
Le samedi 3 octobre 2026, un jeune migrant haïtien originaire de Petit-Goâve, Clerger Rodler (22 ans), a été abattu de sang-froid par un agent de l’immigration dominicain à Villa Playboy (Verón, Punta Cana, République dominicaine).
Selon certains témoins, le meurtre a eu lieu samedi après-midi, à la suite d’un incident survenu lors d’une opération de la Direction générale de la migration (DGM) dans le quartier de Villa Plywood (Verón-Punta Cana), où résidait le ressortissant haïtien. Interpellé par des agents de l’immigration, il a pris la fuite et s’est retrouvé sur le toit d’un centre médical du quartier. C’est alors qu’ils ont tiré plusieurs coups de feu sur lui, l’abattant comme un oiseau ; il a chuté sur le sol à l’arrière du centre médical.
Le corps a été pris en charge par les autorités et transféré à la morgue de l’hôpital municipal de Verón-Punta Cana. Le médecin légiste a établi, à titre préliminaire, que le décès était dû à un choc hémorragique provoqué par la blessure par balle.

Ce crime est survenu exactement 48 heures après le match de football opposant Haïti à la République dominicaine, remporté par l’équipe haïtienne. Cette situation avait déjà exacerbé les tensions au sein de la population dominicaine, certains éléments réfractaires de la République voisine réclamant l’intervention des services d’immigration pour arrêter, maltraiter ou expulser les Haïtiens qui célébraient leur victoire. Dans ce contexte, on peut se demander si ce crime n’était pas prémédité ; il ne s’agit ni d’un simple accident ni d’un cas isolé.
Une fois la tragédie rendue publique, la Police nationale, par l’intermédiaire de la Direction centrale des enquêtes (DICRIM) et en collaboration avec le ministère public de La Altagracia, a ouvert une enquête formelle afin d’élucider les circonstances précises de la fusillade et de déterminer les responsabilités pénales et institutionnelles qui en découlent. La dépouille de la victime a été transférée à l’Institut national des sciences médico-légales (INACIF) pour y subir une autopsie légale. Ce cas s’inscrit dans le cadre de la surveillance constante exercée par les organisations de défense des droits humains sur les agissements des forces de sécurité et des agents de l’immigration dans le pays. Des représentants de la communauté et de la société civile ont réitéré la nécessité pour les opérations de régulation migratoire de respecter la procédure ordinaire, les protocoles relatifs à l’usage de la force ainsi que les garanties fondamentales énoncées dans la Loi générale sur la migration (285-04) et dans les traités internationaux ratifiés par la République dominicaine.

Par ailleurs, le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) condamne cet assassinat et rappelle que « la politique migratoire abusive, dégradante, raciste et xénophobe appliquée par la République dominicaine aux citoyens haïtiens continue de détériorer leurs conditions de vie : hommes et femmes, enfants et personnes âgées, femmes enceintes et mères allaitantes, personnes en situation de handicap, tous subissent des violences ».

Il convient également de signaler que le 3 octobre 2026, selon une note de la Direction générale de la migration (DGM) de la République dominicaine, les autorités ont procédé à une campagne de déportation massive de migrants haïtiens. Au cours de la seule journée du samedi, ils ont arrêté et expulsé à travers différents postes de contrôle frontalier 1 139 compatriotes haïtiens.
Pedro Perez, un citoyen dominicain résidant en République dominicaine, a publié la réflexion suivante au sujet de l’assassinat de Clerger Rodler: « Je suis Dominicain et je trouve cet événement très regrettable, car une vie humaine a été perdue en raison d’un usage excessif de la force. La priorité devrait être de bien protéger la frontière et de veiller à ce que ces mêmes gardes ne leur extorquent pas d’argent pour les laisser passer. Il faudrait ensuite mettre en place un plan de rapatriement ferme, mais respectueux de la dignité et des droits fondamentaux de chacun. Je prie pour que Dieu bénisse mon pays, mais aussi Haïti, afin que ses habitants puissent vivre dans la dignité. »








