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Offensive pour intensifier les actes d’exploitation !

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Domination et exploitation vont toujours de pair. Il s’agit d’une violation de la dignité humaine et d’un obstacle au développement économique et social d’un pays. En Haïti, par exemple, chaque fois qu’une force militaire étrangère occupe le territoire, cela s’accompagne inévitablement de violences, d’une autorité imposée et d’un contrôle exercé. Ces situations entraînent souvent des conséquences dévastatrices et permettent aux oligarques de piller l’économie, de conserver les privilèges du pouvoir et de réduire à néant le peuple haïtien. Aucune mission étrangère ne peut sauvegarder les intérêts d’une Nation.

Le renouvellement récemment, par l’ONU, du mandat de la Force de répression contre les gangs (FRG) ne vise pas seulement à alimenter ou à aggraver l’insécurité en Haïti. Cette décision renforce également certaines normes sociales qui contribuent à la persistance et à l’intensification de formes d’abus et d’exploitation visant l’exclusion physique et politique des haïtiens. Qu’on le veuille ou non, cette mesure s’accompagne d’une série d’autres conséquences négatives impossibles à ignorer.

Lorsque des forces militaires étrangères pénètrent dans un pays appauvri, dépourvu même des éléments essentiels à la survie, elles exercent inévitablement une influence sur la population locale, en particulier sur les plus dépendants. Tout cela découle du système de domination, qui engendre la précarité et rend les populations vulnérables, sans oublier l’impunité dont ont bénéficié ces étrangers faisant la loi dans le pays.

C’est l’ordre impérialiste qui s’impose lorsque, en Haïti, des soldats et des missionnaires religieux profitent de leur prestige et de leur puissance économique pour commettre des abus sexuels, notamment sur les enfants qu’ils prétendent aider. En un sens, il n’y a pas de différence notable entre un soldat étranger et un missionnaire étranger. Les deux sont présents sous couvert d’une mission humanitaire d’aide à la population, alors qu’ils agissent exactement à l’opposé. De nombreux missionnaires américains viennent en Haïti en prétendant vouloir aider les enfants, pour finalement les abuser sexuellement. Citons notamment le cas des deux pédophiles dénommés Maylon Foshee, 23 ans, et Jeriah Mast, 45 ans.  Le premier travaille soi-disant pour une organisation missionnaire aux Gonaïves, en réalité, il recherchait exclusivement à avoir des relations sexuelles avec de jeunes garçons. Foshee, doit comparaître devant un tribunal fédéral le 12 octobre prochain après avoir été inculpé de comportements sexuels illicites avec des mineurs en Haïti, tandis que le second criminel, Jeriah Mast, lui, a avoué avoir abusé plus de 30 jeunes garçons en Haïti.

Il convient de souligner que certains individus des Etats-Unis se métamorphosent pour adopter l’apparence de progressistes. On les retrouve un peu partout dans les quartiers populaires d’Haiti, sous prétexte d’apporter leur aide à certaines organisations de masse. On se demande si leur véritable motivation dans ces quartiers pauvres, en proie au chômage, ne serait pas la satisfaction de leurs besoins sexuels plutôt qu’une réelle action politique ? C’est une question que l’on pourrait poser au sujet d’un ancien professeur américain, dont le comportement se caractérise par des abus sexuels envers des camarades politiques, allant jusqu’à leur transmettre des maladies. Il a été dénoncé à maintes reprises dans la presse et exclu de plusieurs organisations de la gauche américaine pour inconduite sexuelle de toutes sortes. Il se rend dans différents pays pauvres, dont Haïti ; lorsqu’il visite les ghettos du pays, on se demande si ce n’est pas pour mettre à profit ses activités sociales et ses ressources financières afin d’exercer une influence néfaste sur de nombreux jeunes ?

Un tel comportement ne se différencie en rien de celui des soldats étrangers qui agressent, répriment et humilient nos jeunes compatriotes. De 2004 à 2017, nombreux furent les soldats de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) qui ont violé des jeunes filles et garçons haïtiens. Pourtant ils sont rentrés chez eux sans être inquiétés et sans avoir jamais été poursuivis.  Ce phénomène ne cesse de s’aggraver, avec ces enfants qui grandissent dans des conditions déplorables. Certaines de ces femmes, pour ne pas dire toutes, étaient déjà sans emploi et vivaient dans la misère, dépourvues de tout moyen de subsistance. Elles doivent désormais s’occuper d’un, voire plusieurs enfants alors qu’elles ne parvenaient même pas à subvenir à leurs propres besoins primaires.

Le contingent de soldats sri-lankais, par exemple, a été accusé d’avoir mis en place un réseau d’exploitation de jeunes enfants en échange de nourriture, d’argent ou de téléphones, compte tenu de la vulnérabilité de ces enfants pataugeant dans la pauvreté.  Ces soldats de la MINUSTAH, ont quitté le pays en abandonnant derrière eux des dizaines de femmes et d’enfants dans le dénuement le plus abject. Actuellement, il existe tout un mouvement parmi les ONG sri-lankaises qui protestent contre leur potentiel redéploiement en Haïti sous l’égide de la FRG.  (Voir : Haïti Liberté… 30 juin 2026)

Le plus triste, c’est que cette situation survient dans un pays où l’État se désintéresse de tout : ignorant complètement comment vivent les gens, s’ils mangent, s’ils dorment, s’ils souffrent.  L’État ignore même jusqu’à leur existence. Au fil des ans, d’autres groupes se sont également impliqués dans des viols systématiques et des actes d’exploitation sexuelle. Dans ce contexte, il convient de rappeler le scandale qui a éclaté lorsque des employés de l’organisation humanitaire britannique Oxfam, étaient déployés en Haïti après le séisme de 2010. Certains ont été accusés d’avoir eu recours aux services de travailleuses du sexe, dont certaines étaient encore mineures.

Tout cela se produit parce que la domination impérialiste américaine, combinée à la mentalité réactionnaire de la classe politique locale, s’est transformée en une entité criminelle bien organisée. Il ne s’agit pas seulement de l’exploitation des ressources naturelles ; on constate également l’exploitation sexuelle d’enfants et d’adultes. S’agit-il de la même approche d’introduire des loups dans la bergerie qu’on souhaite continuer d’adopter concernant les forces de la FRG dont on s’apprête à renforcer l’effectif ?  De toute évidence, cette rhétorique applaudie par le pouvoir et la bourgeoisie n’est qu’un prétexte pour exprimer leur soumission à l’impérialisme américain, qui mène une offensive politique encore plus agressive et plus destructrice contre le pays.

Ce régime de transition du Premier ministre de facto d’Alix Didier Fils-Aimé est le véritable visage de la subordination de Port-au-Prince à Washington pour intensifier ses actes d’exploitation et de répression. Il est le reflet de l’expression du rapport de classe entre l’impérialisme américain et la classe dirigeante haïtienne de manière à étouffer par tous les moyens le peuple haïtien qui rêve de rompre avec ses ennemis, tant étrangers que nationaux. L’ensemble de leurs manœuvres, qu’il s’agisse d’élections ou du renforcement des forces de répression dans un pays qui ne cesse de se détériorer, n’apportera aucun changement social. Il ne vise qu’à freiner toute résistance populaire organisée susceptible de balayer l’impérialisme et de mener à la reconquête du territoire national.

 

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