L’Union soviétique et le socialisme, c’est le choix de la majorité absolue

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Guennadi Ziouganov dirigeant du Parti communiste russe

Un texte d’une importance capitale, le 17 mars 2021 marque le 30e anniversaire du vote, dont la majorité a opté pour la préservation de l’Union soviétique. Dans cet article d’analyse, publié sur le site internet du Parti communiste russe, son chef, Guennadi Ziouganov, revient sur les événements qui ont aboli le résultat du référendum sur le statut de l’URSS en 1991. 

Cette analyse est d’autant plus importante qu’aujourd’hui le parti a appelé tous les citoyens russes à sortir dans la rue pour dénoncer un coup d’Etat qui a violé la Constitution ce qui est crime et un appel à restituer l’État soviétique et le socialisme, sous le slogan de : « Pour l’URSS ! ». 

En raison de son importance, nous publions le texte intégral de l’article écrit par le Président du Comité central du Parti communiste russe, Guennadi Ziouganov traduit par Marianne Dunlop. Danielle Bleitrach

 

Il y a 30 ans, le 17 mars 1991, un événement a eu lieu qui est entré à jamais dans l’histoire du monde : le référendum pour la préservation et le développement de l’Union soviétique – un état de socialisme, de justice et de légalité. Ce jour-là, la question a été posée aux citoyens de l’URSS : « Estimez-vous nécessaire de préserver l’Union des Républiques socialistes soviétiques en tant que fédération renouvelée de républiques souveraines égales, dans laquelle les droits et libertés des gens de toute nationalité seront pleinement garantis ? »

C’était la seule question, mais d’elle tout le reste découlait. L’unité territoriale et politique de l’Union soviétique dépendait de la manière dont la majorité y répondrait. La réponse reçue reflétait les sentiments, les priorités politiques et socio-économiques, les attitudes morales et les aspirations des 185 millions d’habitants d’un sixième de la Terre ayant le droit de vote. C’était la voix d’un peuple immense – peuple créateur et peuple gagnant. Un peuple qui s’exprimait par la voix d’une grande puissance qui s’étendait comme un pont gigantesque entre l’Europe et l’Asie. Et qui a été la première de l’histoire à montrer au monde un exemple exceptionnel de construction d’un état de justice sociale.

Les calomniateurs antisoviétiques ont essayé d’assurer au monde que le système socialiste et l’Union soviétique en tant qu’entité étatique reposaient sur la coercition militaire et politique, et non sur le libre arbitre du peuple. Mais chaque citoyen adulte de notre pays, grâce à la décision du IVe Congrès des députés du peuple de l’URSS, a eu l’occasion d’exprimer ouvertement et directement son attitude à l’égard de l’État soviétique et du système soviétique lors du référendum de mars 1991. Et ils ont réfuté de manière convaincante les spéculations des calomniateurs.

Plus de 76% ont dit oui à la préservation de l’Union et à la structure socialiste de la société. Dans la majorité des républiques, plus de 90% de ceux qui ont pris part au vote étaient favorables à la préservation d’un État socialiste unifié. Et cela en dépit du fait que les “contremaîtres de la perestroïka”, qui recherchaient ouvertement l’effondrement du pays et le démantèlement du système socialiste, faisaient un lavage de cerveau à la société avec leur propagande antisoviétique depuis plusieurs années, envahissant de plus en plus les médias d’État avec leur accord.

Le 21 mars 1991, quatre jours après le vote populaire, le Soviet suprême de l’URSS, guidé par ses résultats, a pris une résolution : « cette décision est définitive et contraignante pour tout le territoire de l’URSS. »

Cette résolution, qui confirmait la volonté de la majorité populaire, était de la plus haute importance, et personne n’avait le droit de la contester après le référendum. En effet, un référendum n’est pas simplement une expression de volonté sous la forme d’un vote. C’est l’institution la plus importante et la plus convaincante de la démocratie directe, qui consiste à légiférer directement par le peuple. Par conséquent, parmi toutes les formes de vote, il a le statut juridique et politique le plus élevé, surpassant le statut de toute élection au pouvoir – y compris l’élection suprême.

La violation des résultats d’un référendum est le crime le plus grave contre la Constitution et le peuple. Mais les traîtres, qui au début des années 1990 avaient déclenché une guerre ouverte contre le socialisme, ont commis ce crime. La « cinquième colonne » qui s’était frayée un chemin dans les échelons du pouvoir et ses conservateurs occidentaux ne pouvaient catégoriquement pas se satisfaire de la préservation d’un État soviétique puissant et uni. Ils ont perfidement biffé la volonté de millions de citoyens qui s’étaient prononcés pour sa préservation. Déjà 9 mois après le référendum, sans interroger le peuple sur quoi que ce soit, ils ont annoncé la fin de l’existence de l’URSS.

