TPS: Trump érige aussi un mur administratif (10)

La fin de la moralité?

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Un rassemblement nazi de 1939 remplit le Madison Square Garden à New York. Fritz Julius Kuhn, dirigeant du German American Bund, une organisation pro-nazie, a prononcé un discours rempli de slogans anti-sémites et pro-chrétiens-blancs. En ces temps de Trump, ceci pourrait facilement se reproduire en substituant anti-sémites par anti-musulmans.

(10ème et dernière partie)

UN PRÉSIDENT CRIMINEL

Selon un sondage de ces 1-4 mars, 64% des Américains estiment que Trump avait une activité criminelle avant d’arriver à la présidence et 45% pensent qu’il continue à ce jour. C’est sans précédent. En son temps, Nixon avait dit: “Je ne suis pas un escroc”, et il avait démissionné. Mais celui-ci est toujours là malgré que “les deux tiers de la population sont conscients d’avoir un escroc à la présidence”, s’est étonné ce 6 mars le commentateur politique Mike Barnicle sur la station de TV MSNBC. Cela s’étend à son entourage: Trump vient de nommer comme envoyé spécial pour renverser le président vénézuélien Nicolas Maduro, Elliott Abrams, un criminel condamné pour son rôle dans le fameux scandale Iran-Contra dans les années 1980, agissant comme secrétaire d’état adjoint aux affaires interaméricaines sous Reagan.

Mais cela a pour résultat que Trump se concentre désormais sur son électorat. “Il a abandonné tout espoir de combler les divisions ou de séduire les modérés. Au lieu de cela, il s’agit de transformer sa base avec des avertissements apocalyptiques de frontières ouvertes et de crimes violents”. Soit abrutir encore plus son public pour l’immuniser contre les chocs et les doutes qui ne manqueront pas de venir avec toutes les enquêtes que les Démocrates ont ouvertes sur lui.

Lors d’une interview, ce 13 mars, sur le site d’extrême-droite Breibart, Trump s’est mafieusement vanté d’avoir “le soutien de la police, le soutien de l’armée, le soutien des ‘Motocyclistes pour Trump’. J’ai les durs, mais ils ne jouent pas aux durs jusqu’à ce qu’ils atteignent un certain point, et alors ce pourrait être très mauvais, très mauvais”. Deux jours plus tard, de l’autre côté du globe, un nativiste passait, lui, à l’action, tuant 50 fidèles dans deux mosquées de la bien nommée ville de Christchurch, louant Trump comme “symbole d’identité blanche et d’objectif commun”. La Nouvelle-Zélande est composée aux trois-quarts de descendants de colons anglais, irlandais et australiens, résultat de la politique de l’“Australie blanche” en vigueur également en Nouvelle-Zélande pendant plus d’un siècle jusqu’en 1973 qui privilégiait l’émigration européenne blanche.

64% des Américains estiment que Trump avait une activité criminelle avant d’arriver à la présidence et 45% pensent qu’il continue à ce jour

“Lorsque la civilité s’effondre, les puissants en profitent”, dit le journaliste Shane Ryan en rapportant comment Stephen Miller et Kirstjen Nielsen – les deux plus hauts officiels anti-immigration – ont chacun choisi, à deux jours d’intervalle, d’aller manger dans un restaurant mexicain en pleine controverse sur la séparation des familles émigrantes à la frontière mexicaine. Ils ont tous deux été houspillés. Ryan pense que le but de ces gens est de pousser au maximum la colère de la majorité silencieuse afin que la violence se déclenche dans les deux camps, selon le prototype des nazis.

C’est le “style” de Trump qui se résume à chercher la bagarre avec les Démocrates au sujet de mots plutôt que de politiques – trop complexe pour lui – de préférence en passant à la télévision, son medium favori. Ainsi sa rencontre à la Maison Blanche le 11 décembre passé avec Chuck Schumer, chef de la faction démocrate minoritaire au Sénat, et Nancy Pelosi, présidente de la Chambre. Quand il a vu que le Congrès  ne lui donnerait pas ses 5,7 milliards pour son mur, il a brusquement terminé la discussion et a fermé – avec fierté! – le gouvernement.

