Les progressistes doivent prendre le contrôle de la lutte des masses populaires haïtiennes

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Vive la Révolution, la seule solution

« Là où il n’y a le choix qu’entre la lâcheté et la violence, je choisirai la violence »
Mahatma Gandhi

 

Les nouvelles en provenance de la République d’Haïti sont mauvaises et inquiétantes. Le gouvernement du PHTK, dirigé par Jovenel Moïse, est disposé à périr avec la nation entière, plutôt que d’abandonner le pouvoir à une nuée d’hommes et de femmes, – qui paraissent eux-mêmes sans vision sociale, sans idéologie politique, sans un plan de redressement économique –, et qui se réclament pitoyablement de l’ « opposition démocratique ». Le salut des masses populaires haïtiennes ne peut pas être réalisé seulement dans l’ivresse de la gueulade sur les ondes des radios qui fonctionnent comme des chevaux emballés ! Ces émissions d’affaires publiques, – qui poussent comme de la mauvaise herbe –, sur la crise sociopolitique et économique qui étrangle les familles haïtiennes vulnérabilisées, commencent à devenir fades et rebutantes.  La puissance des uns ne naît-elle pas de la débilité des autres ? N’est-ce pas votre faiblesse qui fait la force de votre ennemi ? Nous sommes dans la logique du raisonnement héraclitien. 

Jovenel Moïse, fort du soutien des instances controversées de la communauté internationale, assuré de l’appui des États-Unis, de la France, du Canada, ne partira pas de lui-même le 7 février 2021. Que comptent faire les politiciens traditionnels pour forcer le nécrophage et sa cohorte de prédateurs à déguerpir des lieux de la présidence, advenant que ces derniers refusent de s’incliner devant la volonté populaire? Les compatriotes qui envahissent les rues pour manifester contre la misère et l’insécurité en Haïti ne cachent pas leur ras le bol des dirigeants du PHTK, conseillés par Michèle Sison de l’ambassade américaine à Port-au-Prince et Helen La Lime du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH). Les groupements politiques dirigés par Schiller Louidor, André Michel, Youri Latortue, Marjorie Michel, Nènel Cassy, Jean-Charles Moïse, et tout le reste de la bande des engueuleurs, des « grands parleurs, petits faiseurs », auront-ils les moyens de mettre leurs menaces de renverser Jovenel Moïse à exécution ? Dans quelle mesure pourront-ils effectivement contraindre le troupeau du PHTK à ramasser ses bataclans pour aller paître ailleurs ? Et pourquoi pas dans les enclos du pénitencier national? Néanmoins,  il leur faudra avoir la capacité, le courage, la volonté d’aller les appréhender dans les enceintes du palais national, des ministères, – enfin partout où ils se trouvent –, de les ligoter comme le bandit Arnel Joseph, et finalement de les mettre sous les verrous, en attendant qu’ils soient jugés et condamnés pour tous les crimes abominables qui leur sont reprochés ? Pour éviter un pareil traitement, Jovenel Moïse, Martine Étienne et les « esprits colonisés », par lesquels ils sont possédés, ensorcelés, – et nous sommes prêts à le parier –, n’hésiteront pas à brûler Port-au-Prince avec tous ses habitants, comme l’empereur Néron aurait incendié la ville de Rome en l’an 64 ap. J.-C., sans se soucier de la vie des 800 000 individus que comptait la population. 

On l’a déjà assez vu : les hommes et les femmes du PHTK sont des mangeurs de cadavres et des buveurs de sang ! Nous ne pouvons plus dénombrer les enfants, les adultes, les vieillards assassinés sur le territoire de la République, depuis l’arrivée des Tèt Kale au palais national. Ils ont réédité les horreurs du régime de François Duvalier en Haïti. Les prisons sont remplies de prisonniers politiques. Ces sauvages  ne reculent pas devant la mort et le sang. On ne peut pas négocier, discuter voire collaborer avec des vampires qui séjournent au château de Dracula. Dans son texte « Le Droit à l’insurrection », le professeur Louis Marlio explique : «À mesure que l’armement est devenu plus perfectionné, l’insurrection est devenue plus meurtrière et plus sanglante. On a vu, depuis 1830, les bilans des insurrections manquées s’élever rapidement ; les journées de juin 1848 coûtent 15 000 victimes ; les fusillades de la perspective Newsky, lors de la manifestation du pope Gapone, près de 100 000. Qu’est ceci encore par rapport aux millions d’hommes disparus en Russie, en Allemagne, en Italie, tués, incarcérés, morts de faim pour avoir essayé de résister ou être suspectés de résistance à la dictature ? [1]» 

