-elle  alors choisi de faire semblant jusqu’à pousser les forces de mobilisation populaire à recourir à leur propre version pour se démarquer d’elle ? La réponse, c’est qu’il n’y a aucun lien solide entre les masses en souffrance et ces cadres de la petite bourgeoisie. Il ne fait aucun doute que celle-ci préparait un coup monté contre les Petro-Challengeurs qui ont offert des propositions plus militantes, plus proches des aspirations des masses.

Un bref rappel de la position de ces politiciens traditionnels, agents sournois de l’impérialisme pour étouffer la volonté de la lutte du peuple au lendemain de la révolte du 6, 7 et 8 juillet de l’année dernière n’est assurément pas inutile pour rafraichir les mémoires quant à la mentalité de cette classe moyenne portée à prendre partie en faveur de leur allié de classe à l’encontre des actions revendicatives des masses exploitées et laissées pour compte : elle a préféré condamner  ce qu’elle appelle injustement « violence populaire ».

Ne sommes nous pas en face d’un gigantesque marché de dupes ? Combien de temps encore ce régime discrédité, avili, vomi par la criée publique va-t-il se maintenir alors que la grève des employés de l’Etat plutôt que de s’essouffler s’étend davantage. Mais quand et comment tout ça finira-t-il ?

Il ne sera pas donné en cadeau ni par des offensives de lutte pour la galerie. Il nous faut combattre tous ceux qui vendent tout ou partie du pays, tous ceux qui se font complices des puissances impérialistes par leur silence. Ils ne sont que des obstacles mis en œuvre pour briser toute velléité de changement et de solidarité de classe chez le peuple.

Washington observe avec intérêt l’évolution de ce processus qui jusqu’à présent ne met pas en péril ses acquis lucratifs, et son régime n’est pas en fin de course, même quand  rien ne fonctionne correctement. N’attendez pas à ce qu’il vienne déboulonner ou kidnapper ses alliés pour  faire plaisir au peuple. Au contraire, selon eux le pays allait mieux avec Martelly et aujourd’hui avec Jovenel tout va bien, il n’y a rien de quoi se plaindre !

Comme chaque haïtien conséquent le sait, le malheur haïtien fait le bonheur de ses ennemis. Nous avons besoin d’une force politique susceptible de résister activement à toute sorte d’attaques, de sabotages et d’agressions, une force capable d’organiser les masses, en particulier d’orienter les ouvriers et les paysans, leur permettant d’aborder la lutte avec objectivité et efficacité.

Le pays est un malade qui régresse peu à peu. Nul doute le peuple haïtien si courageux et si tenace dans sa lutte pour le changement  saura bientôt trouver des réponses appropriés aux défis qu’il doit relever.

Vive la lutte du peuple haïtien!

 

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