Un style fougueux était également celui du représentant Luis Gutierrez, démocrate d’Illinois, qui a assené une gifle magistrale à la secrétaire du Department of Homeland Security (DHS), Kirstjen Nielsen – et à son gouvernement – lors d’un interrogatoire par le comité judiciaire de la Chambre ce 20 décembre, ce qui annonce une contre-attaque maintenant que les Démocrates ont repris la majorité et surtout que plusieurs de ses membres – surtout de jeunes femmes – sont progressistes. Comme l’a dit le représentant Jerry Nadler, le nouveau président de ce comité, “Voici le moment de prendre ses responsabilités”.

Au cours d’un fleuri et animé monologue de cinq minutes et demi, Gutierrez – dont les parents porto-ricains ne parlaient pas anglais! – a recensé les mensonges de Nielsen et de Trump sur la séparation des enfants à la frontière mexico-étatsunienne, sur l’invasion massive de caravanes d’immigrants, et même sur l’importance de la foule à son inauguration et sur les accomplissements de son administration, ce qui avait fait rire toute l’assemblée générale de l’ONU en septembre dernier.

Deux mois et demi plus tard, ce 6 mars, cela a été au tour de la représentante Lauren Underwood, démocrate d’Illinois, vice-présidente de la commission de la Chambre sur la Homeland Security, et infirmière de formation, de “savamment griller” Kirstjen Nielsen sur la séparation des familles, notamment sur le traumatisme infligé aux enfants en bas âge. Face au déni habituel de Nielsen, Underwood est sortie de l’audience en notant que Nielsen “s’en tenait très clairement à son script, son script avec ses points de discussion, reconnaissant la nécessité de ce type d’actions extrêmes qui ne reflètent pas les valeurs étatsuniennes”, un script naturellement écrit par Stephen Miller.

“D’après ce que j’ai entendu aujourd’hui, je ne sais pas si le DHS était si négligent qu’il ne savait pas à quel point la séparation familiale était traumatisante pour les enfants, ou s’ils le savaient et l’ont quand même fait”. Connaissant Miller nous connaissons la réponse. De toute façon, Underwood a tancé Nielsen: “Mais à mon avis, les deux sont inacceptables. Déchirer les enfants et leurs parents en les séparant comme ceci est immoral, Madame, c’est anti-américain et c’est tout simplement malfaisant”.

On observe pareille attaque contre des enfants dans la Palestine occupée par Israël. Sara Hossain, juriste du Bangladesh et membre de la Commission d’enquête indépendante de l’ONU sur les manifestations dans le territoire palestinien occupé: “Nous disons qu’ils ont intentionnellement tiré sur des enfants. Ils ont délibérément tiré sur des personnes handicapées. Ils ont délibérément tiré sur des journalistes”. Des crimes de guerre. Entre le 30 mars et le 31 décembre 2018, l’armée israélienne a blessé 6.106 manifestants non-armés, et fait 189 morts dont 35 enfants.

Le gouvernement israélien a déjà détruit quelques milliers de maisons de Palestiniens, souvent sous le prétexte qu’un “terroriste” y vit ou qu’elles n’ont pas de permis de bâtir… qu’ils leur refusent systématiquement. A Jérusalem, ils poussent la cruauté à obliger les Palestiniens à détruire eux-mêmes leurs propres maisons.

Et même cruauté des autorités israéliennes contre les Palestiniens quand ils leur refusent des permis de construire sur leur propre terre et puis les forcent à démolir eux-mêmes les maisons qu’ils ont quand même construites. C’est la politique de l’occupation à Jérusalem: “rendre amère la vie des habitants palestiniens, les désespérer et peut-être qu’ils vont enfin quitter leur ville. Les traitez d’une main lourde, les tourmentez”. Tout comme l’administration Trump espère décourager les immigrants en les séparant de leurs enfants et les mettant dans des cages glacées.

Et dans les deux cas, les tourmenteurs sont à la base de la révolte en Palestine où les gens veulent retourner sur les terres d’où ils ont été chassés par les Israéliens en 1948, et de l’exode des émigrés en Amérique centrale où la politique des Etats-Unis d’Amérique a rendu la vie impossible, sur le plan économique et de la criminalité, depuis des décennies, et où la dérive néo-libérale et la détérioration des conditions climatologiques rend maintenant la situation intenable, le moteur derrière les caravanes d’immigrants.

On n’arrêtera pas de noter la terrible ironie que c’est l’argent des grands capitalistes comme Mellon qui a financé l’impérialisme étatsunien pour piller les économies d’Amérique latine, les mêmes familles qui alimentent aujourd’hui le discours des nativistes contre l’émigration qu’ils ont pleinement causée. De riches terres, mais de pauvres peuples.

