Transition en Haïti, un dossier politique pour la Caricom (3)

(3e partie)

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Les Eminentes Personnalités de la CARICOM estimaient avoir tout tenté et avoir consenti des efforts considérables au cours de leurs différents séjours dans la capitale haïtienne pour faciliter un consensus entre tous les acteurs impliqués.

Alors que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a enfin prêté serment le jeudi 25 avril 2024 dans les conditions que l’on sait, les Haïtiens, notamment les observateurs politiques, attendent la suite des évènements dans les jours à venir pour se faire une idée. En attendant, nous bouclons la série sur l’apport de la CARICOM à l’avènement de cette nouvelle autorité politique en Haïti. Comme nous l’avons dit dans la deuxième partie de cette chronique, la principale branche des oppositions (Accord de Montana) avait abandonné la table des pourparlers.

Les autres partis et coalitions de l’opposition n’ont pas pu rallier les Éminentes Personnalités sur leur position ni convaincre l’ex-Premier ministre et ses partisans à adoucir leur position. En effet, si l’Accord du 21 décembre avait accueilli à bras ouverts la proposition selon laquelle Ariel Henry devait rester en place pour une durée de 18 mois d’après le « Projet cadre de la Transition », les signataires de l’Accord s’opposaient, en revanche, à ce que le Premier ministre perde le contrôle du Conseil de Transition que proposait le même texte.  « Nous avons évoqué notre objection sur la mise en place d’un Conseil de Transition avec des prérogatives présidentielles totales. Il faut limiter les prérogatives du Conseil de Transition. On doit clairement nommer les prérogatives du Conseil de Transition dans l’Accord. L’opposition veut un Conseil de Transition avec toutes les attributions présidentielles sans limite aucune. Avec autant de pouvoir, un bon matin, cette structure pourrait décider de renvoyer le Premier ministre » avait souligné Me André Michel qui était, somme toute, le vrai négociateur pour le pouvoir bien que Ariel Henry ait assisté à toutes les séances pendant cinq jours à l’hôtel Montana sans jamais intervenir réellement. La seule fois qu’il était intervenu, c’était pour dire qu’il y a des décisions qu’il ne pouvait prendre sans aller discuter avec les autres composants du gouvernement et les signataires de l’Accord du 21 décembre, une manœuvre, d’après l’opposition, pour empêcher un Accord.

Lors de ces discussions, l’Accord du 21 décembre avait proposé de modifier profondément ce qu’avait suggéré le document de la CARICOM. « Le Haut Conseil de Transition (HCT) révisé est composé des trois membres actuels et de deux autres désignés par l’opposition. Les attributions exécutives du HCT décrites comme suit : contresigner, via sa Présidente ou son Président avec les membres du gouvernement les arrêtés et décrets, et l’ordre du jour du Conseil des ministres ; sélectionner les 9 membres du  Conseil Électoral Provisoire  (CEP) sur une liste de 20 membres proposés par le Premier Ministre; co-présider le Conseil National de Sécurité. Définir et établir avec le Premier ministre, en mettant l’accent sur l’inclusion, un Gouvernement d’union nationale à partir d’une liste de personnalités choisies sur la base de critères de compétence, d’intégrité et de tolérance et qui prend en compte la parité hommes-femmes » avançaient les signataires dudit Accord.

Le camp du pouvoir marchait, en fait, sur du velours dans la mesure où le camp de l’opposition était loin de parler d’une seule voix. Il suffit de suivre le processus très laborieux de la formation du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) pour comprendre la méfiance chez les acteurs des oppositions. L’on peut même parler de division au sein de cette nébuleuse opposition lors de ces pourparlers devant les émissaires. Alors que certains, comme nous l’avions déjà écrit, n’avaient aucun problème à ce que Ariel Henry demeure au pouvoir à condition qu’il accepte d’élargir le HCT et lui attribue un certain pouvoir présidentiel, pour d’autres c’était tout le contraire. Ils souhaitaient un départ pur et simple du chef de la Transition. Un double positionnement qui n’avait point facilité les démarches des émissaires pendant que les partis proches du pouvoir, de leur côté, voulaient non seulement garder Ariel Henry comme chef unique de la Transition, mais ils escomptaient aussi conserver l’essentiel des prérogatives du pouvoir Exécutif.

