Pleins Feux Sur : Alix Corvington

« Une basse déliée » (P-au-P - ?)

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Alix Corvington

Elevé dans une famille infatuée de musique classique. Alix ainsi que sa sœur et son frère cadet Michel ont été initiés au piano qui fut l’instrument de chevet du foyer. Jusqu’au début des sixties volatiles marqués d’explorations jazzées, des ‘’riffs’’ de rock & roll, des méandres du blues et des pointes de bossa-nova qui ont propulsé l’euphorie ‘’ye-ye’’. C’est ainsi que captivé par les improvisations de Ron Carter, Alix a décidé de s’orienter vers la basse ; tandis que Michel lui s’est attelé à la guitare. C’est à travers cette mutation qu’ont surgi les musiciens et guitaristes vachement modernes comme Tit Pascal avec « Ibo Combo » ; empaumant les bases pour des formations telles que : « Les Copains » de Boulo Valcourt et « Les Shelberts » entre autres.

Alix infuse son estampille improvisée à la basse pour en faire un instrument à la fois harmonique et eurythmique.

C’est dans cette dynamique qu’est apparue la formation « Les Corvington » dans laquelle Alix a occupé la fonction de bassiste, après le court passage de Bobby Rouzeau, avec un toucher spontané. Ainsi a démarré sa carrière de musicien ; encouragé en ce sens par des parents qui ont facilité la tâche dans l’octroi des logistiques et instruments ; ainsi qu’une chambre à la maison pour les répétitions et la camionnette de l’entreprise familiale pour le transport lors des prestations du groupe. A cette étape, il infuse son estampille improvisée à la basse pour en faire un instrument à la fois harmonique et eurythmique. Utilisant en ce sens son atout au piano pour galvaniser une tessiture élastique. Bref, après deux années au top avec un ensemble qui n’a pas pris du temps pour conquérir des inconditionnels, Alix devait tirer sa révérence.

Tout comme la plupart des jeunes de son âge, il doit se mettre à couvert sous des cieux moins hostiles, loin de la ‘’papadocratie’’, lorsque le temps pour les études s’annoncent. Remplacé à la basse par le futur docteur et guitariste classique Pierre Boncy avant la dissolution complète du groupe avec le départ au cours de la même année du guitariste maestro et frère cadet Michel Corvington. Installé au state, entre le boulot et les études, il continue de cultiver la basse ; tout en prenant le temps de prendre part à un petit combo éphémère « Les Tricheurs », en compagnie de Boulo Valcourt, Buyu Ambroise, Jan-Jan Laraque et autres. Certains d’entre eux ayant parallèlement fait partie du groupe « Ibo Combo » de NY dont Alix a entretenu l’entourage.

C’est cette filière dont il va suivre les traces lors du retour collectif de ce groupe pour Haïti au milieu des années soixante-dix. Une association qui va le confirmer comme bassiste attitré du nouveau venu « Caribbean Sextet » avec lequel il s’est réintroduit dans :’’Forte Dose’’, le premier disque du groupe, une décade après avoir laissé la scène locale ; mettant en évidence un jeu ciselé et tout en densité. Prenant une part considérable à l’ascension de la bande à Régi Policard dans la réévaluation des modules, sans pour autant se dérober des contraintes rythmiques. Formation pour laquelle, il a saupoudré les œuvres successives telles : ‘’En gala’’, ‘’Magoudou’’, jusqu’à ‘’Caribbean News’’ (La pèsonn).

A cette intersection, il se fait suppléer par l’inspiré Richard Barbot et, ensuite l’excellent Joe Charles jr. Car entre temps, Alix s’était en ancien ‘’diaspora’’ avisé, lancé dans les affaires dans l’imprimerie de maillots qui ont un peu limité ses manœuvres. De plus, il a d’autres boulots sur les planches comme membre de l’ensemble « Wave », en compagnie de Lyonel Volel (sax), sa femme Françoise Volel (chant), Régi Policard (claviers), Jan-Jan Laraque (batterie) et Toto Laraque (guitare) et Alix à la basse qui s’impliquent tous chaque jeudi à El Rancho dans des sortilèges de jazz, bossa-nova, traditionnel et autres implorations ‘cross over’. Puis, il est bassiste d’office des chansonniers comme Lyonel Benjamin, Gilbert Fombrun et autres.

C’est ainsi que trop bousculé par une horaire démentielle, Alix a pris du recul par rapport à ses activités musicales pour se consacrer dans ses entreprises personnelles. Une situation qui a correspondu au remue-ménage du groupe et l’installation permanente de l’insolent Joe Charles. Quant à Alix, il a continué partiellement à se montrer, notamment à travers les premières productions ‘’en solo’’ de Policard telles : ‘’ Lese mwen viv’’ et ‘’Sa se twòp’’. Avant de définitivement jeter l’éponge pour prioriser la vie familiale et les affaires. Aujourd’hui encore, ce musicien timide et réservé par rapport à l’éloquence du petit frère Michel, savoure ses jours de repos du guerrier dans le Sud de Miami et dit n’avoir rien regretté. Préférant se délecter de son statut de mélomane.

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