La cruauté des autorités israéliennes a été rapportée par Gideon Levy, le bien connu journaliste israélien qui suit de près les territoires occupés pour le quotidien Haaretz de Tel Aviv. Dans le même numéro de ce 7 mars, il envoyait un message à la représentante étatsunienne Ilhan Omar: “Continuez”! quand elle a courageusement protesté contre la puissance du lobby israélien aux Etats-Unis, soulevant une véritable tempête médiatique ainsi que les traditionnelles accusations d’anti-sémitisme chaque fois que l’on ose critiquer la politique d’Israël. Mais les temps semblent changer avec cette jeune génération qui apporte une bouffée d’“air frais” dit Levy, dans les sombres couloirs du Capitole, et de l’espoir pour mettre fin aux attaques incessantes à la moralité dans ce pays. Aux côtés d’Omar (37 ans), les représentantes Rashida Harbi Tlaib (42 ans), Katie Hill (31 ans) et la fameuse Alexandria Ocasio-Cortez (29 ans).

Lauren Underwood, qui a questionné la secrétaire du DHS, est un autre espoir: la plus jeune Noire à avoir été élue au Congrès à l’âge de 32 ans. Elle a été largement félicitée pour avoir martelé Nielsen sur le bien-être physique et émotionnel des enfants migrants. Les gens ont décrit son interrogatoire comme étant “parfait”, “incroyablement efficace et incroyablement accablant”, et “brillant et imperturbable face aux foutaises de Nielsen”.

Les grands capitalistes qui ont financé l’impérialisme étatsunien pour piller les économies d’Amérique latine, alimentent aujourd’hui le discours des nativistes contre l’émigration qu’ils ont causée

QUAND LA MORALITÉ DEVIENT IMMORALE

La descente vers l’immoralité précède Trump. Le prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, professeur à l’université Columbia de New York, termine avec pessimisme son ouvrage Freefall où il dénonce la destruction de millions de citoyens dans le monde entier due à la rapacité des financiers et la complicité des politiques lors de la bulle immobilière de 2008, en doutant que cette dernière crise suscite les préoccupations morales que les précédentes avaient entrainées.

La Grèce est un autre exemple frappant de cette descente dans l’enfer de l’immoralité, avec la manière dont les dirigeants européens ont géré la crise financière, se préoccupant uniquement de leurs intérêts – leurs banques – et nullement du peuple grec, et même avant tout, visant à donner une leçon à un peuple qui avait osé élire un parti progressiste. Dixit Yanis Varoufakis, l’académicien choisi comme ministre des finances en 2015: «L’establishment profond de l’Europe a perdu tout sentiment de retenue. J’ai été le témoin direct de ce que je ne peux que décrire comme une guerre de classe sans pudeur ciblant les faibles et favorisant de manière scandaleuse la classe dirigeante ».

C’est une simple répétition de l’Histoire. Dans l’entre-deux-guerres mondiale, “Chaque personne sensée savait que tuer était mauvais. Puis, la plupart des Européens, y compris beaucoup de nos amis, sont devenus insanes d’un jour à l’autre”. C’est Hannah Arendt qui raconte “la totalité de l’effondrement moral que les nazis ont causé dans une société européenne respectable. Et pas seulement en Allemagne, mais dans presque tous les pays, non seulement parmi les persécuteurs, mais aussi parmi les victimes”.

Miller n’a sans doute pas retenu dans son film préféré, The Dark Knight Rises, que “La moralité est relativisée et devient une question de convenance, déterminée par les circonstances”, tel que le note le fameux philosophe slovène, Slavoj Žižek. La présidente du parti républicain, Ronna McDaniel, a clairement indiqué que les politiques d’un président sont plus importantes que vérité et moralité, et que si c’est celle-ci que l’on recherche on peut la chercher dans les églises! Son oncle, le sénateur  Mitt Romney, ancien candidat à la présidence en 2012, lui aussi républicain, est d’un avis opposé. “Les politiques et les nominations ne sont qu’une partie de la présidence”, a-t-il dit ce 1er janvier dernier, mais sur la question de “l’honnêteté et l’intégrité” “le président n’a pas été à la hauteur de sa fonction”.

