Chantage, provocation, occupation : un grand défi à relever !

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Le Conseil électoral provisoire après ses coups d’état électoraux du 9 août et du 25 octobre 2015 s’apprête à récidiver le 27 décembre prochain rien que pour boucler la boucle du piège, de façon à remuer davantage le couteau dans la plaie. Cependant, son choix est très limité à moins qu’il ne se résigne à embrasser la sagesse et la raison comme le demandent le groupe des 8 candidats et certaines institutions de la société qui exigent une commission de vérification ad hoc. Sinon, il ne perdra rien à se lancer dans une aventure de force malgré toutes les conséquences désastreuses inévitablement que celle-là entraînerait.

Cependant la dimension politique de cette mascarade ne doit pas nous échapper. Son objectif est de perpétuer sous une autre forme la mainmise des tuteurs sur nos ressources et de s’assurer toutes sortes de privilèges y compris surtout un vaste pillage des matières premières et des richesses naturelles dont le but final sera l’asservissement économique et la dépendance totale ; alors que personne n’ignore que sans indépendance économique, l’indépendance politique n’est qu’un leurre.

Bien qu’aucune décision officielle ne soit encore prise, les membres du CEP au service de la mafia internationale doivent savoir que le cycle ne sera pas facilement clos. N’empêche que tout le pays reste dans l’attente ; et c’est là que le bât blesse, puisque le CEP continue de croire ou fait semblant d’agir à sa guise ; ce qui n’est autre chose que pur et cynique chantage assorti non seulement de mégalomanie et de provocation déchaînée, mais encore d’une démagogie sans mesure.

Pourtant l’évidence ne permet point de douter que la lutte est entrée dans une nouvelle phase ; vu que tous les éléments qui risquent de provoquer une crise majeure sont donc réunis. Puisque ces courtiers du CEP sont tout à fait empressés, affairés et aveuglés, seul compte donc pour eux que le commerce électoral aboutisse à son point culminant ; soit délivrer le colis souhaité par Washington apparemment partagé entre ses deux poulains : Jude et Jovenel.

Ce coup d’état du CEP en complicité avec les Etats-Unis doit être stoppé et défait sans faille, scellant ainsi une fois pour toutes, l’échec politique et militaire cuisant de la force d’occupation de la Minustah. Il faut le reconnaître jusqu’à nous poser à nous-mêmes cette question : Pourquoi les Etats-Unis applaudissent des deux mains la prise du pouvoir législatif au Venezuela et de l’exécutif en Argentine par leurs alliés ? Ils promeuvent la rupture là bas ; alors qu’en Haïti ils poussent à une certaine continuité, et ils n’entendent pas céder d’un pouce ! Ils tiennent à un autre faucon pour la continuité totale du régime en place, et c’est dans cette perspective que Martelly lui-même tient à la victoire totale de Jovenel pour le remplacer.

Mais quand même, cette crise électorale continue de se déployer avec force de sorte que le gouvernement de Martelly-Paul ne peut en aucun cas faire semblant de l’ignorer et surtout quand la signification des manifestations populaires de mécontentement qui se généralisent sous la pression de plus en plus pesante du double coup de l’inflation galopante et du climat d’insécurité qui enveloppent le pays, prenne davantage de l’ampleur.

A ce stade, le gouvernement Martelly-Paul danse sur une corde raide qui finira tôt ou tard par se casser à force d’être limée par la mobilisation populaire plus déterminée que jamais à ne pas permettre aux ennemis du peuple d’avoir le sommeil tranquille. Pour y arriver, il ne faut pas nous laisser séduire ou leurrer par les positions conjoncturelles et creuses de certains candidats qui, demain, nous trahiront comme jadis ils l’ont fait par leurs compromissions avec les puissances impérialistes. Soyons vigilants et prudents de sorte que dans cette crise l’impérialisme n’en profite pas pour nous construire un leader, un fantoche sur mesure qui ne serait autre qu’un simple et nouvel instrument à leur service.

Que la position actuelle de certains candidats ne nous donne aucun vertige. Nous ne devons nous faire d’illusions sur aucun des candidats. Demain sans doute, ils seront prêts à nous museler tout comme Martelly pour nous empêcher de manifester dans les rues du pays, de crier notre colère contre l’impérialisme parce que nous avons grand faim.

Le peuple haïtien est et restera seul face à l’Histoire. Il a un grand défi à relever. Il ne s’agit pas uniquement de lutter pour résoudre une quelconque crise électorale alors que les germes de cet abcès puant resteront encore présents dans notre sein pour réapparaître à nouveau. En effet, l’ennemi ne désarmera pas même à la suite d’un semblant de solution à la crise électorale. Il nous faut profiter de ce moment de mobilisation pour lui donner la leçon qu’il mérite à savoir le rejet de toute formule de réforme corrompue qui soit contraire à la construction d’une nouvelle patrie.

Haïti doit continuer à être le pays de Jean-Jacques Dessalines. Le peuple haïtien doit continuer sa lutte en s’organisant jusqu’à la mise en place d’un pouvoir populaire et progressiste ! Toute autre solution, toute autre approche nous condamnerait à affronter de nouveaux calvaires. Ce qu’il faut éviter à tout prix!

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