Et ces mains criminelles cachées derrière le drame de la migration haïtienne vers le Brésil et le Chili…!

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Des haïtiens vivant au Chili

« La loi ne donne pas les mêmes droits au pauvre qu’au riche. »
Plaute

 Le Chili a finalement crié : « Ça suffit…»

Depuis deux à trois ans, les compagnies aériennes internationales opportunistes déversent des tonnes de « chômeurs » ramassés à Port-au-Prince  sur l’aéroport Arturo Merino Benitez de Santiago. Des dizaines de milliers de  compatriotes, qui n’ont plus la force de lutter contre les crucificateurs impériaux, les dépeceurs de la dignité humaine, ont choisi de débarrasser Haïti de leur présence ennuyeuse. Cependant, après « l’Iliade » des rêves et des espoirs, il y a souvent « l’Odyssée » de la désillusion. Parmi les évadés de la pauvreté extrême, des écoliers, des étudiants et des enseignants fatigués de réclamer des arriérés de salaires qui couvrent plusieurs années. L’équipe présidentielle de La Moneda a décidé de lever le pont levis de l’immigration pour ces souffre-douleurs, victimes du vol des fonds PetroCaribe. Les consignes officielles sont passées de l’autre côté. Les « réfugiés de la corruption » seront gardés en détention, en attendant qu’ils soient entassés, empilés pêle-mêle dans un avion spécial qui va vider son contenu humain sur la piste de l’aéroport Toussaint-Louverture de Port-au-Prince. « Salga ya mismo de este pueblo.» (Foutez le camp d’ici, tout de suite).

Ce n’est pas juste

Les enfants des paysans ont liquidé le petit lopin de la famille pour se procurer le passeport de l’État haïtien, la carte d’embarquement de LAW, collecter les documents de l’immigration, régler les notes de l’hôtel, et rassembler les 1 000 dollars US qui leur sont réclamés comme argent de poche à l’issue du périple. Et, subitement, tout tourne au vinaigre. Vire au cauchemar. Sens unique! Entrée interdite! Le retour est cahoteux. Menacé de crises de tachycardie… Chacun des refoulés devient ironiquement « Perrette, la laitière et le pot au lait ». La rêverie pocharde et inconsciente cède la place à la réalité brusque et sauvage. Comme si l’existence marginale se contentait d’être une saynète pour amuser le «roi fou » qui règne sur l’Amérique du Nord avec ses tweets au goût de rat crevé!

Mais, franchement, qu’y a-t-il de divertissant dans le drame qui saigne les flancs d’un Sud constamment aux prises avec des journées de nuit sans lune? Un Sud éreinté, harassé, toujours déchiré entre la force de l’opulence et la faiblesse de l’indigence? Bizarre! Ailleurs sur la planète, l’individu qui reçoit sans relâche ses raclées de mal vivre finit par perdre le sens de la rigolade. Cependant, au pays des Tèt kale, les chiens affamés s’amusent, se déhanchent, balancent en chœur des obscénités en plein visage de la nature dégoûtée, ingurgite du tafia trempé dans les écorces d’arbres, jusqu’au matin insouciant du mercredi des cendres.

Et le jour d’après? Alors là, les condamnés du Tartare de l’impérialisme se remettent à japper leur misère dans les ruelles étroites et engluées. Avant d’aller crever dans la gêne, sur un « Golgotha » de détritus, dressé aux abords de la place des martyrs. Et toujours là, les misérables trépassent, agonisent avec une parade de mouches, sur une poitrine squelettisée. Certains s’éteignent, enveloppés dans un linceul de contrition et de remords. Comme Lazarre. Ils vont être enterrés au cimetière de la malchance et du mauvais sort. Sans qu’on leur paye la traversée. Au bout du compte, ils n’obtiennent ni le paradis ni l’enfer! Ni le Bon Dieu ni le Diable! À la croisée des airs embrouillardés, les défunts continuent de rouler leurs âmes comme le rocher de Sisyphe.

De gauche à droite : le milliardaire Sebastian Piñera, élu le 17 décembre 2017 au second tour de la présidentielle, est venu remplacer la socialiste Michelle Bachelet

Les disparus planent, comme des cerfs-volants aux reins cassés, entre les cieux de l’impuissance et les vallées de l’inhospitalité. Et pourtant, à cause de la peur de mourir, n’ont-ils pas vécu à genoux devant la croix immense des trois caravelles maudites? Seulement, cette race aux yeux d’Azur, qui a développé la fâcheuse manie de creuser dans les profondeurs des montagnes, à la recherche des pierres précieuses, est née avec un carré de marbre à la place du cœur. Et puisque, d’une façon ou d’une autre, la nature semble nous prédestiner aux fureurs des déesses et des dieux disgracieux de l’Olympe, les échos de notre voix vaillante, révolutionnaire ne se tairont pas. Ils continueront de traverser les continents, les pays, les villes, les bourgs, les villages, les quartiers, les rues, les maisons, les ajoupas pour cracher le venin de notre colère, de notre rage, de notre mépris, de notre haine au visage grassouillet des sept « empires du Mal ».