Chez les nazis, Adolf Eichmann le principal exécutant de l’holocauste, était, comme Miller, un homme ordinaire mais dans un poste avec pouvoir de vie et surtout de mort sur des millions de personnes. Sa défense était qu’il s’est comporté “conformément à la loi”. Suivant le pincipe de loyauté au chef que nous avons mentionné, les ordres d’Hitler sont devenus la loi. Et chaque loi, chaque commandement a été inversé. Ce n’était plus “Tu ne tueras pas”, mais “Tu dois tuer”. La moralité est devenue immoralité.

Il est intéressant de voir que chacun des hauts officiels chargés de l’immigration se targue de ne faire que suivre la loi: Kirstjen Nielsen, Stephen Miller, Lee Cissna, Gene Hamilton. De plus, ils rejettent tous la responsabilité du problème sur le Congrès: si vous trouvez que c’est immoral, demandez au Congrès de changer la loi! Mais chaque fois, leurs complices républicains bloquent les propositions de loi, comme Miller et Jeff Sessions en 2015 et… maintenant. Ce 13 mars, les représentantes démocrates Nydia Velázquez Lucille Roybal-Allard et Yvette Clarke ont introduit, avec l’appui de plus de 190 démocrates de la Chambre, y compris la présidente, Nancy Pelosi, une loi ouvrant la voie à la nationalité aux TPS et DACA. “Nous n’allons pas permettre à Donald Trump de les renvoyer, et nous ne leur demanderons pas de vivre dans un état constant de peur et d’incertitude”, ont-elles dit.

Mais elle a peu de chance de passer au Sénat à majorité républicaine où le sénateur devenu farouche supporter de Trump, Lindsey Graham, président de la commission judiciaire, a dit: “Nous allons voir si nous pouvons trouver une solution plus complète”, ce qui équivaut à un arrêt de mort. Dixit le sénateur républicain Marco Rubio de Floride, membre du “gang des 8″ – 4 sénateurs démocrates et 4 républicains dont Graham (!) – qui avait sponsorisé la proposition torpillée par la Chambre républicaine en 2013: “traiter de l’immigration est si difficile. Vous n’obtiendrez jamais de vote clair sur une question d’immigration, car tout le monde a son mot à dire sur l’immigration qu’il souhaite et qu’il utilisera comme moyen de la modifier. A la fin, les propositions de loi s’effondrent”.

Rappelons que c’est Graham qui se plaignait autrefois que Miller bloquait toute résolution dans le domaine de l’immigration. Mais depuis 2017 le vent souffle en direction opposée.

LES JUGES CONTRE LA POLARISATION DE TRUMP

Aux côtés des jeunes politiques progressistes du Congrès étatsunien, les juges fédéraux tentent d’endiguer cette attaque frontale à la moralité par l’administration Trump et ses apologistes. Au vu de cette avalanche de preuves montrant que la décision de terminer le TPS était purement politique, sans aucun égard pour les faits (le bien connu journaliste de CNN, Anderson Cooper, a dit ce 12 mars que l’attachée de presse de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders, a quitté «le monde des faits»), il serait très étonnant que le juge William Kuntz, ou les juges Edward Chen, Dana Sabraw, Emmet Sullivan et tous les autres, ne trouvent pas que les décisions du Department of Homeland Security (DHS) étaient “capricieuses”. Ensuite il faudra aller en appel, jusqu’à la Cour suprême de justice qui penche maintenant à droite avec l’arrivée en octobre dernier du juge conservateur Brett Kavanaugh.

Des barbelés coupent la ville frontalière de Nogales en deux. Le monde vu par Trump: quelques milliers de pauvres réfugiés menacent d’envahir un pays de 326 millions d’habitants, avec une armée de 1,3 million, une réserve de 800.000 personnes et 6.500 armes nucléaires.

Cette cour a déjà pris le parti de Trump avec l’interdiction aux musulmans de sept pays de voyager vers les Etats-Unis. Elle risque également de confirmer l’urgence nationale quand la question arrivera jusqu’à elle, surtout que le rampart fédéral est maintenant sous sérieuse attaque par les Républicains.

“Ils confirment plus de juges par an que tout autre président de l’histoire”, a averti Kristine Lucius, vice-présidente exécutive de la Conférence des dirigeants sur les droits civils et humains. Et pas n’importe lesquels. Parmi les 90 juges fédéraux confirmés par Trump, 92% sont blancs et 76% sont des hommes.

