Au pire moment et dans les pires conditions

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Les propositions succèdent aux propositions. Les plans succèdent aux plans. Les conférences succèdent aux conférences pour n’accoucher  que de démagogie. Ce n’est pas le verbiage continuel de la classe politique moribonde qui mettra fin à ses desseins macabres contre les masses laborieuses haïtiennes.

Les problèmes  du pays  demeurent inchangés. Ils sont même appelés à empirer puisque les protagonistes au sein des classes dominantes ne font que poursuivre une guerre de clans apparemment acharnée entre eux mais précisément, elle ne vise qu’à allumer et entretenir des foyers de tensions, de troubles et d’insécurité et tout cela est dirigé pour contrecarrer ou empêcher toutes revendications des masses à une vie décente.

En même temps, il faut être clair, que les derniers événements confirment que la classe politique fait la honte du pays. Après la débâcle du Parlement, ses membres ne font que s’envoyer des flèches pour trouver des boucs émissaires, à qui faire porter la responsabilité de l’effroyable chaos où ils ont conduit le pays. Cette classe politique naufragée est à bout de souffle,  rien ne pourrait la sauver de son impopularité croissante et de sa descente aux enfers.

Tous entendent respecter le jeu et le calendrier des forces impérialistes pour maintenir le pays et le peuple enchainés. Ces démagogues de tous bords ne font que redonner force aux puissances tutrices. Sur le terrain de la lutte, ce qui retient l’attention, c’est tout d’abord la violence et l’offensive en direction des masses défavorisées. Ensuite, les sirènes alarmantes d’une quelconque solution négociée pour tenir les travailleurs en haleine dans l’attente d’un certain dénouement prochain de la crise.

Le Core group, représentant diplomatique des pays impérialistes en Haïti n’a pas manqué de manifester ses insatisfactions à l’égard de la classe politique puisque  rien n’a changé aux données du problème  à la Nonciature apostolique. Ainsi, il les exhorte à mettre entièrement de côté leurs divergences et à en venir à un accord  sans tenir compte  de la volonté et des aspirations du peuple.

Le Core Group feint d’ignorer que la population dans son immense majorité  ne se reconnait nullement dans les actes  fantaisistes, répugnants, arbitraires de ces dirigeants politiques actuels qui ne désirent qu’une seule chose : satisfaire  leur soif inextinguible de richesses et d’honneurs mal acquis.

Cela dit, il faut être bien naïf pour s’étonner d’un éventuel dialogue ou d’une quelconque négociation vouée au départ à l’échec entre les acteurs de la classe politique, voire s’en passionner. Devant cette gravité des enjeux, les masses populaires doivent entreprendre d’audacieuses initiatives susceptibles de mettre en garde leurs ennemis internes représentés, d’une part par ces oiseaux de mauvais augure, porteurs de mauvaises nouvelles, et ceux de bon augure, porteurs de soi-disant nouvelles d’espoir comme la démission de Jovenel Moise. Ils sont deux faces de la même médaille, miroir de la bête étoilée aux deux faces républicaines et démocrates ; toutes leurs acrobaties tendent à satisfaire les intérêts impérialistes.

Évitons donc de tomber dans le piège qui nous est tendu à savoir préférer l’un plutôt que l’autre comme l’indiquent certains courants. Une chose est certaine, malgré le torchon brulant entre les deux alliés de classe, le dialogue n’est pas rompu pour autant entre ses frères et sœurs de classe. Ils trouveront au moment opportun un terrain d’entente et feront front contre tout mouvement des masses opprimées visant à libérer le pays.

Voilà ce qu’il en est de la réalité du pays et qui explique que le cycle de déstabilisation à outrance commencé n’est prêt à s’achever que si  seulement les masses populaires sont organisées et mobilisées avec dynamisme dans l’application d’une orientation capable de mettre en déroute les forces adverses,  perverses qui veulent asphyxier le pays par les moyens les plus sordides.

La situation parait bien pire et certes dans des pires conditions, mais elle peut se retourner d’un moment à l’autre, car la colère du peuple ne cesse de gronder, son indignation face à la vie chère, le chômage, la pauvreté ne cesse de grandir, sauf que les conditions subjectives qui ne sont pas encore réalisées l’empêchent de prendre le chemin qui mène au grand combat de classe.

Nous y arriverons, nous y arriverons, et Haïti à coup sûr sera libérée plus tôt que tard, même quand il y a certes beaucoup à faire pour atteindre le niveau d’actions  conséquentes et efficaces.

Jamais un tel choix n’est apparu aussi opportun, nécessaire et urgent qu’aujourd’hui pour  sortir du tunnel de la honte.

 

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