Cristobal Dupouy, Représentant spécial en Haïti du Secrétaire général de l’OEA

Une situation de blocage qui avait poussé les Eminentes Personnalités à mettre fin à leur mission le mercredi 13 décembre 2023 sans arriver, une fois encore, à obtenir le moindre compromis de la part des antagonistes. Elles ont quitté le pays le jeudi 14 décembre 2023 comme prévu, pas avant d’avoir pris soin de donner un cours d’histoire d’Haïti aux acteurs sociopolitiques haïtiens. Un comble ! C’est le quotidien Le Nouvelliste, dans son édition du 13 décembre 2023, qui avait rapporté l’information d’après la déclaration d’un des participants aux discussions « Pour mettre fin à leur quatrième mission en Haïti, les Émissaires de la Caricom nous ont fait un véritable cours d’histoire d’Haïti. Ils nous ont rappelé le passé glorieux de notre pays. Ils nous ont dit qu’ils ne comptent pas revenir au pays sauf si les acteurs politiques le demanderaient en prouvant leur volonté d’arriver à un accord. »

Ce quatrième voyage en Haïti des émissaires de la Communauté des Caraïbes composé du Dr Kenny D. Anthony (Sainte Lucie), Perry Christie (Bahamas) et Bruce Golding (Jamaïque) était considéré comme l’effort dans le mal par certains, puisque, cette fois-ci, chaque camp avait rejeté l’échec sur ces émissaires qui, pensaient-ils, forcèrent les uns et les autres à signer un document dont ils n’étaient pas demandeurs. Pourtant, en dépit du désespoir des uns et de la mauvaise foi des autres, l’on était loin, très loin de la fin de l’histoire. Et pour cause. La CARICOM, sous l’emprise de Washington, n’avait pas dit son dernier mot malgré ses menaces de ne plus revenir à Port-au-Prince tant que les acteurs n’auraient pas accordé leurs violons dans la crise. Très vite, c’est-à-dire le samedi 6 décembre 2023, à Georgetown, le Président en exercice de la Communauté Caribéenne, Mohamed Irfaan Ali, Président de la République de Guyana, avait convoqué les principaux chefs d’Etat et de gouvernement de la CARICOM pour faire le point sur la situation en Haïti et entendre les envoyés spéciaux en Haïti de cette organisation régionale.

Lors de cette 7eme réunion des principaux dirigeants sur la crise haïtienne, les chefs d’Etat et de gouvernement ont mis l’accent sur le rôle essentiel des ministres des Affaires Etrangères de la CARICOM et disaient compter sur la future Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité en Haïti (MMAS) pour rétablir la paix dans le pays. D’ailleurs, sur la page Facebook et sur le compte X ex-Twitter de la CARICOM, curieusement ils avaient salué et félicité les émissaires pour leur travail effectué en Haïti tout en mettant en avant le rôle de l’un des Etats membres, la Jamaïque, pour son implication à la recherche de solution. Mais, dans le communiqué final, la Communauté des Etats de la Caraïbe se disait tout de même préoccupée par la situation qui prévaut en Haïti. « Les chefs d’État demeurent gravement préoccupés par la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire en Haïti, alors que les crises politiques et sécuritaires persistent avec les terribles conséquences de cette situation sur les plus vulnérables. Ils ont noté que la violence croissante avait entraîné la perte de milliers de vies et contraint des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers.

