Qui tire les ficelles de la provocation ?

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Il arrive des fois que la réalité dépasse la fiction. C’est ce qui s’est passé avec l’affaire de l’agression ouverte, criminelle et barbare des ultras dominicains contre des ressortissants haïtiens, à l’heure où le peuple sombre de plus en plus dans de lugubres situations.

En vérité, c’est le moins qu’on puisse dire, nous sommes en présence d’un véritable complot bien orchestré visant non seulement à aboutir à l’anéantissement du peuple haïtien, mais encore à saper ses fondements historiques, selon lesquels la solution de nos problèmes serait entre les mains d’une diplomate d’une grande puissance, en l’occurrence la future ambassadrice américaine en République Dominicaine.

Selon toute vraisemblance, nous sommes entrain d’assister à un scénario, une manœuvre de grande envergure et le timing des actions n’est pas à négliger. La première image, dans ce contexte qui nous vient à l’esprit, est celle de cet homme circulant à bord d’une voiture suivie d’un cortège de motocyclettes scandant « les Haïtiens ont 24 heures pour abandonner Pédernales ».

L’autre image frappante est la vaste opération de déportation entreprise par les autorités dominicaines contre les migrants haïtiens en cette fin de semaine. Pourtant rien, sinon presque rien n’est dit par le pouvoir haïtien concernant ces compatriotes qui, dans la province de Pédernales, ont été déclarés persona non grata.

L’image qui nous apparait encore plus douloureux, c’est cette espèce de connivence de l’impérialisme américain qu’on pourrait même qualifier de provocation. S’il en est autrement, par quelle ironie du sort, le Sénateur Ben Cardin du Comité sénatorial des affaires étrangères américaines posait jeudi dernier 8 mars 2018 à la future ambassadrice américaine en République Dominicaine, Robin Bernstein, la question suivante qui sans doute n’est nullement puérile : « Êtes-vous au courant de l’arrêté 168-13 du Tribunal Constitutionnel dominicain en 2013 qui établit que les enfants des étrangers en transit n’ont pas la nationalité dominicaine ; ce qui a affecté les descendants haïtiens, en les privant rétroactivement de la nationalité dominicaine. Quelle sera votre approche pour faire en sorte que ces personnes retrouvent leur nationalité ? »

Les personnes attaquées, paniquées et celles mortes innocemment dans l’indifférence générale ne constituent-elles pas la preuve tangible de l’arrogance meurtrière de la politique capitaliste de diviser les peuples pour mieux régner ?

La réponse de Bernstein n’a pas également caché une quelconque complicité ouverte ou tacite « Si je suis confirmée, je jouerai un rôle très actif avec le personnel de l’Ambassade […] et j’essaierai de restaurer la nationalité de ces personnes qui sont apatrides […] Nous allons travailler avec eux pour obtenir un passeport ».

Ces deux déclarations de quelque façon qu’on les analyse, découlent d’une seule et unique dimension. Elles expriment l’allure d’une quelconque provocation visant à soulever le nationalisme dominicain pour la concrétisation d’un plan longtemps peaufiné ; mais qui n’attendait que le prétexte le plus véniel pour se mettre en marche.

L’alibi n’a-t-il pas été fourni pour permettre à la République Dominicaine de réagir ? Ainsi, le Chancelier Miguel Vargas Maldonado est monté au créneau pour étaler une rectitude que les faits ne vérifient point, à savoir « que son pays étant libre et souverain, il n’accepte et n’acceptera aucune ingérence de la part d’une autre nation »

Pour ajouter ensuite « Nous allons attendre l’arrivée de l’ambassadeur. Ici nous n’avons aucun apatride enregistré […] notre mission principale est de défendre notre souveraineté et cela se fait dans le cadre de la Constitution et des lois. Chaque Nation a le droit de gérer son statut d’immigration de la façon qu’elle juge la plus adéquate. »

Cette réaction de la classe dominante dominicaine donne une idée de l’éthique idéologique ignorante qui n’ose dire son nom et sur lequel s’assoient dans l’impunité absolue les masses dominicaines.

Il faut que la lumière soit faite sur ces événements sur la base des faits et situer toutes les responsabilités de certaines personnalités dans cette ignoble agression qui vient d’endeuiller les Haïtiens en République Dominicaine.

Les personnes attaquées, paniquées et celles mortes innocemment dans l’indifférence générale ne constituent-elles pas la preuve tangible de l’arrogance meurtrière de la politique capitaliste de diviser les peuples pour mieux régner ?

La cause des deux peuples est une ; sauf que l’impérialisme préfère tirer les ficelles qui les divisent afin qu’il reste à jamais des pays d’exploitation à outrance, des pays d’exploitation de leurs richesses, des pays de sous-développés, des pays dépendant éternellement de l’assistance des autres. Bref, des pays désorganisés!

 

 

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