C’était ce jour-là… le 25 juin 1944, María Chinchilla Recinos, martyre guatémaltèque, était assassinée

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María Chinchilla Recinos, enseignante, militante et martyre guatémaltèque, assassinée en pleine manifestation pacifique par des femmes, enseignantes pour la plupart.

Le dimanche 25 juin 1944, María Chinchilla Recinos, enseignante, militante, héroïne et martyre guatémaltèque, était assassinée en pleine manifestation pacifique par des femmes, enseignantes pour la plupart. Il y a de cela 77 ans.

L’histoire de l’enseignante María Chinchilla Recinos est le reflet de la noblesse de nombreuses femmes guatémaltèques. Cette combattante a donné sa vie pour que les enseignants puissent obtenir leur salaire et voir leurs revendications sociales satisfaites. Ses qualités : simplicité, courage, responsabilité, et surtout amour de l’éducation, étaient remarquables.

Elle a montré par ses actions le courage qui a fait d’elle un symbole de lutte dans les mouvements syndicaux militants de l’éducation.

María Chinchilla Recinos est née le 2 septembre 1909 à Asuncion Mita, Guatemala. À cette époque, sa communauté n’avait pas d’école, mais ses parents l’avaient inscrite dans un établissement d’enseignement qui se trouvait dans le village d’Asuncion Mita, où elle avait réussi à terminer ses études primaires, puis elle a été envoyée à Jalapa pour terminer ses études secondaires et devenir une professionnelle. 

María Chincilla a travaillé quelque temps comme enseignante dans une école d’Asunción. En 1929, elle termine ses études et obtient le titre de professeur d’école primaire à l’institut INCAS, très prestigieux à l’époque. Elle a commencé des démarches comme enseignante dans sa communauté natale dans une école primaire d’Asunción Mita, où elle a passé peu de temps.

Elle s’est ensuite rendue à la capitale, Tegucigalpa. Dans cette ville, elle a enseigné dans plusieurs écoles et a assumé la responsabilité de faire partie de la direction du Magistère. Militante pour les droits à l’éducation, armée d’un esprit de lutte résolu contre l’injustice à l’endroit des enseignants, elle était obligée de changer constamment de lieu de travail.

 À l’époque, le président du Guatemala, le général Jorge Ubico Castañeda, gouvernait depuis déjà plus de 13 longues années. Pendant toutes ces années, les étudiants, les enseignants, les écoles et l’éducation du pays n’étaient pas du tout sa priorité. Le peuple guatémaltèque était fatigué de la dictature; aussi, en mai 1944, les étudiants de l’Université de San Carlos de Guatemala commencèrent à manifester leur mécontentement et à exiger l’autonomie universitaire. 

 Au début du mois de juin de cette année-là, les enseignants présentèrent au général Ubico une juste demande d’augmentation de salaire. Le mécontentement social grandit à tel point que le 22 juin 1944, le gouvernement suspendit les garanties constitutionnelles afin de réprimer le peuple. 

Les manifestations de rues dans la capitale commencèrent le samedi 24 juin ; le jour suivant, le dimanche 25 juin 1944, au matin, une protestation massive eut lieu pour demander la démission du général Jorge Ubico, protestation qui fut brutalement dissoute par la police et les militaires qui attaquèrent de nombreux manifestants.

 Pour manifester leur indignation face aux événements qui s’étaient déroulés le matin, un large groupe de femmes vêtues de deuil, conduites par María, se rassemblèrent à cinq heures de l’après-midi, devant l’église San Francisco dans la capitale, et de là elles sont parties pour une manifestation pacifique et exiger la liberté, la démocratie et la démission d’Ubico. Mais la police et les soldats, suivant les ordres du président, ont tiré sur les manifestantes à hauteur de femmes.  María Chinchilla Recinos fut touchée au poumon droit et décéda sur le champ. Cinq jours plus tard, face à l’horreur du crime et au choc à tous les niveaux du pays, le président Jorge Ubico Castañeda fut forcé de démissionner. 

Le lendemain, María Chinchilla a été enterrée au cimetière général de Guatemala City. Sa sépulture a été par la suite transférée au “Panteón del Maestro“. 

Pour honorer ce martyr, chaque 25 juin, au Guatemala, on commémore la journée de l’éducateur tout en se souvenant de la formule de lutte la plus emblématique de Chinchilla : « ENSEIGNER À VIVRE OU VIVRE POUR ENSEIGNER».

Dors en paix María Chinchilla, merci d’avoir mené le juste combat. La lutte continue contre les dictatures quelle que soit la forme sous lesquelles elles se présentent.

29 juin 2021

Sources :

Ángel Elías. María Chinchilla representa la unidad nacional. Escenario. 25 de junio 2014.

 Oscar Enrique Ramírez Rodríguez. Centenario del Nacimiento de Profesora María Chinchilla Recinos, Heroína, Mártir y Símbolo del Magisterio Guatemalteco. Junio 30, 2010. 

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