Nous avons toutes les bases juridiques et morales pour appeler cela l’un des crimes les plus vils et les plus importants de l’histoire de l’humanité. La Douma d’Etat de Russie, qui s’était déclarée le successeur légal de l’URSS, avait toutes les raisons de déclarer l’illégalité de son effondrement perfide et la nature criminelle des soi-disant accords de Belovej, avec lesquels Eltsine et ses complices ont “acté” cet effondrement. Le 15 mars 1996, à la veille du 5e anniversaire du référendum historique sur la préservation de l’URSS, ces accords ont été dénoncés par le parlement russe grâce à la volonté politique du Parti communiste et aux votes de nos députés.

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Cette décision, comme le décret du Soviet suprême de l’URSS pris 5 ans avant lui, reposait sur la volonté de la majorité absolue. Cette volonté n’a pas été réfutée par un seul vote, pas un seul document juridique. Elle reste légale à ce jour. Les autorités ne voulaient pas l’admettre il y a un quart de siècle, menaçant le peuple et le parlement avec des chars et des mitrailleuses. Elles ne veulent pas plus admettre que nous avons raison aujourd’hui. Mais l’histoire elle-même le confirme inconditionnellement.

Chaque jour, il est de plus en plus évident quelles ont été les terribles pertes pour le pays et le peuple qui ont découlé de la violation criminelle des résultats du référendum organisé en mars 1991. Quels sacrifices nous a coûtés l’effondrement de la grande puissance et le rejet du système socio-économique le plus juste du monde ?

Moins de deux ans après la conspiration ignoble de Biélovej, les anticommunistes qui avaient pris le pouvoir ont commis un nouveau crime politique. Ils ont perpétré un massacre sanglant dans les rues de Moscou, ont tiré sur le Soviet suprême légalement élu, ont finalement piétiné la démocratie et imposé au pays la constitution d’une dictature présidentielle de facto.

L’effondrement de l’URSS a porté un coup colossal à la sécurité géopolitique et démographique du pays et de tous ses peuples, qu’un destin commun millénaire avait rassemblé sous l’aile du monde russe. Le gouvernement soviétique avait réussi à le rendre pratiquement invulnérable aux opposants extérieurs. Mais avec l’effondrement du pays soviétique, le monde russe a été confronté à une menace gigantesque pour son existence.

25 millions de Russes se sont soudainement retrouvés hors de leur patrie historique en tant qu’étrangers, souvent soumis à une discrimination ouverte. Les Russes et les autres peuples sont confrontés à une catastrophe d’extinction sans précédent. Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, rien que les Russes sur son territoire ont diminué de 20 millions, les Ukrainiens – de 10 millions. Ce sont des pertes comparables à celles subies par notre pays pendant la Grande Guerre patriotique. L’extinction a augmenté à un rythme alarmant ces derniers temps. Au cours des deux dernières années, la population de la Russie a diminué d’un million de personnes. Dans le cadre du système mis en place dans notre pays grâce aux viles représailles contre le pays soviétique, nous sommes les seuls à dépérir parmi les plus grandes nations de la planète.

Le rejet du socialisme a conduit à la défaite de la gigantesque industrie nationale, qui a apporté la prospérité à l’État soviétique, assuré l’autosuffisance économique, garanti la sécurité alimentaire et exclu la hausse effrénée des prix qui a lieu aujourd’hui. En raison de la privatisation criminelle, l’économie a perdu sa base solide sous la forme de la propriété de l’État, qui est empochée par les nouveaux riches avides. Des dizaines de milliers d’entreprises ont été détruites ou vendues pour une bouchée de pain à des propriétaires privés surgis de nulle part. Ceux qui souhaitent investir dans le développement du pays sont incapables de gérer efficacement et ne savent que pomper des capitaux à l’étranger et provoquer des accidents industriels.

L’économie est également privée d’un puissant potentiel d’innovation grâce à la science, qui a été mise à rations de famine et vouée à l’étouffement. Elle ne reçoit pas non plus un soutien adéquat de la part des autorités, qui, en prononçant des paroles éloquentes sur la nécessité d’une percée innovante et de devenir l’une des principales économies du monde, ne veut pas aider sérieusement les producteurs nationaux. Et elles ferment les yeux sur les tentatives de destruction des entreprises populaires.

Le système soviétique a mis un terme à la faim, à la pauvreté, au chômage, au désordre social, a garanti à chacun le droit au travail et à un repos décent. Alors que le capitalisme a apporté l’appauvrissement de millions de personnes, sur l’exploitation et le vol desquels se fonde l’enrichissement fabuleux d’une poignée d’« élus » .