Les Chefs d’État ont appelé toutes les parties prenantes en Haïti à déployer tous les efforts possibles pour parvenir d’urgence à une résolution politique et à la mise en œuvre d’une feuille de route transitoire vers la stabilité, la facilitation de l’aide humanitaire, la tenue d’élections crédibles, la restauration de la légitimité politique et institutionnelle et le développement à long terme pour le peuple haïtien. La Communauté caribéenne reste déterminée à travailler avec la population et toutes les parties concernées en Haïti en faveur de la Paix et d’un développement durable. La CARICOM attend avec impatience une collaboration et une coordination renforcées des efforts avec les amis d’Haïti et la Communauté internationale dans son ensemble pour soutenir Haïti. » Bref, les dirigeants de la CARICOM, malgré le pessimisme des Eminentes Personnalités, n’étaient pas prêts à lâcher l’affaire, en tout cas, ils n’avaient pas reçu mission de Washington d’abandonner le dossier. La preuve, moins d’un mois plus tard, soit le 5 janvier 2024, une énième rencontre s’était tenue encore à Georgetown, la capitale de la Guyana, sous l’égide du Président Mohamed Irfaan Ali, toujours dans la cadre de faciliter un consensus entre les protagonistes haïtiens.

Toutes les considérations ont été passées en revue mais toujours avec la même préoccupation : restaurer la stabilité politique. Les Eminentes Personnalités de la CARICOM estimaient avoir tout tenté et avoir consenti des efforts considérables au cours de leurs différents séjours dans la capitale haïtienne pour faciliter un consensus entre tous les acteurs impliqués. Le 8 janvier 2024, à la suite de cette réunion relative à la crise haïtienne, le Secrétariat de la CARICOM a émis un Communiqué dans lequel les chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation interrégionale disait œuvrer avec toutes les parties concernées, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, pour la restauration d’un environnement de paix nécessaire au développement d’Haïti. Pendant ce temps, à Port-au-Prince, le Premier ministre Ariel Henry, se croyait indéboulonnable par les oppositions qui s’étaient liguées contre lui en faisant de la date du 7 février 2024 son ultime journée à la Primature.

Sous la pression des américains par le biais de la CARICOM, Ariel Henry faisait semblant de vouloir négocier un Accord avec ses opposants avant la date butoir du 7 février 2024, date à laquelle, selon l’Accord du 21 décembre 2022, il devait quitter le pouvoir. Mais, c’était pour mieux noyer le poisson. Le quotidien Le Nouvelliste en date du 15 janvier 2024, révéla que le locataire de la Villa d’Accueil serait bien en discussion avec certains acteurs en Haïti et au niveau de la Communauté internationale. Selon la source du journal de la rue du Centre, « Il y a une course contre la montre avec les Américains, la CARICOM et Ariel Henry. Ce dernier a eu plusieurs échanges avec diverses personnalités. La Communauté internationale pousse à un Accord estimant qu’Ariel Henry ne fait pas assez de concession. Toutefois, les Américains ne comptent pas le lâcher parce qu’il n’y a pas d’alternative claire pour le remplacer. Ils (les américains) ne veulent pas faire un saut vers l’inconnu. Les Eminentes Personnalités de la CARICOM sont disposées à revenir à Port-au-Prince pour acter un Accord politique. Cependant, elles attendent un signal de la part d’Ariel Henry.

Cela peut survenir incessamment. » Entretemps, les choses s’accélèrent en Haïti et les autorités en place perdent petit à petit tout contrôle sur le pays. Port-au-Prince devient un « no man’s land ». Elle est quadrillée par les gangs qui mettaient en place leur plan politique qui consiste d’une part, au regroupement de toutes leurs structures sous un seul label : « Vivre ensemble » placé sous la présidence de l’ancien policier Jimmy Chérizier alias « Barbecue » et d’autre part, à isoler la capitale du monde extérieur avec la fermeture des ports et aéroports desservant Port-au-Prince. Une stratégie politico-militaire minutieusement bien pensée que certains en Haïti doutent que cela vient du seul talent de stratège de l’ancien membre de l’UDMO de Delmas 6. En tout cas, Ariel Henry était toujours soutenu « officiellement » par la Communauté internationale, voire par Washington qui prétendait qu’on ne remplace pas une « Transition par une Transition ».

