Le festival international de psychologie africaine fait escale en Haïti

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Judite Blanc – docteure en Psychologie, principale initiatrice du festival avec l’aide de collaborateurs et collaboratrices qui ont fait des études en Sciences Humaines au sein de l’association Sitwomafrika.

La deuxième édition du festival international de psychologie africaine (Festival entènasyonal sikoloji afriken – Fesa en créole) se tiendra du 23 au 26 mai 2018 à Port-au-Prince après avoir été au Sénégal du 4 au 6 mai dernier –  à l’initiative de l’institut de recherche sur les traumatismes de l’esclavage et la psychologie africaine, Sitwomafrika (Sikotwomatis ak Afrikanite) autour du thème « Du trauma historique à la créativité et à l’innovation ».

« L’objectif de ce festival qui a été créé à la fin de l’année 2015 est de faire la promotion d’une psychologie qui célèbre la culture associée à l’héritage africain que nous autres haïtiens/ haïtiennes devons valider », a fait savoir Judite Blanc – docteure en Psychologie, principale initiatrice du festival avec l’aide de collaborateurs et collaboratrices qui ont fait des études en Sciences Humaines au sein de l’association Sitwomafrika.

Des sommités nationales et internationales de la Psychologie dont l’invitée d’honneur Linda James-Myers – auront à intervenir sur des thématiques diverses et variées lors de ce festival de psychologie africaine qui s’installera notamment à Lakou Souvnans aux Gonaïves – haut lieu mystique haïtien, le Centre d’Art – bastion de l’art haïtien et l’Université de Technologie d’Haïti (Unitech). « Le festival rentre dans le cadre des moyens que se donnent Sitwomafrika pour pouvoir sensibiliser la société haïtienne – dans une certaine mesure – les sociétés afrocaribéennes et les communautés d’ascendance africaine sur l’incidence de la transmission du trauma historique – tels que le vécu de l’esclavage par les ancêtres et aussi – les répercussions, la continuité et la poursuite de ces évènements traumatiques historiques sur le cours de la vie de nos sociétés contemporaines », explique Dre Judite.

Les activités débuteront le 23 avec un cocktail d’ouverture. La performance artistique du rappeur engagé haïtien 35 Zile,  de Vanessa Jeudy et d’Ed Dalirks sera suivie d’une conférence inaugurale autour du thème le trauma historique d’un point de vue anthropologique, psychologique et sociologique avec  Linda James-Myers, Linda Tavernier-Almada,  Guitele Jeudy-Rahill et Juliette Smeralda.

Pour la deuxième journée qui se fera dans les locaux de l’Unitech, il est prévu  au moins 8 interventions (conférences et vidéos conférences). Entre autres, autour des thèmes comme trauma historique et développement psychosocial des communautés d’ascendance africaine avec Judite Blanc. Mais aussi, Gilbrete Gabrielle doctorante à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) interviendra autour de la thématique esclavage et dépossession de la paternité : l’influence de la transmission d’un trauma historique sur la paternité haïtienne. Une journée qui sera clôturée  au Centre d’Art – avec la projection du film Kase Lezo de Christina Julmé et celui de Gessica Généus, Douvan jou ka leve.

La troisième journée sera ponctuée de tables rondes, d’atelier artistique, de conférences et de vidéo conférences. Notamment une session avec Rency Inson Michel autour de la question de trauma historique, science et technologie. Jolette Joseph, M.sc nous parlera de comment l’innovation des nouvelles technologies peut-elle être au service de la sauvegarde des traditions des afro-descendants dans la région des Amériques. Pour sa part, Mackendy Gatty abordera la thématique Justice cognitive : contribution des inventeurs et savants noirs aux progrès de la science et technique moderne. Et, Souzen Joseph abordera les outils ancestraux à la Créativité et à l’innovation en Haïti et dans la diaspora.

Une visite ethnographique à Lakou Souvnans aux Gonaïves avec les invités et une causerie débat autour de l’ouvrage: « Peau Noire, cheveu crépu » de Dr Juliette Smeralda à Port-au-Prince – clôtureront cet évènement scientifique et culturel le samedi 26 mai 2018 qui prendra par la suite la direction du Canada (Montréal – le 25 mais) et terminera sa course aux Etats-Unis à l’Ohio State University du 31 mai au 2 juin 2018.

L’Association Sitwomafrika est un institut de recherche et d’études sur les psycho-traumatismes actuels de l’esclavage et de la colonisation

Ainsi, Fesa veut faire un inventaire et sensibiliser sur les relations qu’il y a entre ce vécu traumatique historique et le sort que connaissent la société haïtienne aujourd’hui et d’autres sociétés qui ont connu le même sort des siècles avant. Judite Blanc a lancé la première édition de Fesa uniquement sur Port-au-Prince en 2016. Deux ans plus tard, ce festival est implanté dans pas moins de quatre pays (le Sénégal, les Etats-Unis, le Canada et Haïti).

L’Association Sitwomafrika est un institut de recherche et d’études sur les psycho-traumatismes actuels de l’esclavage et de la colonisation implanté depuis 2015 en Haïti par DreJudite Blanc. C’est également un organisme de promotion d’une discipline de psychologie inspirée de la culture (philosophie, spiritualité, savoir-être et manière d’être) de nos ancêtres africains pour l’élaboration de programmes de soutien psychologique, d’accompagnement psychosocial, et d’épanouissement personnel destinés aux individus ou groupes  dont les cas le nécessiteraient.

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