Solidarité avec les travailleurs de la DDO !

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es grévistes de la Délégation Départementale de l’Ouest (DDO) occupant le bâtiment de cette Administration pour empêcher tout accès au bureau et au dossier par le gouvernement

Jeudi dernier 25 Juillet le journal Haïti Liberté s’est rendu au local de la Délégation Départementale de l’Ouest (DDO) pour rencontrer les travailleurs en grève et par là les apporter en quelque sorte une solidarité politique. C’est avec amabilité et plaisir, que l’un des travailleurs a répondit à nos questions.

Haïti-Liberté : Depuis quand manifestez-vous et quelles sont les vraies raisons qui vous ont forcés à entreprendre cette grève ?

Travailleurs : Avant tout, permettez-nous de saluer le journal Haïti Liberté pour cette visite aux employés de la Délégation Départementale de l’Ouest en grève. Cette visite sans doute nous apportera le courage nécessaire dans la bataille que nous menions pour forcer l’Etat haïtien à nous payer nos 24 mois de salaires, maintenant comme nous sommes à la fin du mois de Juillet, on peut dire 25 mois sans nous payer un centime.

Luc Johnson Julien au cours d’un entretien avec Haïti Liberté

L’état voulait nous tuer par la faim, c’est la raison pour laquelle, le régime de Jovenel Moise ne nous a pas payé nos salaires pendant 25 mois. Vingt-cinq mois de souffrance, nous avions des dettes à payer, nos créditeurs nous recherchent partout et nous considèrent comme des malfrats. En fait, nous avions perdu notre crédibilité, notre dignité en tant que personne humaine. Moralement, nous sommes détruits et économiquement dépouillés de tout. Voilà pourquoi depuis le premier juillet un ensemble d’employés ont décidé d’habiter ici en occupant le bureau de la DDO.

Les travailleurs bloquant la route de Canapé-vert

 

Haïti-Liberté : Combien sommes-nous ?

Travailleurs : Nous sommes environ 40 à manifester quotidiennement ainsi mais l’administration contient 74 contractuels et 55 employés.

Aujourd’hui, nous abordons la 5ème phase du mouvement puisque 4 phases sont déjà épuisées. A titre de rappel, la première phase : c’était de prendre le bâtiment en otage, de l’occuper pour empêcher l’accès au bureau et au dossier par le gouvernement.

La deuxième, c’était une semaine de mobilisation et à la fin de la semaine nous avions fait une conférence de presse pour sensibiliser la population et expliquer également l’état de la situation, c’est-à-dire faire un bilan du mouvement. Malheureusement, il n’y a pas eu aucune amélioration. Le bilan reste négatif.

Manif au Champ de mars devant le Palais National

La troisième phase a été la grève de faim de trois de nos camarades. Il s’agissait de Fréderic Widelaire, Ronel Adonis et Pierre Séguy. Nous étions étonnés de constater que L’Etat dans son insouciance, son irresponsabilité voulait bien la mort de ces employés en grève, le régime n’a pas apporté le moindre soutien aux grévistes de la faim, c’est dire qu’il refuse catégoriquement de satisfaire nos revendications. Nous avions également constaté que ce régime est fait de criminel notoire. Nous étions obligés sur la demande des employés de lever cette grève de faim parce la santé des grévistes se détériorait et nous voulons éviter qu’ils ne dégénèrent pas davantage.

La quatrième phase du mouvement est de bloquer la route de Canapé vert ou est situé le bâtiment de la DDO.

Nous sommes prêts à mourir, pour que le gouvernement nous paie notre salaire

L’ironie, alors que nous travaillons pour l’Etat haïtien et d’autres fonctionnaires haut placés au niveau de l’Etat au lieu de solidariser avec notre cause, au lieu de pencher sur nos cas, préfère nous passer en dérision.

Haïti-Liberté : Pouvez-vous citer des noms

Travailleurs : Bien sur, tout récemment Annibal Coffy, chef cabinet du Premier ministre démissionnaire Jean-Michel Lapin il était venu nous voir sur les ordres du Premier ministre Lapin mais pour nous apporter une solution mais pour nous ridiculiser.

Nous continuons encore la 5ème phase, justement nous étions lundi dernier une trentaine à manifester devant le Palais national avec nos pancartes et nos revendications de sorte que le président Jovenel Moise nous voit et il est bien au courant. Nous serions devant le département des Finances le vendredi 26 juillet puisque nos plans sont de manifester devant toutes les instances financières du pays.

 

Propos de Luc Johnson Julien recueillis par Elysée Luckner Vil.

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