Le domaine de la politique n’est pas réservé à l’incompétence et à l’incapabilité. Il existe des principes, des méthodes, des règles à appréhender. Les grands hommes politiques demeurent des lecteurs impénitents. Ils meurent avec des ouvrages philosophiques importants sur leur table de chevet. Peut-être, vous l’ignoriez : même François Duvalier,  lui qui a assassiné le grand écrivain Jacques S. Alexis fut un grand dévoreur de livres philosophiques et scientifiques. Ce n’est pas pour rendre un hommage posthume au dictateur sanguinaire. Celui-ci forçait les membres de son cabinet particulier, ses ministres à lire des ouvrages appropriés, avant qu’il prît moult décisions, adoptât certaines mesures sociales, politiques et économiques. Le duvaliériste Ulrick St-Louis, – que nous avons interrogé dans le cadre de l’émission « Ces mots qui dérangent » quelques mois avant sa mort–, nous avait fait publiquement cette confidence. 

Joe Biden ne va rien changer pour Haïti

Ce n’est pas l’arrivée d’un nouveau président à La Maison Blanche qui modifiera le sort des compatriotes retranchés dans les bidonvilles. Il ne faut pas oublier  que « le règne des charognards » a commencé sous l’Administration politique de Barack Obama. Joe Biden ne peut pas être innocent, – non pas du tout innocent –, des malheurs qui submergent aujourd’hui le territoire national. Ne soyons pas naïfs ! La politique extérieure des États-Unis, après le 3 novembre 2020, ne changera pas envers la République d’Haïti. Il ne faut pas se faire des illusions. Il n’existe pas de « bon diable » en enfer !

Et pourtant, Joe Biden, semble-t-il, est devenu une nouvelle bouée de sauvetage pour les adversaires désorientés de Jovenel Moïse, qui coulent, tranquillement mais sûrement, sous les vagues d’un déficit flagrant de créativité en matière de stratégie politique. La sagesse nous apprend à attendre la levée du vent pour savoir dans quelle direction il va souffler. Et celui qui vient de l’Amérique du Nord n’est jamais favorable à l’embarcation sociale, politique, économique et environnementale de notre peuple. N’entraine-t-il pas toujours notre pays vers les rapides destructeurs, meurtriers, dévastateurs, apocalyptiques…? Mes réflexions, à ce niveau, goûtent la philosophie de Khalil Gibran.     

Les grands hommes politiques demeurent des lecteurs impénitents. Ils meurent avec des ouvrages philosophiques importants sur leur table de chevet.    

Que faudrait-il encore écrire ou dire, pour espérer arracher quelques larmes de conscience aux vendeurs du droit d’aînesse d’Haïti ? Ces conspirateurs et ces traîtres, attirés par le pouvoir et l’argent, flirtent depuis des décennies avec les néocolons qui ont fait le serment sur la tombe de leurs ancêtres négriers de conduire la Nation  haïtienne à sa ruine et à sa perte. Haïti doit disparaître pour permettre à la France impériale d’enlever des pages de l’histoire universelle l’outrage de la défaite qu’elle subit sur la terre de Saint-Domingue.  Une bande d’esclaves incultes, kidnappés de l’Afrique, osèrent apprendre aux empires kleptocrates européens, maîtres absolus des vols et des rapines en Amérique, le sens complet du concept de « Liberté ». Heureusement pour le monde progressiste, les défenseurs du  napoléonisme, quoiqu’ils eussent fait, ne furent pas parvenus à enlever les dates du 18 novembre 1803 et du 1er janvier 1804 de la mémoire blessée et orgueilleuse d’un passé colonial  qui porte les brassards de la « hautainerie », du dédain, de l’arrogance, de la condescendance… Le chêne apprit à ses dépens cette nuit-là qu’il ne pouvait éternellement continuer à « braver l’effort de la tempête ». Cependant, se souvint-il encore que, pour son malheur,  le roseau plia, et ne rompit pas. Haïti a résisté, résiste, et résistera à tous les complots des hégémonistes ! Pour éradiquer les maux et les iniquités qui affligent les êtres humains maintenus sous la domination des bourgeois, il faut, comme le conseille Bakounine, « une révolution sans pitié, qui, par le fer et le feu, extirpera jusqu’aux dernières traces de l’ancien ordre social [3].»   