Même les statistiques officielles admettent qu’en Russie il y a aujourd’hui 20 millions de miséreux – en fait, un citoyen sur sept. Plus de la moitié des travailleurs sont payés moins de 27 000 roubles par mois. Les enfants de la guerre reçoivent des pensions misérables, et le parti au pouvoir ignore cyniquement nos demandes de les augmenter. La « réforme » des retraites a trompé et volé des millions de personnes qui avaient travaillé honnêtement pour le bien du pays toute leur vie. Et pour ceux qui perçoivent une retraite, elle est en moyenne d’environ 15 000 roubles – plusieurs fois moins que dans la plupart des pays européens. La pauvreté pousse les gens dans les pièges de l’endettement. La dette totale des Russes sur les prêts, qui sont devenus le dernier moyen de survie pour beaucoup, a déjà dépassé les 20 billions et égale le budget fédéral. Dans le même temps, la fortune de la centaine des principaux riches du pays s’élève à près d’un demi-billion de dollars – près de deux budgets fédéraux et environ 20 budgets annuels de tous les projets nationaux combinés.

A l’époque soviétique, sous le socialisme, nous étions le pays le plus éduqué au monde, le plus lisant, le plus en quête de connaissances et de nouvelles percées civilisationnelles. Un pays où chacun avait un droit inébranlable à une éducation et à des soins médicaux de qualité et gratuits. Tandis que l’ère post-soviétique a été marquée par une « optimisation » destructrice de la médecine et de l’éducation, qui ont subi des coupes forcées et sont chroniquement sous-financées.

Mais la destruction de l’URSS et du système socialiste a porté un coup pas seulement à notre pays, pas seulement à notre société. Ce fut un coup dur pour toute l’humanité, qui a vu comment, en l’absence d’une alternative soviétique puissante, le capital transnational se débarrasse enfin de ses masques. Et affiche le sourire impitoyable du globalisme, étranger à toute justice et à toute restriction morale.

Non seulement la Russie, mais le monde entier traverse aujourd’hui l’une des périodes les plus difficiles et les plus dangereuses de son histoire. Et cette période historique, chargée d’une catastrophe mondiale à l’échelle planétaire, a commencé par le piétinement de la volonté de nos citoyens, exprimée lors du référendum de mars 1991. Cela a commencé avec la destruction criminelle de l’URSS et la destruction des grands acquis socialistes.

La destruction de l’URSS et du système socialiste en Europe a porté un coup dur pour toute l’humanité, qui a vu comment, en l’absence d’une alternative soviétique puissante, le capital transnational se débarrasse enfin de ses masques.

Mais plus les gens réalisent clairement les défis que le temps nous lance, mieux ils comprennent : nous ne pourrons y répondre de manière adéquate, survivre, renaître et nous développer avec succès que si nous sommes en mesure de nous appuyer sur la fondation socialiste. Sur une union renouvelée de peuples unis par une histoire commune et une grande idée commune de justice sociale. Sur le programme anti-crise de relance et de développement accéléré, proposé par le Parti communiste.

Les autorités, gardiennes du capital oligarchique, ont peur de nouveaux référendums et entravent leur organisation de toutes les manières. Parce qu’elles le savent : aujourd’hui, comme il y a 30 ans, la majorité absolue se prononcerait à nouveau en faveur de vivre dans un état de socialisme fort et uni, et non dans un pays contrôlé par une oligarchie, dont la politique conduit à la fracture de la société, à l’appauvrissement sans fin et à l’explosion sociale.

En organisant ce forum de SKP-KPSS (Union des Partis Communistes-PCUS) “Pour l’Union soviétique !” et en célébrant le 30e anniversaire du référendum, qui a déclaré l’inviolabilité de la civilisation soviétique et le choix socialiste du peuple, nous ne nous tournons pas seulement vers le passé. 

Avant tout, nous regardons vers l’avenir, pour lequel il est nécessaire de réaliser la renaissance du socialisme. Vers l’avenir, au nom duquel nous appelons tous ceux qui ne sont pas indifférents au sort du pays, à se tenir à nos côtés sous la bannière de la lutte pour une Russie juste, forte et socialiste – pour l’URSS ! Pour une nouvelle Union des peuples soviétiques fraternels ! Leur volonté ne peut être piétinée par aucun adversaire. Et elle s’incarnera certainement dans les nouvelles victoires du socialisme, dans l’inévitable restauration de la justice historique !

17 mars 2021

 

Comité Valmy 25 mars 2021

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