
Face à une série de manifestations organisées par les syndicats — déclenchées par une hausse des prix du carburant, elle-même imputable à l’augmentation du coût des produits pétroliers, laquelle a des répercussions directes sur toutes les dépenses quotidiennes des ménages — les travailleurs à travers le pays réclament sans relâche une augmentation du salaire minimum. En conséquence, un mouvement de protestation a été lancé le lundi 13 avril afin de faire pression sur le gouvernement.
Au cours des manifestations qui se sont déroulées les lundi 13, mardi 14 et mercredi 15 avril 2026, les syndicats ont proposé un montant de 3 000 gourdes pour le salaire minimum.
Les travailleurs sont descendus massivement dans la rue à Port-au-Prince, Caracol et Ouanaminthe (département du Nord-Est) pour exiger cette augmentation. Il importe de noter qu’avant la hausse des prix du carburant, les travailleurs réclamaient 2 500 gourdes ; c’est la flambée des coûts du carburant qui les a contraints à porter leur revendication à 3 000 gourdes, au lieu des 2 500 initialement demandées.

Outre les augmentations salariales, les syndicats appellent à la mise en place de mesures de soutien social pour les travailleurs dans des domaines tels que le logement, l’éducation, les transports et les biens de consommation, afin de les aider à faire face à la crise actuelle. Par ailleurs, ils exigent des mesures sociales concrètes, des réformes au sein de l’Office national d’assurance-vieillesse (ONA) et de l’Office d’assurance accidents du travail, maladie et maternité (OFATMA), ainsi qu’une réduction des prix du carburant. Plusieurs centaines de travailleurs de la SONAPI ont manifesté lors de la dernière journée de mobilisation, le long de la Route de l’Aéroport, pour dénoncer la hausse des prix des produits pétroliers et exiger que le salaire minimum soit ajusté à 3 000 gourdes.
Un gallon d’essence coûte 850 gourdes haïtiennes (6,49 $), alors que les travailleurs ne gagnent que 685 gourdes (5,23 $). En effet, le Centre national des ouvriers haïtiens (CNOHA) — par la voix de son coordonnateur général, Dominique St-Éloi — explique que le salaire minimum proposé de 3 000,00 gourdes représenterait une somme dérisoire (sur la base des taux de change actuels) : 1 dollar américain = 135,00 gourdes ; 1 euro = 155,00 gourdes ; 1 dollar canadien = 96,00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2,40 gourdes.
Depuis 2022, le Conseil supérieur des salaires a accordé une augmentation salariale significative aux travailleurs. Toutefois, selon la législation haïtienne, une révision des salaires doit être envisagée dès lors que l’indice officiel des prix — établi par l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI) — enregistre une hausse d’au moins 10 % au cours d’un exercice fiscal. Or, l’inflation oscille actuellement entre 30 % et 40 %. Malgré cela, aucune information n’a été communiquée aux travailleurs, alors même que le coût de la vie dans le pays continue d’augmenter.

Cela signifie que, lorsqu’il s’agit d’exploiter les travailleurs, l’État haïtien n’a ni respecté ni fait respecter ses propres lois. Par conséquent, les travailleurs ne doivent pas cesser leur mobilisation ; ils doivent continuer d’exiger ces 3 000 gourdes. De plus, la flambée des prix du carburant a également doublé les coûts de transport, contraignant des millions de personnes démunies, au chômage et déjà sous-alimentées à réduire encore davantage leurs repas. Dans un pays où — selon l’ONU — 5,7 millions d’Haïtiens souffrent déjà d’une insécurité alimentaire aiguë, la situation est dramatique.
Dans ce contexte, le statu quo doit être renversé : le pays ne peut continuer sur cette voie, où une minorité vit dans le luxe tandis que la majorité endure une pauvreté abjecte. Le départ du « régime transitoire permanent » constitue une nécessité absolue pour la renaissance de la nation — indispensable pour permettre à la vie de reprendre son cours ; une vie qui semble être morte, ou avoir été assassinée, aux côtés du dernier président constitutionnel, Jovenel Moïse.
Le Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, n’apportera aucune solution servant les intérêts du pays — et encore moins ceux de la population. Sa seule force, en réalité, réside dans la signature de contrats avec des entreprises étrangères, confiant ainsi les deniers publics à une multitude de mercenaires étrangers — parmi lesquels Erik Prince. Ce Premier ministre illégitime a signé des contrats s’étendant sur plus de cinquante ans ; qui lui a conféré une telle autorité ? Il n’investit pas dans les masses, mais dans des cabinets de lobbying chargés d’assurer son maintien au pouvoir — le tout sans qu’aucune élection n’ait jamais été organisée.
Les discussions tenues entre les syndicats et le Conseil supérieur des salaires (CSS) — conjointement avec le ministère des Affaires sociales et du Travail, dirigé par Marc-Élie Nelson — n’ont, jusqu’à présent, permis d’obtenir aucune réponse satisfaisante aux revendications des travailleurs. Ces derniers n’ont d’autre choix que de reprendre leur campagne de mobilisation et de grèves afin de contraindre le gouvernement et les employeurs.