 Aucun document officiel ne relate les tribulations, les souffrances de Paris  ni ne souligne le comble de ses désespoirs à Vertières ou à la Crête-à-Pierrot. Ses cris de détresse, mêlés aux grondements des tonnerres de la victoire monumentale d’Henri Christophe et de ses frères d’armes, ont traversé l’océan Atlantique. Bonaparte – comme il le fit sans remords et sans souci dans ses campagnes d’Italie, d’Égypte, d’Allemagne, de Russie – sacrifia 40 000 français sur le sol de Saint-Domingue. Il sera donc difficile pour la République d’Haïti d’échapper à la haine des « blancs » négrophobes. 

Dans le cadre de la commémoration du 18 novembre 1803, et en cette triste époque où la déchéance sociale  et la trahison politique trônent à leur plus haut sommet, nous nous courbons devant les esprits errants des martyrs et héros de la guerre de l’indépendance qui ont légué à leurs descendants une « patrie » forgée dans le sang, qui représente, malgré tout, une grande fierté nationale. Ce peuple résilient, courageux, combatif finira certainement par triompher des forces occultes qui l’ensorcèlent. Il éliminera les tares morales, intellectuelles et physiques, sources de toutes les déconvenues qui l’assaillent et  reprendra son périple vers son « Canaan ». Haïti s’éveillera. Et une fois de plus,  il étonnera le monde.  Comme dit la fable : « Attendons la fin… » 

Hérode, roi de Judée, demanda à son conseiller : « Qui est ce Messie qu’ils attendent? » Le subalterne répondit de manière désinvolte : « Quelqu’un qui ne viendra jamais! » Cependant, comme le révèlent les Écritures, l’homme se trompa. Car le Messie vint. Parce que Jérusalem détruisait ses « Prophètes ». 

les croyants chrétiens, la trahison de Juda Iscariote à Gethsémani ne s’inscrit-elle pas dans la logique des étapes symboliques qui jouxtèrent l’accomplissement de la « prophétie » autour des mystères de la « naissance » et de la « résurrection » de Jésus  pour la cause rédemptrice de l’Humanité? L’acte de mourir, quand il se révèle utile et impératif, quand il devient le commencement solennel d’une naissance nouvelle,  serait-il indissociable des désirs nirvaniques de l’être pour reconquérir la totalité de sa « Liberté »? Comme travailler, manger, boire, dormir, s’instruire, voyager, jouer, enfanter, s’habiller, aller, revenir, danser, prier, ne pas prier… Enfin, tous ces mots sensés qui  charrient, à eux seuls, les rêves portés par les souffre-douleur du banditisme politico-néolibéraliste, ce fléau d’Attila qui bouleverse la terre.

Michel Eyquem de Montaigne, philosophe de la période Renaissance, remarque : « La préméditation de la mort est préméditation de la liberté. Qui a appris à mourir, a désappris à servir. » Toutes les femmes et les hommes qui ont provoqué la levée du vent de Joris Ivens dans le désert de la bêtise sociale, de l’immoralité politique et de la déliquescence économique avaient appris à mourir. Tous, sans exception. 

Ce peuple résilient, courageux, combatif finira certainement par triompher des forces occultes qui l’ensorcèlent.

Dans « Parole d’homme », Roger Garaudy parle d’une époque de sa vie où il n’avait pas encore appris à mourir. En d’autres termes, l’écrivain a avoué qu’il cherchait encore le chemin de l’engagement moral que confère la militance politique bâtie solidement sur le roc de la conviction idéologique. « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? », disait Jésus à Pierre qui n’arriva pas à compléter l’exploit mystique de la marche sur la mer  pour aller à sa rencontre. L’apôtre paniqua. Et il s’enfonça dans les eaux profondes. 