Nous refuserons toujours de nous blottir dans les bras d’un mutisme peureux et tremblotant. Nous avons juré de garder la tête pointée dans le firmament de la bravoure, de la fierté, de l’héroïsme et du patriotisme.

Les négriers vampires
Ces ombres grimaçantes
Qui hurlaient
Dans les nuits lugubres
De Gorée
Au milieu des étales humaines
Sont revenus
Avec leurs chevaux
Aux ailes de feu
Et leurs glaives empoisonnés
Sur la terre élégiaque
Des hécatombes occultées.

Puis,
Ils ont creusé
Un trou béant
Dans le sol
De nos mémoires
Encore tourmentées
Pour y semer
D’autres grains de fatalité.

Quelle tristesse!
Les rideaux de la peur
Drapent notre cœur
Et amputent les artères
De nos âmes guerrières.

La poitrine lacérée
Par les coups répétés
De l’adversité,
Comme des lézards drogués,
La tête baissée,
À chaque aube nouvelle,
Nous escaladons le bûcher
Des « fossoyeurs » serviles.

Par une journée grincheuse
D’un novembre dolent,
Le clairin de l’holocauste
S’est renversé
Au pied du mémorial
Où se déroulait
Le rituel d’exorcisme
Pour conjurer
Le « Mal » de l’automne.
La cérémonie a avorté.
La « révolution » a foiré.

Après plusieurs siècles,
Le jour encore s’éternise
Et dévoile
Les tribulations
De Quiskeya
Au regard de la terre.

Alors que,
Sans faire de génuflexion,
Le clair de lune
S’est retiré
De la ruche
Où le prince sans âme,
Devenu « roi »
Des « sinoques »,
Égorge froidement
Le silence enchaîné.

Les palabres emphatiques
Des Sambas fuyards
Dans les gradins
De la résistance anémiée
Empâtent davantage
Les sillons de nos forces.

Le concert de ferraille
Est renvoyé
Aux calendres grecques.
Le havre de l’exubérance
Est érigé sur le dos
D’une Vierge haillonneuse
Qui pleure
Ses entrailles éparses.
Dans la grange enneigée,
Assis dans le fauteuil du temps,
Le galérien écrit l’odyssée
Des fugitifs de la prison
Et des pèlerins de la faim.

Cependant, quelle honte pour nous tous de mourir sans que nous soyons parvenus à accomplir notre devoir de vengeance envers la République d’Haïti! Nous aurions voulu nous-mêmes que les « ennemis » de la patrie nous devancent sur le chemin de l’eschatologie. François Duvalier, Zacharie Delva, Luc Désir, Prosper Avril, Henri Namphy, Hérard Abraham, Franck Romain, Michel François, Youri Latortue, tous, ils ont ricané au visage trépassant de Jacques Stephen Alexis, de Marcel Numa, de Louis Drouin, de Richard Brisson, de Gasner Raymond, d’Ézéchiel Abellard, de Jean-Marie Vincent, d’Antoine Isméry… Ils se sont soûlés de rhum brun sur des dizaines de milliers de tombes en terre battue, sans épitaphe… C’est toujours un soulagement pour les « Victimes » d’être des témoins privilégiés de l’ultime départ de leurs « Bourreaux »…

Les tristes mesures adoptées par le gouvernement chilien de barrer la route aux réfugiés économiques du régime politique des « malandrins » du PHTK viennent de faire une autre regrettable victime. La vidéo tragique circule sur plusieurs réseaux sociaux. Une pauvre dame, probablement une honnête mère de famille, poussée par l’extrême désespoir, aurait choisi de faire de l’aéroport principal du Chili le lieu sombre de la fin de son existence terrestre misérable. Les images sont poignantes. Difficiles à regarder. L’émigrante s’est immolée en public. Elle s’est lancée du premier étage et s’est écrasée sur le plancher… Les caméras ont filmé la scène tragique du début à la fin.

Ces marginaux n’ont-ils pas tout vendu pour réaliser le « rêve » de sortir de la pauvreté? Ils ont déployé un dernier effort pour se sauver de la noyade.

Selon les nouvelles, des centaines de compatriotes sont interdits d’entrer sur le territoire chilien. Ils sont bloqués sur place, avant qu’ils soient renvoyés en Haïti. L’État de Jovenel Moïse a choisi d’ignorer le calvaire des migrants. Les autorités illégitimes ne font absolument rien pour leur venir en aide. De 2017 à ce jour, les statiques avancent le chiffre de 105 000 Haïtiens qui ont franchi la frontière aérienne du Chili pour se présenter aux portes de Santiago, la ville fondée par Pedro de Valdivia en 1541.