Pourtant, Trump a déjà pris une raclée de la part de juges fédéraux nommés par des présidents républicains, la plus importante venant de John Mendez – nommé par George W. Bush en 2007 –  qui a empêché l’administration de mettre hors-la-loi la pratique des villes-sancturaire pour réfugiés: “J’espère que cette ordonnance ne sera pas considérée à travers une lentille politique et ce tribunal n’exprime aucun point de vue sur le bien-fondé des politiques ou des lois en cause dans cette action en justice. Il n’y a pas de place pour la politique dans notre système judiciaire et cette opinion ne définira ni ne réglera les problèmes complexes d’immigration auxquels notre pays est actuellement confronté”.

Dans une décision passionnée de 60 pages, Mendez a dit que les élus devraient “mettre de côté la politique partisane et polarisante qui domine le débat actuel sur l’immigration, et travailler de manière coopérative et bipartisane à la rédaction et à l’adoption de lois qui traitent de cette question politique cruciale”, en ajoutant: “Notre nation le mérite. Notre Constitution l’exige”.

Et quand Trump a raillé contre les “juges d’Obama” qui émettent des décisions contre son administration, tel qu’Edward Chen de Californie qui a bloqué la révocation des TPS, rien moins que le chef de la Cour suprême de justice, John Roberts, a déclaré, que le pays n’a pas “de juges Obama ou de juges Trump, de Bush ou de Clinton. Ce que nous avons, c’est un groupe extraordinaire de juges dévoués qui font de leur mieux pour accorder le même droit à ceux qui comparaissent devant eux. Cette justice indépendante est une chose pour laquelle nous devrions tous être reconnaissants”.

C’était une rare réprimande d’un président en exercice, de la part, de plus, d’un juge nommé par Bush. Trump représente en effet l’aile la plus réactionnaire du parti républicain. Rien moins que David Stockman, le directeur du budget sous le très conservateur Reagan dans les années 1980, vient de dire ce 15 mars sur TV Hill que “presque tout ce que Trump dit à propos de l’économie est totalement dépourvu de sens (baloney)”. Il n’a pas mâché ses mots: “Nous avons de gros problèmes”, Trump “a proposé une catastrophe comme plan financier”, “c’est une insulte à l’intelligence financière, sans parler de l’absence de bon sens”. Trump propose d’importantes réductions de programmes dans le budget tels que Medicare et Medicaid, tout en stimulant les dépenses de défense et en demandant un nouveau financement de 8,6 milliards de dollars pour la construction d’un mur frontalier.

“Presque tout ce que Trump dit à propos de l’économie est totalement dépourvu de sens”

Nous sommes à un carrefour important, avec une polarisation croissante. D’un côté de jeunes représentantes secouant le parti démocrate, elles-mêmes réagissant à la vague de fascisme et à l’avenir apocalyptique que celui-ci annonce. A l’extrême opposé, des jeunes (et moins jeunes) – de “sinistres types, saugrenus” comme David Letterman, le fameux ex-présentateur de TV, a qualifié Stephen Miller (33 ans) – poussant vers l’avant le troupeau républicain par voie de slogans et peut-être bientôt de coups, à se soumettre au “génie” Trump, de la même manière que les chemises brunes d’Ernst Röhm ont amené Hitler au pouvoir en écrasant tout opposant.

Cette Ronna McDaniel, la présidente du parti républicain, a dit de façon menaçante dès juin 2018 que “quiconque ne supporte pas Trump fera une erreur”, parlant d’éventuel concurrent à la candidature républicaine pour 2020. Et plusieurs hauts officiels du parti ont tenté de carrément éliminer les élections primaires pour éviter tout défi à Trump quand il se représentera. En parallèle, plusieurs des critiques républicains du président quitteront bientôt le Congrès.

Il est surtout incroyable de voir comment près de 90% des Républicains sont maintenant adeptes de l’univers fantasmagorique créé par Trump, et finalement votent contre leurs propres intérêts.

Reste à voir si cette nouvelle génération fasciste sont des tigres de papier, “sans la capacité d’attention suffisante pour installer une dictature”, comme l’a dit un commentateur sur Miller, ou si l’indécision des Démocrates entrainera une réaction violente. A la fin, les chefs nazis se sont soit suicidés, soit évaporés dans la nature.

Quelques mots simples pour conclure, empruntés à la représentante démocrate Yvette Clarke: “Le manque de compassion, la diabolisation des immigrants, ce n’est pas sain pour notre pays”.

(Précédent TPS 9)

Fin

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