Pleins Feux Sur : Olivier «Oli» Duret

« Une marque synthétique »|(Haïti - ?)

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Olivier «Oli» Duret

Oli lui aussi s’est révélé comme l’une des incarnations de ce déferlement vocal qui s’est manifesté dès les ‘’mid-eighties’’. Avec la prédominance des : M.J, Prince, Perry, The Gibbs brother’s, Wonder, Gaye, Smokey, Aaron et bien d’autres qui ont fait des ruées félines ; cette phonation vocale qui permet de chanter au-delà de la modale, leur phrasé de prédilection. Pour la tradition au bercail, à part Dupervil (influencé par les : Mariano, Rossi etc) qui en était l’explorateur le plus connu. Il a fallu la fin des années 1970, pendant que Ti Manno l’y injecte dans le konpa. Pour voir Joël Widmaïer un adepte des vibrations planétaires s’installer en représentant du genre. Que va aussi prospecter ceux de la nouvelle génération : Tantann, Alan, Wuydens, Andal, Doré qui ont de leur part projeté les éclectiques : Cangé, Wid, Mac-D, Khé, Kenny, Lebeau, encore et, dont Olivier Duret peut se targuer d’être de la lignée.

Ayant été contaminé dès l’ingénuité de délire chanterelle ; fredonnant à satiété tous les airs à la mode. Toujours d’une manière spéciale qui attire l’obligeance de son entourage, qui s’applique à le stimuler dans cette voie. Pendant que Oli étale ses aspirations de prétendant musicastre; en se désaltérant dans ce massif champ d’incursion qu’est la ‘’world music’’. Avec une préférence pour les paramètres : pop, r&b, rap et de toutes les dérivées des vogues ambiantes. En plus d’être attentif aux vibrations du terroir, dans l’exploration de multiples rythmes autochtones. Tout en s’astreignant à se modeler une marque personnelle qui se veut une fusion des tonalités qui l’ont inspiré. Dans l’implémentation d’un timbre kaléidoscopique, diffus de coups d’éclats instantanés.

Et qui avait laissé le meilleur derrière lui suite aux titres : men medikaman, bidi bam bam, adorasyon et gason makomè pour leur alter ego Mimi.

Une approche qui va emballer sa signature d’artiste, vocaliste, interprète et compositeur en devenir. Spécialement dans sa collaboration avec d’autres artistes de sa filiation ; notamment Mika Ben avec lequel il a travaillé plus intimement. En faisant de la musique un sacerdoce qu’il partage avec ses obligations académiques. Pour éventuellement faire irruption au sein d’un groupe obscur dénommé « KAI » (rien à voir avec la bande à Richard Cavé), qui n’a aussi vécu que l’espace d’un cillement. Ce qui l’a contraint à se positionner dans le freelance. En se montrant dans des prestations sur demande. Qui lui ont permis d’émerger de la pénombre au gré d’une voix au souffle sensoriel ; apte à bousculer de vieux clichés. Evidemment, ce retentissement n’est pas resté sans suivi et le met dans le viseur des poulagas.

Incidemment, c’est avec le groupe « T-Vice » qu’il va faire sa grande rentrée dans l’arène du show-biz environnant ; alors en situation descendante avec peu d’ascendance que les excursions carnavalesques. En plus d’avoir trop longtemps supporté ce palliatif qu’est la gueule de bois de Roberto. C’est donc dans l’urgence que les rejetons de Robert avaient besoin d’un chanteur attitré. Débarqué au sein de la bande des frères Martino, au beau milieu de la première décade de ce millénaire. O.D s’est entaché d’apporter une dose de créativité dans un ensemble qui en avait bien besoin. Et qui avait laissé le meilleur derrière lui suite aux titres : men medikaman, bidi bam bam, adorasyon et gason makomè pour leur alter ego Mimi. C’était au temps des chamailles qui ont causé autant de dérapages. Avant que l’alliance ‘’grenn nan bouda’’ ne vienne les réunir pour les désordres qui ont suivi. Et qui fait comprendre leur similarité dans la danse macabre.

En étant la seule option qui lui restait qu’un retour à ses sources personnelles ; dans des initiatives qui lui permettent de mettre en évidence sa propre marque.

C’est donc, ce capharnaüm sonore qu’Olivier s’est empressé de déblayer. En y injectant sa touche innovatrice qui exulte et infuse une bouffée d’air frais dans une entreprise qui prenait de l’eau. Ce qui a fait la différence à travers l’opus ’’Welcome to Haïti’’, avec : tanpri souple, fèm vole, des ballades luisantes, sur des détours exotiques, toi et moi, un paso-doble imprégné de hip-hop ; mettant à nu son orientation globalisante. Ainsi que nou pap lage et mwen damou w qui sont parmi les seules pièces audibles d’une œuvre qui n’a pu quand même dépanner l’hélicoptère. Qui même doté des traits lumineux de Duret, n’a fait qu’exposer les imperfections d’un ensemble qui fonctionnait comme une entreprise familiale. Et qui l’a affublé d’empêcheur de tourner en rond, avec peu d’espace pour agir et créer.

Ce qui l’a mis dans une posture de figurant à laquelle il refuse de s’y adonner. En décidant de prendre congé d’une filiation à laquelle il venait faire ombrage. En étant la seule option qui lui restait qu’un retour à ses sources personnelles ; dans des initiatives qui lui permettent de mettre en évidence sa propre marque. Ce qu’il a entamé dans la musique alternative, paré de flair, de traits singuliers, d’envolées exotiques et d’une voix aux attraits félins et de diction harmonique et verbale qui l’habilitent d’une tessiture planétaire. Décelée à travers différentes performances comme : danre ra, du konpa contemporain, ma chérie je t’aime issu ‘’des tubes du zouk’’, pa kite m avec « 5 Lan » dans du konpa à la saveur hip-hop, des réadaptations de perfect de Ed Sheeran et all of me de J. Legend qui confortent ses qualités de crooner.

En tout cas, en empruntant la voie de la réadaptation des hits d’outre-mer, qui semble être sa chasse gardée ; dans les diverses collaborations auxquelles il a pris part. Incluant un ‘’stint’’ avec le groupe « Dat7 » auquel il a dispensé les morceaux : se konsa et je veux m’envoler dans une association fugace ; qui l’a vu revêtir à posteriori son accoutrement solitaire. Avec lequel il entend sillonner les avenues de la reconnaissance. Au gré d’une marque qui recèle assez de ressources pour atteindre sa vitesse de croisière.

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