Rendre possible l’impossible

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Nous saluons la victoire électorale du peuple bolivien contre son ennemi de classe, le gouvernement fantoche de valets et agents à la solde des puissances impérialistes qui, un an plus tôt, avait concocté le renversement du pouvoir légitime du président Evo Morales le 10 novembre 2019.

363 jours après le coup d’État, le peuple continue à manifester, et par sa mobilisation, il s’est lancé fier, courageux, héroïque dans la bataille électorale avec une volonté inébranlable au sens même du sacrifice à toute épreuve. Il a résisté aux assauts barbares, malgré la répression féroce, avec acharnement et détermination.

Cette victoire n’est pas le produit d’un jeu à risques, à pile ou face aux élections. Au contraire, elle est la résultante d’une dynamique nécessaire élaborée et mise en place pour donner une réponse appropriée au clan impérial-bourgeois, démontrant une fois pour toutes que les élections gagnées par Evo Morales le 20 octobre de l’année dernière n’ont jamais été un coup monté comme l’avaient prétendu l’OEA et le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique.

Si les Boliviens ont pu rendre possible l’impossible à la barbe de Trump, quelle leçon pouvons-nous tirer, nous autres Haïtiens, particulièrement ceux qui rêvent de transformer l’appareil d’Etat haïtien ?

Si les Boliviens ont pu rendre possible l’impossible à la barbe de Trump, de Macron et des autres réactionnaires, en transformant leur faiblesse en force, quelle leçon pouvons-nous tirer, nous autres Haïtiens, particulièrement ceux qui rêvent de transformer l’appareil d’Etat haïtien ? Nous devons, nous aussi, créer notre propre instrument politique, dans la même veine que celui fondé le 23 juillet 1997 en Bolivie : une théorie révolutionnaire guidée, dirigée par le militant qui a mérité de la confiance du peuple bolivien, Evo Morales.

Il s’agit du Mouvement vers le socialisme-Instrument politique pour la souveraineté des peuples (MAS-IPSP ou simplement MAS) qui n’a pas eu peur de participer aux joutes électorales que ses ennemis de classe avaient concocté pour être en fait un traquenard que les masses ont étouffé, dans l’œuf électoral, pour ainsi dire.

Cette victoire confirme l’action collective des masses aspirant à un authentique changement. Elle donne un nouveau contenu au principe selon lequel la libération véritable doit être le fruit de la propre action collective des masses unies.  C’est la récolte des fruits d’un travail de militance politique réalisé jusqu’alors pour défier le monstre impérialiste et ses projets scélérats antipopulaires.

C’est un vote contre Trump et contre Macron, eux qui ont ouvertement pris position pour le putsch de l’année dernière. C’est un vote également contre Jovenel Moise et l’opposition traditionnelle pro-impérialiste en Haïti, tous deux n’ont jamais condamné la prise du pouvoir en Bolivie par la sénatrice d’extrême droite Jeanine Añez issue de la bourgeoisie revancharde. Dire que ces lèche-bottes empressés du néolibéralisme à outrance n’ont soufflé mot de cette victoire des masses boliviennes, de cette bouffée populaire d’oxygène qu’apporte la victoire électorale du peuple bolivien. Mentionnons que l’ancien sénateur Moise Jean-Charles, dans une conférence de presse, a relaté cet événement historique.

À la lumière de cela, le peuple haïtien doit comprendre que pour être l’artisan d’une nouvelle nation et bâtisseur d’un nouvel état, pour rendre possible l’impossible, il nous faut cesser de gaspiller nos énergies en les mettant au service des partis croupions pro-impérialistes, opportunistes, collabos et fonctionnaires de l’organisme américain USAID.

Il faut nous engager dans une lutte de libération nationale, ayant une direction allant dans le sens de nos intérêts de classe et de nos aspirations sociales. La seule voie pouvant nous mener à ce carrefour idéal est celle d’un mouvement ou parti des travailleurs et des paysans de manière à promouvoir une issue révolutionnaire, orientée vers le socialisme, à la situation de crise chronique dans laquelle est plongé le pays.

C’est dans cette ligne que s’inscrit le journal Haïti Liberté et pour laquelle nous ne cesserons jamais de lutter. Une ligne idéologique claire et ferme qui nous aidera à caractériser nos ennemis de classe même quand ils sont masqués.

Toute notre solidarité et notre soutien aux travailleurs et aux paysans boliviens pour leur action qui n’a rien à voir avec l’aventurisme mais qui se fonde sur le fait que la participation des masses organisées est la clé de tout succès réel.

Nous souhaitons au peuple frère de la Bolivie qu’une nouvelle forme de conscience soit prise, celle de l’action commune pour un combat permanent assurant la défense politique et militaire du pouvoir du peuple.

Seule la lutte des peuples organisés peut rendre possible l’impossible. Bravo au peuple bolivien !

 

 

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