Le Binuh pour faire quoi ?

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Helen Meagher La Lime Cheffe du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres

De la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), déployée en 2004 après le coup d’état contre le président Jean-Bertrand Aristide sous les pressions de la bourgeoisie patripoche et des puissances impérialistes à la Mission des Nations unies pour l’appui à la Justice en Haïti (MINUJUSTH), la situation du pays ne cesse de se détériorer.

Pourtant, pour le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix «  la page de 15 ans de présence du maintien de la paix est fermée, mais l’ONU ne quitte pas Haïti. Il y a encore, comme on le voit aujourd’hui, beaucoup de défis à relever dans ce pays. »  Lacroix ne pouvait être plus clair puisque depuis le mois de juillet 2018, les masses populaires soulevées exigent des règlements de compte aux actuels dirigeants imposés par les puissances  impérialistes à travers leurs satellites, ambassadeurs du Core group.

Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), déployée en 2004 après le coup d’état contre le président Jean-Bertrand Aristide

Le Conseil de sécurité des Nations unies, constatant la faillite de l’occupation du pays qui ne pouvait  ni pacifier le peuple, ni l’empêcher de revendiquer ses droits élémentaires a adopté, le mardi 25 juin 2019, par treize voix pour et deux abstentions, la résolution 2476 rédigée par les Etats-Unis  pour créer sous le Chapitre VI de la Charte des Nations Unies, une autre mission maintenant plus politique de l’ONU en Haïti,  baptisé de Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) qui vient justement de rentrer en fonction le 16 octobre dernier.

Toujours selon Lacroix : « Les défis qui existent toujours en Haïti ne sont pas des défis qui justifient aujourd’hui une présence de type maintien de la paix comme cela avait été le cas avec la MINUSTAH (première opération de maintien de la paix en Haïti entre 2004 et 2017) avec des unités militaires et de police en grand nombre » Une autre façon de dire, il nous faut remplacer les militaires par des conseillers au sein de toutes les administrations de l’état haïtien.

Mission des Nations unies pour l’appui à la Justice en Haïti (MINUJUSTH)

Dans cette perspective, cette mission ne sera autre qu’un appui au pouvoir en place puisque ses experts auront la tache de donner  directement des conseils stratégiques aux autorités haïtiennes sinon à les accompagner pour ne pas dire leur dicter les positions à prendre dans tous les domaines, Mais de quelles autorités haïtiennes parle le Binuh, si ce n’est pas le gouvernement du PHTK que dirige Jovenel Moise ?

Le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) ne sera autre qu’un gouvernement étranger dictant aux soi-disant dirigeants haïtiens ceux qu’ils doivent faire pour continuer à écarter le peuple, en le tenant  loin des affaires politiques, économiques et sociales du pays.

Selon les prescriptions du Conseil de sécurité de l’ONU, le BINUH aura pour taches essentiels de:

  1. Conseiller le gouvernement d’Haïti pour promouvoir et renforcer la stabilité politique et la bonne gouvernance, y compris l’état de droit, préserver et favoriser un environnement pacifique et stable, y compris en appuyant un dialogue national inclusif entre Haïtiens, et protéger et promouvoir les droits humains.
  2. Aider le gouvernement d’Haïti, dans un rôle consultatif, dans ses efforts dans les secteurs suivants :
  3. Dialogue et réformes :promouvoir un dialogue inclusif entre Haïtiens afin d’encourager le consensus national sur les priorités du pays, comme sur la mise en œuvre des réformes politiques, législatives et structurelles.
  4. Élections :faire avancer les efforts d’Haïti pour entreprendre des réformes électorales et tenir des élections libres, régulières et transparentes.
  5. Professionnalisation de la police :renforcer les capacités opérationnelles, l’intégrité et la responsabilité de la Police nationale d’Haïti (PNH) dans son rôle de maintien de l’ordre public et de protection de la population dans le plein respect des obligations envers les droits humains et l’égalité entre les sexes.
  6. Réduction de la violence communautaire et de la violence des gangs :promouvoir et appuyer la mise en œuvre d’une stratégie nationale pour réduire la violence des gangs et la violence communautaire, y compris la violence sexuelle et sexiste.
  7. Réforme judiciaire :faire avancer des réformes dans le secteur judiciaire, en particulier pour réduire la détention préventive, garantir la reddition de comptes pour fait de corruption et lutter contre l’impunité.
  8. Conditions pénitentiaires :renforcer la gestion et la supervision de l’administration pénitentiaire, ainsi que les capacités de contrôle pour la prestation des services de base dans les prisons, en lien avec les normes internationales relatives aux droits humains.
  9. Protection des droits humains et impunité :appuyer la consolidation des cadres nationaux et renforcer les capacités et l’autonomie de l’institution nationale de défense des droits de l’homme et de la société civile pour protéger et promouvoir les droits humains, en particulier les droits des femmes et l’égalité entre les sexes.

Les efforts de la Mission sont en appui aux objectifs de développement d’Haïti et sont intégrées à celles des 19 agences, fonds et programmes de l’Équipe Pays des Nations Unies, qui fournissent une aide humanitaire et mettent en œuvre des programmes de développement sous le leadership des autorités nationales.

Dans son ensemble, le système des Nations Unies travaille en appui aux institutions nationales afin d’améliorer la vie des Haïtiens, en lien avec les priorités nationales et le Programme de développement durable à l’horizon 2030. Cette approche reflète la relation d’appui mutuel entre la paix, la sécurité et le développement durable, et elle est fondée sur l’appropriation totale et la responsabilité des institutions étatiques haïtiennes.

 

 

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