L’intolérable misère

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Par leur position de classe, le gouvernement du PHTK aussi bien que l’opposition traditionnelle qui elle-même lutte pour prendre les rênes du pouvoir ne font que répéter les mêmes partitions programmées et orchestrées pour renforcer le sous-développement chronique du pays.  Il n’est pas inutile de préciser à ce moment donné que les principaux acteurs du mal qui ruinent le pays font semblant d’en ignorer les vraies raisons, c’est-à-dire les conditions objectives. 

La corruption ravage l’appareil d’Etat dans ses échelons les plus élevés. Ceux qui s’acharnent à s’enrichir aux dépens de la classe laborieuse. Les grands commerçants qui en détiennent les monopoles. Les privilèges dont jouissent les officiers et les cadres supérieurs de la police au détriment de leurs subalternes qui manifestent et réclament l’amélioration de leur niveau de vie. Tout se passe pour eux comme si pauvreté plus précarité n’égalent pas insécurité.

Cependant, leur souci permanent est de se soumettre totalement à la domination impériale qui ne fait qu’aggraver davantage la misère et l’anarchie. Ces protagonistes de la classe politique  n’ont aucune autre alternative sinon réduire à néant les masses ; pourtant ils sont préoccupés et ne cessent de discourir sur l’insécurité, tout en refusant de comprendre voire adopter des mesures d’urgences à prendre, des programmes publics à adopter pour la collectivité à savoir du travail et une existence digne pour tous.

Jusqu’à présent, ils refusent d’accepter l’échec d’une politique construite et conçue exclusivement contre les masses populaires.

Selon eux, les laissés pour compte, les chômeurs éternels devraient se résigner, jusqu’à accepter comme une fatalité leur misère de sorte que tout le monde, fortunés et exploités vivent paisiblement comme quoi, il n’y a aucune différence entre les conditions de vie dans les quartiers aisés et celles des bidonvilles.  Jusqu’à présent, ils refusent d’accepter l’échec d’une politique construite et conçue exclusivement contre les masses populaires. Les souffrances d’une masse d’anonymes vivant dans des zones abandonnées n’ont jamais été sur aucun plateau un sujet de discussion. Que leur importe ! Pourvu que chaque bourrique braie dans son pâturage, les riches avec les riches, les pauvres avec les leurs sauf exception d’une panoplie d’individus de la classe moyenne opportuniste préférant trahir sa classe d’origine pour aller servir la bourgeoisie au détriment des démunis.

Bref, cette classe politique haïtienne est dépourvue de toute conscience historique, sans valeur sociale. Outre qu’elle est antinationale, antipatriotique, elle n’a aucun orgueil, et a même perdu la faculté d’avoir honte tellement la domination coloniale impérialiste l’a façonnée de sorte qu’elle devienne un instrument inhumain cyniquement au service des puissances tutrices à l’encontre de sa propre nation.

Elle agit d’ailleurs non pas sans sadisme au spectacle de la destruction du peuple. Leur complicité ne peut-être plus grave, plus ignoble et leur indifférence ne peut-être plus criminelle.

L’insécurité qui sévit n’est pas une calamité. Loin de là, c’est le produit d’un système basé sur la destruction, la violence, le pillage et qui s’intéresse si peu au sort des travailleurs, des misérables paysans et des jeunes qu’ils ont d’ailleurs relégué au dernier rang de la société. Ce système ne fait que précipiter de jour en jour dans un abîme de pauvreté et de chômage la classe ouvrière misérable vivant dans des ghettos. 

L’insécurité qui s’abat actuellement, fruit de la domination impérialiste, représente la vie ou la mort pour la classe des exclus de cette société capitaliste. Un pays qui exclut sa force de travail, les masses populaires, la classe créatrice des richesses et du développement ne saurait ne pas être frappé par la riposte de la violence.  

L’insécurité ne va pas s’arrêter, si les dirigeants du pays ne s’adonnent pas réellement à défendre et à servir les intérêts du peuple et du pays. Et d’autres en plus, si la vanité des projets soi-disant de développement ne repose sur aucun fondement humain haïtien.

Ce n’est pas sans raison, si la réaction des classes dirigeantes face à l’insécurité dont elle est complice est le désarroi, la panique et l’impuissance. Alors que pour les pauvres, la misère est devenue intolérable, objet même de désobéissance de la part de certains policiers vivant dans des conditions humiliantes.

Il est certain que la colère des opprimés et des exploités se lèvera contre la société haïtienne capitaliste moribonde pour l’emporter ainsi que leur misère.

La question à se poser alors, est-ce que ces dirigeants méritent mieux, quand ils sont les premiers à abandonner la population à son sort ? 

Si des policiers issus des masses manifestent leur colère et leur indignation comme des bandits, c’est une réponse humiliante à leur intolérable misère et pour la classe dirigeante. Si des policiers sont victimes des gangs, les dirigeants sont encore responsables. N’est-ce pas leur soumission à la politique néolibérale qui a justement fait basculer dans la misère, la pauvreté et le banditisme des centaines de milliers de jeunes des quartiers défavorisés !

Un jour viendra où la classe ouvrière se révoltera contre la classe dirigeante. Il est certain que la colère des opprimés et des exploités se lèvera contre la société haïtienne capitaliste moribonde pour l’emporter ainsi que leur misère. 

 

 

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