C’était ce jour-là… le 2 mai 1969, la mort de la patriote engagée Yanick Rigaud

En hommage à Yanick Rigaud (1946 – 1969)

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Yanick Rigaud : militante, martyre de la cause révolutionnaire haïtienne, morte sous les balles de la dictature duvaliériste à l’âge de 23 ans.

C’était le 2 mai 1969, il y a 52 ans de cela, Yanick Rigaud martyre de la cause révolutionnaire haïtienne, tombait au champ d’honneur sous les balles de la soldatesque militaro-macoute duvaliériste.

Yanick Rigaud est née à Petit Goâve en 1946. Elle a fait ses études primaires et secondaires à l’école des religieuses du Sacré Cœur de Turgeau. Sa foi chrétienne, catholique, la portait activement vers les humbles, les pauvres, dans l’esprit de la théologie de la libération. Aussi, alors qu’elle était encore élève à cette institution, à Port-au-Prince, Yanick Rigaud participait à des séances d’alphabétisation dans la zone dite du Bois de Chêne, un quartier de gens de petite condition. Entre 1962 et 1964, elle a milité dans une organisation de jeunes catholiques progressistes dénommée Ayiti Pwogrè qui luttait contre la dictature Au cours de l’année 1965, elle a côtoyé le PPLN – PUDA (Parti populaire de la libération nationale – Parti unifié des démocrates haïtiens). Ce parti s’était formé apparemment à la suite d’un incident survenu à Pétion Ville pendant un entraînement de maniement des armes des militants. Yanick Rigaud proche du PEP (Parti d’Entente Populaire) mais aussi membre du PPLN avait eu sa formation idéologique affinée au contact de ces deux organisations révolutionnaires, communistes qui luttait contre la dictature de Duvalier, contre l’impérialisme américain, contre le régime semi-féodal en Haïti.

une horde de macoutes et de militaires investirent la maison où se cachait Yanick avec trois autres militants

Yanick Rigaud fut étudiante à la Faculté de Médecine d’Haïti. Très dynamique, engagée, elle se vit forcée, alors qu’elle était à peine en deuxième année, à une totale clandestinité après l’arrestation de son camarade, Michel Corvington. Aussi, elle n’a jamais pu compléter ses études médicales ; elle qui avait vu à travers « les médecins aux pieds nus » de la révolution maoïste un modèle de médecine révolutionnaire par le peuple et pour le peuple qui conviendrait à Haïti. Le 2 mai 1969, dans le cadre d’une grande répression menée par le régime contre le Parti unifié des communistes haïtiens (PUCH), une horde de macoutes et de militaires investirent la maison où se cachait Yanick avec trois autres militants, à Savane Salée, dans le quartier de Fontamara. Le combat fut très inégal, si l’on considère les forces militaires en grand nombre qui donnèrent l’assaut et leur armement.

Finalement, elle est tombée au champ d’honneur, les armes à la main. Elle avait 23 ans.

Yanick Rigaud a résisté jusqu’au bout. Finalement, elle est tombée au champ d’honneur, les armes à la main. Elle avait 23 ans. Honneur et gloire à la mémoire de Yanick Rigaud pour son grand courage, son sens du sacrifice, son patriotisme, son sens du devoir de militante conséquente, son total engagement en faveur de la liberté, d’une Haïti libérée d’une atroce dictature. Elle rejoint le panthéon d’honneur des femmes haïtiennes qui se sont battues pour une grande cause. Nous ne les oublierons pas. Notre mémoire se souvient de Yanick Rigaud, patriote engagée, militante exemplaire, martyre de la cause révolutionnaire haïtienne. Elle inspire la jeunesse du pays et lui donne du courage et de l’espoir en ces moments douloureux que vit Haïti. Comme d’autres avant elle, avec elle et après elle, Yanick nous a laissé un bel héritage de lutte conséquente dont s’était souvenu Manno Charlemagne. En hommage à cette femme potomitan, il avait chanté :

Yanick Rigaud au milieu de deux autres militants, Thomas Charles et Michel Corvington

Gade Yanick Rigaud, yon fanm ki te sot a Pari
Yon fanm ki te konnen goumen
Yon fanm ki te vle libere peyi l
Li mouri san Libera
Sans je ne sais quoi
Pou avadra
Pou sa k pa la…

2 mai 2021

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