La politique du pire !

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Pour avoir suivi avec attention la succession d’échecs de la pseudo-opposition au régime du PHTK, lesquels ont porté à l’écran de la dynamique politicienne de véritables épisodes d’un feuilleton en série, les uns plus ubuesques et plus rocambolesques que les autres, n’importe quel observateur attentif peut constater que ce sont les mêmes acteurs qui se retrouvent toujours sur la scène politique : de foutus irresponsables.  Repositionnés, certains sont même aux commandes de l’Etat et d’autres en attente d’une nébuleuse et fumeuse entente nationale.

De fait, seul l’impérialisme américain pouvait escompter un quelconque bénéfice si relatif fût-il d’une cruelle tragi-comédie qui consiste à laisser pourrir la situation et la rendre invivable pour le peuple haïtien. Voilà pourquoi il insiste sur la nécessité pour les politiciens haïtiens de forger un fort consensus sur une quelconque voie politique à suivre. Réaliser une telle gageure c’est rendre un fier service à l’impérialisme américain de façon à favoriser à moindre frais une sainte alliance pour renforcer la classe dirigeante à son service au détriment de la classe ouvrière.

Évidemment, dans cette ambiance funambulesque, ni Montana-Pen ni Musseau ne proposent aucune politique de rupture avec la classe capitaliste. Mais l’un et l’autre, dans une logique pro-impérialiste, sont conduits à enrober leur discours de belles paroles  pour tenter de capter, sinon désorienter l’aspiration de la population au changement. Une aspiration qui grandit de jour en jour au sein des masses défavorisées exigeant une rupture certaine, totale et révolutionnaire avec le système capitaliste, néo-libéral, de façon à mettre un terme à la dégradation galopante de la situation du pays.

Nombreux sont ces dirigeants qui réussissent à se tailler une fortune, tandis qu’entre-temps la misère au sein du peuple haïtien ne fait qu’empirer.

Les liens qui unissent les compères en foire de Montana-PEN et Musseau ou du moins le dénominateur commun à ces funambules tient à leur persistance à pousser de plus en plus à une plus grande dérive de l’Etat haïtien dans le sens du pillage des ressources du pays, facilitant ainsi l’enrichissement des dirigeants tandis que le peuple patauge dans la crasse. Nombreux, en effet, sont ces dirigeants qui réussissent à se tailler une fortune, tandis qu’entre-temps la misère au sein du peuple haïtien ne fait qu’empirer. La preuve en est palpable : au lieu d’une amélioration des  conditions de vie, celles-ci ne cessent de se dégrader pour les masses opprimées et exploitées. Même les droits les plus élémentaires à l’existence en tant que peuple sont compromis par une telle politique réactionnaire.

La présente situation appelle tout d’abord à sauver le peuple de l’abîme de misère et de chômage dans lequel l’enfonce la classe politique. Ensuite, à pousser les masses à faire la rupture avec cette politique de ghettoïsation, et d’esclavage déguisé. À la guerre menée contre les travailleurs, compte tenu du salaire de misère de 685 gourdes par jour qui leur est offert, c’est par un silence assourdissant, complice, que la classe politique réagit, s’alignant ainsi, très nettement, avec les intérêts du patronat.

On ne peut même pas dire que le pire est à venir, puisqu’il s’installe déjà à travers une insécurité majuscule, une inflation en cours, galopante. Ce n’est qu’une voie ouverte à de nouveaux désordres, violences et barbaries, dont le terreau est l’injustice, l’humiliation et le mépris. Toutes les conditions semblent réunies pour permettre à l’engeance politicienne irresponsable d’avancer des pions et de gagner davantage du terrain pour aggraver le malheur des démunis.

C’est une situation dans laquelle on enferme la population, pour qu’elle n’en sorte plus. C’est bien clair, puisque quelle que soit l’étiquette du gouvernement, à partir du moment qu’il est dominé par les nantis du système, le pouvoir reste entre les mains de la classe pro-capitaliste de façon à continuer la politique du pire érigée contre le peuple-travailleur rêvant pourtant d’une liberté totale, capitale, de souveraineté et de bien vivre.

Rien de positif ne peut être arraché aux détenteurs du pouvoir, avides de toujours avoir, quoique dépourvus de savoir, si l’on craint de remettre en cause le piège de la démagogie et de combattre résolument l’escalade en cours et tous ceux qui l’organisent, de sorte que les droits du peuple haïtien, des aspirations des larges masses ouvrières et celles de la paysannerie à l’autodétermination cessent d’être piétinés. Ainsi on pourra faire échec à la politique du pire commanditée par une poignée d’oligarques avides de saigner à blanc la masse des déshérités.

Cette politique du pire vient de se manifester dans le vote d’Haïti aux Nations-Unies dans le cadre du conflit existant entre les Etats-Unis et la Russie. Ce sont des marionnettes de ce calibre que les Etats-Unis veulent avoir au pouvoir pour exécuter tous leurs ordres. Ils ne sont pas des alliés, mais des supplétifs qui font ce que leur chef leur demande de faire. Par ce vote de la honte prétendument au nom d’une majorité du peuple haïtien, le Secrétaire adjoint aux affaires de l’hémisphère occidental des Etats-Unis, Brian Nichols, a salué le Premier ministre Ariel Henry en d’élogieux termes « Les États-Unis sont fiers de se tenir aux côtés d’Haïti contre l’agression Russe»

L’ennemi du peuple haïtien, c’est tout d’abord sa classe politique sans exception et ensuite le régime de facto du Premier ministre a.i Ariel Henry qui, pour se faire accepter par les Etats-Unis, sont prêts à n’importe quoi même à se soumettre aux dirigeants de Taïwan contre la grande Chine.

A cette politique du pire, il y a bien sûr une issue.  Celle qui ne viendra pas d’un sauveur suprême, ni d’une force de domination hégémonique, encore moins d’un compromis entre les laquais locaux. Mais bien de celles et ceux qui ont encore dans leur veine le sang de Dessalines et de Péralte pour assumer la responsabilité héroïque de refaire l’histoire. Eux seuls aux cotés des travailleurs conscients et organisés peuvent conjurer le danger de cette politique du pire, génératrice de pillage, d’abandon et d’oppression illimitée par les classes dominantes haïtiennes et les puissances exploitantes occidentales.

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