Les sociétés paralysées par la peur de mourir sombrent dans l’humiliation, pataugent dans l’immobilisme et la léthargie. Les images séquentielles de Pierre marchant vers Jésus pourraient aussi servir à dialectiser la situation du citoyen militant qui avance à la rencontre des idéaux démocratiques, et qui, finalement, se dégonfle. Les flambeaux de la résistance à l’oppression doivent toujours rester allumés pour éclairer la voie du vaste projet de « Révolution mondiale » qui se réalisera au profit des masses. Et même dans les nuits venteuses des massacres comme ceux des Saints Innocents, de la Saint-Barthélemy, de Nankin

Pour ceux qui connaissent la tragédie de la « mutinerie du  Cuirassé Potemkine » de 1905, adaptée au cinéma par Sergei Eisenstein,  nous rappelons que c’est l’assassinat du chef Vakoulintchouk et le massacre spectaculaire des civils sur les marches de l’escalier d’Odessa qui ont pavé la voie durant 12 années, selon certains historiens communistes dont Léon Moussinac, à la révolution d’octobre de 1917. Une histoire de viande pourrie rongée par des vers que l’on donna à manger aux marins du Cuirassé Potemkine déclencha une révolte populaire et changea le cours de l’’histoire du peuple russe.

Le messie haïtien est dans l’organisation de la résistance haïtienne 

Le gouvernement  des Tèt Kale se débat dans une forêt d’absurdités où croissent l’irrationalité, la tromperie, le mensonge, la perversion, l’anarchie, l’incompétence, l’immoralité… Bref, la Diablerie ! Les équidés, grâce à l’appui des États cyniques qui les guident et encouragent, ont détruit toutes les institutions publiques déjà branlantes. Ils ont vidé les réserves monétaires de la République. Les petits fonctionnaires, à bout de souffle, sont obligés de manifester devant les locaux du ministère de l’Économie et des Finances pour réclamer des arriérés de salaire qui totalisent des mois. Et parfois des années !

Constat révoltant

La bourgeoisie compradore d’Haïti gagne sur tous les terrains de l’économie et de la finance. Ses comptes bancaires sont garnis tous les jours en devises étrangères fortes : euros ou dollars américains. D’ailleurs, c’est elle qui profite gracieusement de la remontée bizarre de la gourde.

La société haïtienne  guette l’émergence d’un cerveau intelligent, génial qui viendra – au sens où le rapporte Herbert Marcuse – le « forcer à être Libre ».  L’essayiste s’aligne sur les approches théoriques rousseauistes pour expliquer : « La contrainte est rendue nécessaire par les conditions immorales et répressives dans lesquelles vivent les hommes. Son idée fondamentale est la suivante : comment des esclaves, qui ne savent même pas qu’ils sont esclaves, peuvent-ils se libérer? Comment peuvent-ils obtenir spontanément leur émancipation? Il faut les éduquer et les guider, leur apprendre à être libres et ce d’autant plus que la société dans laquelle ils vivent a recours à des moyens plus variés pour modeler et préformer leur conscience et pour les immuniser contre tout choix possible. [4] »

Forcer les pauvres du monde à se « Libérer » de la  dictature  oligarchique  devient  une « nécessité absolue ».

Dans le langage de la philosophie révolutionnaire, cette forme de contrainte que Rousseau a justifiée dans le cadre de la réflexivité portant sur les principes fondamentaux des libertés politiques et des droits collectifs et individuels s’inscrit dans la logique de ce qu’Hébert Marcuse qualifie de « dictature éducatrice ». On ne peut pas compter sur des citoyens dont certains – très orgueilleux et inconscients –  paraissent mal-éduqués, mal-instruits, et d’autres – la grande majorité –  complètement illettrés, analphabètes et ignorants, pour changer les vieilles structures sociétales héritées du mouvement anti-esclavagiste de la fin du 17ème et du commencement du 18ème siècle à Saint-Domingue, qui permit de fonder, de peine et de misère, cet État. Quoiqu’embryonnaire

S’il existe véritablement un rapport étroit entre la  morale et la politique, faut-il abandonner ces citoyens trompés, opprimés, oppressés, exploités à leur triste sort, ou adopter,  au contraire, les grands moyens de les sauver, même contre leur gré, d’une catastrophe démocidaire? La réflexion sur la « Liberté contraignante » devrait occuper un grand espace dans les fora sur l’avenir socio-économique et politique de la Nation haïtienne.  Forcer les pauvres du monde à se « Libérer » de la  dictature  oligarchique  devient  une « nécessité absolue ». 