Ces marginaux n’ont-ils pas tout vendu pour réaliser le « rêve » de sortir de la pauvreté? Ils ont déployé un dernier effort pour se sauver de la noyade. Fait des brasses au-dessus de leur énergie, dans l’espoir d’atteindre la rive d’en face. Et après avoir foulé la « terre promise », tout bascule inexorablement. Que dire aux parents restés dans l’expectative, qui attendaient une bonne nouvelle, la première photo, le premier transfert d’argent…? Comment affronter les créanciers impassibles qui s’engraissent avec la sauce des malheurs et de la débâcle de leurs débiteurs? Quelle déception pour cette femme de voir l’anguille de la chance lui glisser entre les doigts! « Le lait tombe; adieu veau, vache, cochon, couvée… »

Se réveiller, comme avant, au milieu de la nuit, en pensant au pain qui manque pour les gosses, aux habits qui défraîchissent, aux souliers troués avec la mine renfrognée, les joues ridées comme celles d’un vieillard nonagénaire, au toit de la maisonnette qui coule comme une passoire géante, à la terre grise qui meurt de soif et qui brûle les pieds dénudés des habitants, au lit de la rivière qui apporte un filet d’eau infectée par les germes du choléra de la Minustah ou de la Minujusth, aux balles des gangs armés entretenus par les ambassades étrangères, les Organisations non gouvernementales (ONG), la bourgeoisie antinationale, la présidence, la primature, le parlement et la mafia internationale, aux odeurs malodorantes des fatras qui grimacent sous un soleil de carême? Alors que dans l’avion qui la transportait, cette dame anonyme pensait qu’elle avait quitté tous ces mauvais moments derrière elle. Elle allait payer ses dettes jusqu’au dernier centime. Pouvoir réparer le viel ajoupa. Régler à temps les frais de scolarité des enfants… Dans de pareilles situations, dans de telles conditions, le refoulement, pour un expatrié fragilisé, est pire que la mort…

Une flamme de vie
S’est encore
Brusquement éteinte
Liberté
Tu refuses toujours
De t’engager
Sur le chemin
Qui mène
Au goulag
Où l’on a crucifié
Le Soleil
Et où sont décédés
Tant de gens
Qui ont rêvé
De t’enlacer
Ton absence insupportable
A retardé la danse
Du totem
Dans l’abatis
De nos douleurs
Nous t’avons cherchée
Comme le Cynique de Sinope
Avec une gerbe
Enflammée
Dans le midi
De l’impatience
Dévorante

Il faut fixer les responsabilités

Dans cette mésaventure qui frise la honte à son paroxysme, le gouvernement de Jovenel Moïse – le pantin automatisé par qui le scandale du blanchiment d’argent sale est arrivé – a fait sa motte de beurre. La vente des passeports bat tous les records. Pressé de se débarrasser des voix qui crient sur tous les toits pour exiger qu’il soit jugé, arrêté et incarcéré avec ses acolytes-escrocs, l’humanoïde a  trouvé et adopté la solution de l’exode externe pour casser la résistance haïtienne. Les citoyennes et les citoyens ne se préoccupent plus de la nécessité d’organiser un mouvement de « Révolution » qui permettra de combattre de façon digne, durable et efficace l’injustice sociale et de corriger la répartition dichotomique des biens communs. Ils regardent tous vers l’Amérique latine, l’Amérique du Nord, l’Europe… Et même l’Afrique.

Le départ massif des Haïtiens vers le Chili soulève des doutes méthodiques. Qui achètent les lopins de terres des paysans pour permettre à ceux-ci de rassembler l’argent du voyage?

Mais qui ont tracé la route du Brésil, du Chili, du Mexique devant les populations urbaines et rurales? Personne, jusqu’à présent, n’a apporté des éléments de réponse nette et claire à la problématique.

Les États impériaux qui ont envahi pour la troisième fois la République d’Haïti, après avoir renversé, détruit le pouvoir légitime du président Jean Bertrand Aristide en février 2004, ont versé un échec socioéconomique flagrant au compte de la Minustah. Sous les bottes étrangères, les conditions financières des masses ont davantage dégradé. Les États-Unis, le Canada, la France, l’Allemagne, l’Espagne… prévoyaient une situation de fuite quasi-incontrôlable des indigènes vers la Floride, comme cela se faisait dans les années 1960 sous François Duvalier et 1970 sous Jean-Claude. Ces puissances hégémoniques se sont arrangées pour détourner le cours du fleuve de l’émigration. La marine étatsunienne, selon des témoignages concordants, aurait même torpillé des embarcations de fortune remplies de femmes, d’hommes, d’adolescents qui tentaient d’entrer illégalement sur les territoires de l’Oncle Sam. Malgré tout, les autorités des États-Unis ne sont pas arrivées à décourager, à dissuader les fuyards de la misère.