C’était aussi la position de l’OEA (Organisation des Etats Américains) qui, lors d’une rencontre qui s’est tenue mi-janvier 2024 en France, à Paris, au très chic Pavillon d’Armenonville dans le XVIe arrondissement sur la crise haïtienne à l’initiative de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), disait, à travers son Représentant en Haïti, Cristobal Dupouy, tout le mal que son organisation pense de ceux qui voulaient renverser l’occupant de la Primature quitte à être en contradiction avec lui-même sur l’aggravation de la situation sociopolitique du pays. En effet, invité par la Secrétaire générale de l’OIF, Mme Louise Mushikiwabo, à intervenir le jeudi 18 janvier 2024 à la 4e réunion du Comité ad hoc consultative sur la situation en Haïti, Cristobal Dupouy, Représentant spécial en Haïti du Secrétaire général de l’OEA, avait dépeint un tableau sombre d’une Haïti en péril qui était sur le point de sombrer dans le chaos, tout en excluant, néanmoins, toute nouvelle Transition susceptible de remplacer celle conduite par le Premier ministre Ariel Henry. Tout d’abord, il avait commencé par dire que « Nous ne pouvons pas promouvoir des Transitions prolongées en tant qu’outil démocratique en soi.

Au contraire, elles sont fondamentalement antidémocratiques. 35 ans et douze Transitions soulignent la compétence de ceux qui, tout en défendant la démocratie, la veulent à leur guise. C’est-à-dire sans la présence du principal intéressé, le peuple et les citoyens d’Haïti. Je pense que nous souhaitons tous une sorte d’Accord national, non pas tant pour une Transition prolongée, une Transition dans la Transition même pour le renouveau démocratique d’Haïti et le retour à l’ordre constitutionnel. » En clair, Cristobal Dupouy aurait été d’accord pour que Ariel Henry poursuive son petit bonhomme de chemin à la tête du pays même s’il n’avait ni titre ni qualité ni légitimité et pire même s’il n’avait rien entrepris pour relever les défis auxquels il était confronté depuis les trois années qu’il tenait les rênes du pouvoir. Une contradiction flagrante ou la mauvaise foi du Représentant spécial du Secrétaire général de l’OEA, dans la mesure où, dans sa brillante intervention au Pavillon d’Armenonville, il reconnaissait lui-même l’état déplorable dans lequel vivotait le pays, l’Etat dans sa conception en tant qu’entité commune. Cristobal Dupouy, avait déclaré en effet, que « Haïti s’est fortement détérioré depuis l’assassinat de Jovenel Moise, la prévalence des gangs dans la capitale s’est accélérée et s’est quelque peu étendue aux provinces.

La faiblesse de la Police nationale d’Haïti (PNH) est aussi palpable aujourd’hui qu’elle ne l’a jamais été, la majorité des indicateurs économiques sont dans le rouge, de nombreuses institutions de l’État fonctionnent mal, la situation humanitaire est confrontée à une issue désastreuse et toute perspective de changement de cap est loin, très loin de là où nous en sommes aujourd’hui. Le déclin d’Haïti est en préparation depuis des mois, voire des années, peut-être même des décennies, mais l’accélération avec laquelle les événements ont suivi, on pourrait présumer que le déclin a été lent au début, puis il est devenu tout à fait progressif et que subitement cela est devenu d’un seul coup. Cette crise est la plus profonde que connait le pays depuis 1987 ». Signalons que cette rencontre à propos d’Haïti avait mobilisé beaucoup de monde et d’institutions, notamment, l’ONU, l’Union africaine, la CARICOM, l’OEA et certains Etats à titre individuel : tels la France, le Bénin, le Canada, les Etats-Unis, le Japon, le Brésil, etc.

L’ancien policier Jimmy Chérizier alias « Barbecue »

Tandis que, en Haïti, les sons de cloche étaient à une toute autre échelle. Avec les Etats-Unis qui annonçaient des supposées discussions entre Ariel Henry et l’opposition, mais avec des déclarations laissant croire qu’il n’y aurait pas de Transition après Ariel Henry, des propos relayés par une partie de la Communauté internationale, la tension montait d’un cran sur le terrain à Port-au-Prince. Dès 18 janvier 2024, certains partis et regroupements politiques montaient au créneau pour dénoncer ce qu’ils avaient qualifié de provocation et de manipulation de la part des alliés du Premier ministre en Haïti et de ses soutiens à l’international.

