Les gangs, une supercherie de la bourgeoisie

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Depuis un certain temps, le pays se trouve dans un état navrant d’insécurité, de crimes et d’assassinats crapuleux. Coupé en deux, le pays s’enfonce un peu plus dans l’équivoque. Il y a des endroits à fréquenter et d’autres qui sont devenus des zones de non-droit comme par exemple Cité Soleil, La Saline, Martissant; sur les visages des familles se lisent la tristesse et la faim.

Ces derniers temps, les sources de tensions sont devenues si nombreuses dans ces quartiers populaires qu’on ne peut qu’être pessimiste pour l’avenir de ces zones abandonnées à elles-mêmes, portant toute la responsabilité créatrice du phénomène de banditisme. Pourtant les actes les plus honteux ont toujours été complotés ou concoctés par une classe sociale bien déterminée, économiquement corrompue et politiquement forte.

Cynisme mis à part, l’inquiétude ne concerne pas seulement les menaces, les récents combats entre gangs. Ce qui est consternant, c’est du fait que rien n’est jamais dit sur la possibilité d’existence d’une pléiade d’auteurs intellectuels du banditisme portant les malfrats à s’entre-déchirer les uns les autres, les laissés pour compte au sein des masses défavorisées se trouvant pris en tenailles entre les bandits.

La vérité profonde est que le banditisme est l’affaire des dirigeants corrupteurs et corrompus.

C’est la seule façon pour ces acteurs dans les coulisses d’avoir une prédominance absolue et continue sur une classe de travailleurs au chômage à perpétuité,  sur ces jeunes exclus de leurs sociétés dans lesquelles ils vivent puis marginalisés et manipulés dans leurs ghettos, condamnés à la misère et à la pauvreté. On leur a inculqué le banditisme comme un métier, comme s’il n’y avait rien d’autre à faire. On a manipulé des enfants, de jeunes hommes et femmes de sorte qu’ils ignorent toute autre alternative de vivre autrement. Par-dessus leurs conditions d’existence, ces jeunes ont été non seulement drogués mais surtout armés pour la défense d’une cause contraire à leurs aspirations véritables.

La vérité profonde est que le banditisme est l’affaire des dirigeants corrupteurs et corrompus, de sorte que les bandits ne réfléchissent jamais et ne cherchent guère à trouver la source qui les force à patauger dans la misère et dans la crasse.

Bref, c’est la lutte des classes qui a donc pris d’autres formes de combattre les masses non  seulement par l’exploitation de leur main-d’œuvre, mais en les armant de munitions au lieu de les pourvoir en écoles, travail et autres moyens d’existence. D’ailleurs et bien souvent, ces gangs sont des salariés de la bourgeoisie patripoche, antinationale et réactionnaire qui les utilisent à des fins de répressions, pour opérer des massacres sur la population de sorte que les masses vivent dans la peur et ne revendiquent rien.

On a tendance à criminaliser les gangs comme quoi la violence est un facteur inhérent à eux. Pourtant, ce sont les classes dominantes elles-mêmes pour faire oublier leurs méfaits et l’échec de leur politique de faillite qui alimentent la violence.  Ceux qu’on appelle des bandits aujourd’hui au Village de Dieu, à Simon-Pelé, ne sont que des victimes d’une grande inégalité sociale, économique et politique.

Les autorités politiques concernées n’ont aucune volonté d’apporter une quelconque solution à l’insécurité grandissante. D’ailleurs le premier représentant à la présidence de ce régime en place, Michel Martelly, ne cesse-t-il pas de chanter et de faire l’apologie des gangs? Lui et ses salauds sont des « bandits légaux », soutient-il, agissant arbitrairement en ne respectant aucune loi, allant jusqu’à bâtir sa fortune au détriment du peuple haïtien.

Il est clair que les gangs existent mais ils révèlent la réalité socioéconomique du pays. Les gangs sont une construction sociale, un plan macabre pour déstabiliser un pays. Aucune violence ne pourrait le pacifier, ni l’arrêter mais l’alimenter. C’est une entreprise meurtrière dans laquelle, les Pinochet, les Duvalier, les Mobutu, les Savimbi, les Compaoré, les Martelly, Emmanuel Constant, Guy Philippe, Jodel Chamblain, Arnel Joseph et autres se sont engagés sous les ordres d’un système idéologiquement motivé pour empêcher tout progrès ou toute victoire des peuples.

Ainsi, la répression policière ne saurait être la réponse sans une autre forme de société ayant pour aspiration sociale les intérêts des opprimés dans laquelle même des gangsters peuvent se réhabiliter et retrouver leurs repères.

Dans cette lutte des classes, pour parvenir à une solution, nous devrions nous débarrasser de la politique artificielle et de la tutelle. Il nous faut savoir qu’il existe deux camps dans le monde: l’un en faveur de la vie et de la paix ; l’autre qui se spécialise en enlèvement de patriotes, sabotage, assassinat, tueurs à gages, violations des libertés puisqu’il ne vit que de la violence et de la guerre.

Plus que jamais en Haïti la lutte des classes va en s’intensifiant, il est temps que les classes laborieuses s’organisent pour mettre fin à cette supercherie grossière et criminelle des classes dominantes haïtiennes qui ont les mains liées à l’impérialisme international.

 

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