À la base de ce nouveau phénomène migratoire, il y aurait sûrement un complot impérialiste. Et nous donnerions notre tête et nos bras à couper, comme Cicéron, si derrière les coulisses du drame de la migration haïtienne vers le Chili, on n’y trouvait pas les mains occultes et criminelles des « chacals » dont parlent Smedley Butler et John Perkins dans leurs ouvrages!

N’est-ce pas vrai que « War is a racket »?

Les pays dominants ne déplacent pas leur arsenal de guerre pour protéger des peuples qui ne représentent aucun intérêt dans leurs calculs économiques et financiers. Allez donc jeter un coup d’œil intelligent sur la guerre qu’ils ont allumée en Syrie. Le massacre qu’ils ont occasionné en Irak. Le chaos qu’ils ont provoqué en Égypte, ce pays avec une histoire si rayonnante, tellement phosphorescente. Sans omettre le bordel qu’ils ont foutu en Afghanistan, au Nigéria, au Vénézuela, en Lybie…

Le départ massif des Haïtiens vers le Chili soulève des doutes méthodiques. Qui achètent les lopins de terres des paysans pour permettre à ceux-ci de rassembler l’argent du voyage? Pas leurs camarades pauvres, qui partagent les mêmes problèmes, qui discutent des mêmes préoccupations, qui vivent dans les mêmes conditions de misérabilité, et qui cherchent à mettre les voiles eux aussi pour atteindre des cieux meilleurs. Plus cléments. Ne faudra-t-il pas minutieusement vérifier si ces acheteurs mystérieux ne sont pas au service des ambassades étrangères et du gouvernement illégitime et délinquant?

Il existe des antécédents à cet état de fait. Sous le règne de Jean-Claude Duvalier, un ressortissant français installé à Bourdon était chargé de parcourir la vallée de l’Artibonite aux fins d’inciter les paysans à vendre leurs biens immobiliers pour qu’ils se rendent ou envoient leurs enfants au Canada. Derrière la démarche fallacieuse, il y avait les idées géniales de spoliation classique et de l’importation de riz made in USA. Nous aurions pu citer le nom du malfaiteur qui était arrivé à Port-au-Prince pour fuir le pouvoir socialiste, disait-il, de François Mitterrand. Ce louche individu nous faisait des confidences mortelles. Le palais national, à cette époque était même impliqué – si l’on se fie à ses révélations – dans des opérations de vols des voitures luxueuses à l’étranger. Le bonhomme avait la langue fourchue, pendue, lorsqu’il cuvait son wiski.

Ensuite

Jovenel Moïse, l’inculpé arrogant qui attend son jugement, gaspille l’argent des contribuables. Mais ordonne à Jack Guy Lafontant – le flatteur incompétent et incohérent – de garder les écoles fermées, de troubler les universités, et d’ignorer les revendications salariales des enseignants. Des fonctionnaires font la grève. Organisent des « sit-in » devant les locaux des ministères dans le but d’exiger des meilleures conditions de travail. Les écoliers des institutions publiques manifestent dans les rues pour demander le retour des professeurs dans les salles de classe. La police servile utilise contre eux leurs mitraillettes chargées à balles réelles. On a déploré un cas de mortalité parmi les petits manifestants en colère. Les membres des gangs armés tuent sans pitié pour une petite poignée de gourdes. Ces assassins sont payés pour tuer de sang-froid. Pour semer la pagaille au sein de la population déjà éprouvée. Ces méfaits, ces malversations participent, à notre humble avis, d’un projet sadique de déstabilisation de la société haïtienne.

Le dimanche 11 mars 2018, le milliardaire Sebastian Piñera, élu le 17 décembre 2017 au second tour de la présidentielle, est venu remplacer la  socialiste Michelle Bachelet qui avait fait preuve de tolérance dans le dossier de l’exode des Haïtiens en direction du Chili de Salvador Allende. Comme dirait probablement Jean-Marie Chanoine, avec toute l’arrogance de son inculture,  « Le bal est fini » pour les réfugiés de Jovenel Moïse, de Jack Guy Lafontant et de Wilson Laleau. Et puis quel « bal »? Celui qui découle du droit de libre circulation sur une planète héritée de la « création » ou de l’ « évolution »?

Demain viendra le temps de la « pluie et des orages » de Mark Twain. Une « Révolution mondiale » renversera toutes les barrières frontalières du monde. Et disparaîtra, pour toujours, cette nuit-là, la notion de race humaine. Partout dans l’univers, il n’y aura que  des camarades unis, solidaires les uns des autres dans la justice sociale, l’équité économique, la paix mutuelle, l’émancipation culturelle et l’assainissement environnemental.

Robert Lodimus

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