Platon insiste : « Seuls le savoir et l’honnêteté doivent gouverner. » En ce sens, l’un et l’autre se complètent. Nous parlions à la doyenne d’une Faculté de gestion et d’administration dans une université québécoise qui a organisé à Port-au-Prince plusieurs conférences sur l’évolution du rôle de la haute fonction publique. Elle nous a avoué que le retard considérable que connaît Haïti par rapport aux autres pays de la région viendrait du fait que les rares citoyens qui sont allés à l’université souffrent d’un déficit de méthodologie qui les empêche de faire des choix de développement appropriés et viables afin d’aider leur pays à avancer. Ils se montrent étonnamment incapables de se servir de la théorie pour compléter le trajet de systématisation de l’objet par la phase finale qui est  sa concrétisation ou sa  matérialisation.

Les puissances impérialistes ne se mêlent pas des affaires internes de l’État haïtien dans le but de l’aider à trouver une voie sûre de développement ? Elles veulent plutôt le dérouter de tous les objectifs sociopolitiques  salutaires! Les portes de cette prétendue démocratie vers lesquelles elles le poussent depuis l’occupation regrettable de juillet 1915 s’ouvrent sur le vide de la catastrophe économique. Il faut que le peuple de la République d’Haïti arrête cette marche mortelle entreprise vers le Nord par les classes dominantes. Le soleil levant se trouve à l’Est. L’Ouest symbolise la peur, la désolation, la paupérisation, l’appauvrissement, le choléra, le sida, l’exode interne et externe… Il apporte avec le coucher du soleil  la nuit des loups-garous.

Si les sociétés mondiales étaient dirigées par des politiques patriotes, issus des opérations électorales qui portaient le sceau  de l’honnêteté, pensez-vous qu’il y aurait tous ces problèmes d’exode, de chômage, de pauvreté, de crimes… sur la terre? Pourquoi les États du Nord, « champions de la démocratie » construisent-ils des prisons à sécurité maximale à coup de millions dollars, au lieu d’investir dans des entreprises sociales et économiques rentables, susceptibles d’améliorer l’indice du développement humain (IDH) au niveau planétaire ? 

Les dirigeants des pays de l’Occident savent que les inégalités sociales génèrent des frustrations violentes, des conflits explosifs difficiles à contenir et à réguler. Les ghettos de Harlem, de Bronx à New York, les cités à Paris, les quartiers de Saint-Michel, de Montréal-Nord, de Rivière-des-Prairies à Montréal, autant de bombes à retardement qui risquent d’embraser le climat de sécurité publique déjà fragile. 

« Révolution mondiale », nous évoquons l’idée de la « Démocratie radicale »

Nous entendons tous les jours dans les nouvelles que le chavisme agonise. Le président Maduro soutient le contraire. Mais ne cache pas que son pays fait face à des difficultés majeures, très menaçantes pour l’avenir de la révolution. L’une des causes majeures de cette situation problématique, c’est le fait que le régime gouvernemental instauré par Hugo Chavez dès les premiers moments, n’a pas arrêté de subir les attaques, secrète ou ouvertes, malveillantes, incessantes, déstabilisantes, asphyxiantes, éventuellement meurtrières de l’impérialisme états-unien renforcées par les menées des pouvoirs de droite et d’extrême droite latino-américains et par les indésirables et néfastes interventions de l’Union européenne.

Les élections, de la façon dont elles sont conçues et organisées, ne contribuent sans doute pas à promouvoir la démocratie, que ce soit dans les pays truffés d’analphabètes comme Haïti ou dans les ‘‘démocraties’’ occidentales dépourvues d’analphabètes–, à l’imitation de l’époque baptisée « le siècle de Périclès ». Par contre lors du vote populaire du 16 décembre 1990 pour faire valoir le triomphe de la « démocratie » au pays des Haïtiens, ainsi que lors de votes populaires successifs en Bolivie, au Venezuela, en Équateur,– et c’est vrai –, la volonté populaire triompha. Les conditions sociales et économiques des pauvres, surtout dans ces trois derniers pays – l’expérience Lavalas de 1990 ayant tourné court après sept mois, on sait comment –  ont changé de façon significative. En fait, pourquoi votent les électeurs ? Ils le font dans l’espoir de passer de l’ « existence » à la « vie ». C’est justement ce qui se produisait dans ces trois pays-là et qui a été ou est encore en train d’être torpillé par l’impérialisme yankee. À défaut de Sierra Maestra, une expérience unique, la Bolivie et le Venezuela font une expérience différente, positive, orientée vers les masses et qui doit être ésolument soutenue. Depuis le 1er janvier 1804, la « vie » n’a jamais germé en Haïti pour les misérables. Les élections bourgeoises demeurent une source intarissable de division, de corruption, de coquinerie, de fraude, de malhonnêteté… Quand elles ne permettent tout simplement pas à la médiocrité d’être investie en lieu et place de l’intelligence. Lorsque nous parlons de « Révolution mondiale », nous évoquons l’idée de la « Démocratie radicale », au sens périclésien du 5ème siècle. Les intellectuels progressistes doivent repenser ou réfléchir sur les mécanismes de succession des pouvoirs politiques dans un système d’État révolutionnaire. C’est ce que Chávez, Maduro, Evo, le nouveau président et le vice-président boliviens ont fait, continuent de faire. Ils doivent être soutenus hardiment. 