C’est le Collectif du 30 janvier qui, le premier, par une note de presse rendue publique le jeudi 18 janvier 2024, avait porté un démenti formel sur des supposées négociations qui seraient en cours avec le Premier ministre Ariel Henry. Pour ce regroupement de partis, c’était une campagne malsaine de propagande orchestrée à dessein pour détourner l’attention de l’opinion publique nationale et internationale.  « Le Premier ministre de fait Ariel Henry, par mauvaise foi et cynisme, a délibérément boycotté les négociations pour une sortie de crise menées en novembre 2023 avec les bons offices du Groupe des Éminentes Personnalités de la CARICOM. Le Collectif du 30 janvier dénonce vertement cette manœuvre qui voudrait faire croire que des discussions sérieuses initiées avec des partis d’opposition seraient sur le point de déboucher sur une quelconque entente. Personne n’est dupe. Le Collectif n’a eu sous aucune forme des discussions ou négociations avec le Premier ministre Ariel Henry dans la perspective d’une sortie de crise à la veille du 7 février 2024 » laissait entendre le groupe conduit par Liné Balthazar qui compte dans son rang : GREH, LAPEH, MOPOD, OPL, PITIT DESSALINES, PHTK, UNIR.

Signalons tout de même que toutes ces organisations politiques font partie aujourd’hui du très poussif consensus qui a abouti à la création du Conseil Présidentiel de Transition de 9 membres, dont 7 ayant le droit de vote et 2 avec le statut d’observateur et que la population et les observateurs attendent avec curiosité les premiers pas après son installation. Pendant que d’un côté les partis politiques prenaient le contre-pied des soi-disant négociations avec le pouvoir, de l’autre, la violence des groupes armés passait à un niveau supérieur. Les hommes de Jeantel Joseph, ancien Directeur général de l’ANAP (Agence Nationale des Aires Protégées) qui dirigeait les agents de la BSAP (Brigade de Sécurité des Aires Protégées), en conflit ouvert avec les autorités se rallient à Guy Philippe qui aurait eu des prétentions révolutionnaires et entendait marcher sur la capitale. Alors que la population paralysait le pays. Une situation de chaos total. La confusion était telle que le gouvernement donnait lui-même le signe qu’il était incapable de reprendre la situation en main.

Or, dans ce chaos généralisé, le 26 février 2024, le Premier ministre Ariel Henry partait à l’étranger afin de prendre part à un Sommet sans grande importance de la CARICOM. Ce sera le dernier pour lui en tant qu’officiel haïtien puisque, le 29 février, tôt dans la matinée, les hommes du Mouvement « Vivre ensemble » lançaient un assaut sur la capitale avec, pour ultime revendication : la démission du chef de la Transition, Ariel Henry. Le 11 mars 2024, depuis Porto Rico où il avait été transporté par les autorités américaines qui lui interdisaient de rentrer en Haïti après un détour en Afrique, à Nairobi au Kenya dans le cadre de son plan de Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité en Haïti (MMAS), il jetait l’éponge.

Une démission forcée qui allait donner l’opportunité à la CARICOM de reprendre la main à la demande de Washington. D’où son omniprésence depuis la rencontre de Kingston le 11 mars et l’Accord qu’il a su et pu imposer aux acteurs haïtiens qui devait conduire au processus de mise en place d’un Conseil Présidentiel de Transition (CPT) de neuf membres composés de :  Louis Gérald Gilles, Edgard Leblanc Fils, Laurent Saint-Cyr, Fritz Alphons Jean, Smith Augustin, Leslie Voltaire, Emmanuel Vertilaire, Régine Abraham et Frinel Joseph, et la nomination  prochainement d’un nouveau chef de gouvernement afin d’entamer la deuxième phase de la Transition post-Jovenel Moïse. Mais, avant d’en arriver là, la route a été sinueuse, tortueuse, et parsemée d’embouches. Un parcours de combattants sur lequel nous vous proposons de revenir en détail.

(Fin)

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