Le sens d’un anniversaire

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Dimanche 20 Septembre 2020. Une journée qui ne sera pas différente des autres, sauf que ce jour-là ramènera le 262ème anniversaire de naissance de Jean-Jacques Dessalines, le Grand, le Fondateur de nation, le révolutionnaire, l’avant-gardiste de l’héroïque révolution haïtienne de 1804 anti-esclavagiste et anticoloniale qui a conduit les esclaves de Saint-Domingue à l’indépendance.

Quel sens donner à cet anniversaire, quand le pays qu’il nous a légué, soyons clairs, vit encore dans un long cauchemar politique tout en s’enfonçant dans des ténèbres de malheur ? Les forces rétrogrades de la classe dominante, héritières des traitres et criminels qui avaient accepté de concocter le parricide de Pont-Rouge pour sauvegarder leurs privilèges, détiennent encore le pouvoir et continuent à nous imposer des gouvernements illégitimes, arrogants, immoraux, incompétents et antipopulaires pour leur faciliter la tâche de continuer non seulement à piller, dilapider les richesses et ressources du pays mais à le déstabiliser au profit des puissances dominantes internationales.

Présentement, le gouvernement en place comme beaucoup d’autres avant lui ont préféré asseoir leur pouvoir sur deux mythes pour combattre les masses populaires : celui de la domination coloniale par les grandes puissances impérialistes et une alliance entre les deux forces locales d’anti-changement : les grands propriétaires fonciers féodaux et la bourgeoisie financière import-export.

Dessalines, vous avez déclaré le 28 Avril 1804 : «  J’ai vengé l’Amérique » pour signifier que la libération d’Haïti est celle de toute l’Amérique.

C’est dans ce contexte de cauchemar que ce gouvernement détenteur d’un record d’échecs politiques, par son imposture fondamentale a provoqué plus de questions que d’apporter de réponses au pays. Il est le fruit d’un système sans projets fondamentaux et qui ne fait que privilégier davantage l’éphémère par rapport au durable.

Son  palmarès laisse à désirer puisque l’autorité de l’Etat ne cesse de décliner alors que son irresponsabilité est en hausse. C’est le comble du désespoir, de l’angoisse et des déchirements du cœur dans tous les quartiers populaires.

L’exploitation et l’oppression du peuple par l’impérialisme en accord concerté avec ces cliques gouvernantes ont atteint leur paroxysme.

Tous les projets de ces gouvernements fantoches, valets des puissances impérialistes sont contraire à l’idéal Dessalinien et ce sont leurs agressions qui se multiplient et enfoncent le pays dans l’incertitude et le doute.

Ce n’est là un secret pour personne, c’est en optant résolument pour la voie capitaliste et en coopérant étroitement avec l’impérialisme que les dirigeants du pays, fiers d’être des valets soumis, des laquais serviles, des courroies de transmission veules se sont donnés les instruments de sous-développé qu’ils affichent au pays, trahissant par là l’idéal Dessalinien..

Dessalines, vous avez déclaré le 28 Avril 1804 : «  J’ai vengé l’Amérique » pour signifier que la libération d’Haïti est celle de toute l’Amérique.  Dans cette optique, vous aviez initié un bel exemple de solidarité qui a abouti à la libération de la Grande Colombie, ce projet de Francisco Miranda repris avec succès par Pétion et Bolivar et qui a réussi à galvaniser des masses de l’Amérique latine jusqu’à éliminer les régimes esclavagistes.

Aujourd’hui les oligarques haïtiens se comportent en bourreau de ce pays frère, le Venezuela, une façon d’effacer toutes vos prouesses, tout ce que vous aviez entrepris pour faire de nous une puissante force révolutionnaire qui pulvérisa le bras militaire esclavagiste de Napoléon, et qui forgea une terre de liberté pour tous les opprimés.

En ce qui concerne les masses défavorisées du pays qui luttent pour un changement radical, les élections et les transitions à n’en plus finir ne changeront en rien à la réalité du complot que les dirigeants ont toujours tramé sur le dos du peuple.  Le problème de fond a toujours été escamoté à savoir : c’est tout le système d’exploitation, pièce maitresse du capitalisme qui y règne et dont on doit se débarrasser de façon à transformer l’appareil d’État.

Le sens de cet anniversaire devrait mener à nous défaire d’un long cauchemar qui nous étreint. Mais y arriver ne se réalisera pas du jour au lendemain. Le moment viendra où les masses défavorisées des ghettos, prendront toutes leurs responsabilités pour recouvrer tous leurs droits dont elles ont été spoliées.

Nous ne sortirons jamais de ce long cauchemar que lorsque les principes dessaliniens caractérisés par une conviction révolutionnaire sincère et profonde serviront de modèle. Car Dessalines fut homme du refus, d’organisation, de l’ordre, du courage, de l’unité des masses, défenseur de l’intégrité nationale, parangon revendicateur des droits à l’égalité, internationaliste et héros de l’anti-colonialisme.

Comme ils sont nombreux ceux qui se réclament du libérateur, uniquement pour créer la confusion puisqu’ils sont pour la plupart des corrompus, des réformistes, des collabos, des vassaux au service de l’ennemi de classe, il convient alors nécessaire de redire : ils ne sont qu’une toile d’araignée tissée pour retenir dans leurs mailles la marche ascensionnelle du peuple, aider ainsi le camp impérialiste adversaire des masses et du pays de façon à faciliter les riches à devenir plus riches et faire en sorte que les pauvres deviennent plus pauvres.

La voie dessalinienne est de passer de la phase du spontanéisme émotionnel à celle de l’organisation sous une direction politique homogène, honnête, conséquente, sérieuse et légitime de sorte que les exploités du pays, ouvriers, paysans, chômeurs, sans-logis développent une conscience de classe pour qu’enfin nous arrivions à démasquer les fossoyeurs, dans l’espoir de ne plus avoir de mercenaires, de trafiquants et de bandits légaux à la tête du pays.  C’est là le sens de célébrer l’anniversaire du fondateur de la nation.

Encore une fois : Longue vie et Bon Anniversaire à notre Empereur Jean-Jacques Dessalines ! Que vive la mémoire de ce grand et immortel révolutionnaire !

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