Dans quelle direction faut-il orienter « notre combat » qui a comme finalité, comme but ultime l’anéantissement, la désagrégation des gratte- ciel de l’exploitation des pauvres, répartis sur l’ensemble de la planète ? Dans le sens d’une articulation des possibles, d’un vrai tètkole révolutionnaire, internationaliste, fidéliste, sankariste. Nous n’avons pas l’intention de noyer nos attentes sous une phraséologie métaphorique. D’ailleurs notre « antibourgeoisisme » est articulé et accentué. Il ne porte pas le masque de la prudence exagérée, la cagoule épaisse de la frousse honteuse et le voile opaque de la faiblesse d’une capitulation. 

La mobilisation populaire est la clef contre le barbarisme impérial

Le peuple doit se révolter contre les dirigeants oppresseurs. Mais il doit aussi se préparer à mener la lutte sur tous les fronts. Et surtout, se donner les moyens de gagner sa guerre. Même s’il doit perdre des combats, comme les masses boliviennes, comme Robert Bruce qui a régné sur l’Écosse de 1306 à 1329. Pour sortir du colonialisme, les esclaves africains ont brûlé des plantations, incendié des maisons, coupé des têtes. Plusieurs d’entre eux sont décédés sur les champs de bataille pour que triomphent leurs rêves de Justice et de Liberté. On devient des martyrs, mais on ne se condamne pas à être des martyrs. C’est le parcours de la lutte qui le décide. Jacques Stephen Alexis ne savait pas qu’il allait mourir en Haïti. On n’entreprend pas une lutte en sachant que l’on va absolument perdre. Ce n’est là certainement pas ce qui guide les masses haïtiennes. 

C’est là l’explication à leur longanimité politique, leur invariable résistance dans une lutte contre de puissants ennemis, assurées que leur Fidel, leur Evo, au sein d’une équipe organisée, menant une politique de classe, révolutionnaire, finira bien par émerger. L’espoir de gagner guide toujours nos pensées et nos actes dans de pareilles aventures. Celui ou celle qui prend la route espère toujours qu’elle conduira au but souhaité. Cette dite « opposition démocratique » doit arrêter de conduire les masses populaires à la boucherie, en lançant des mots d’ordre de manifestations en veux-tu, en voilà ? C’est le peuple qui devrait par ses aspirations de changement essayer de conduire cette petite bourgeoisie à la raison révolutionnaire.  Pourtant et c’est là que le bat blesse, le peuple est à la traine de cette bande d’opportuniste.  

Nous sommes sortis de l’enfer du féodalisme esclavagiste pour se voir finalement engloutis sous les flots de la misère et de la dictature politique d’un autre système d’exploitation.  Dessalines, Pétion, Christophe nous ont extirpés des flammes du colonialisme. Mais qui nous permettra d’échapper à l’autodestruction capitaliste? Qui nous éloignera des pentes escarpées qui ralentissent notre déplacement vers les lieux édéniques où est supposée nous attendre notre petite tranche de bonheur ? Assurément un leadership responsable, issu de la lutte de classe des masses populaires vient puisque nos racines sont profondes et nombreuses, elles pousseront d’autres leaders progressistes et révolutionnaires à l’instar d’un Charlemagne Péralte, ou d’un Benoit Batraville pour prendre le contrôle de la lutte des masses populaires haïtiennes.

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