
Le gouvernement de fait et son CEP fantoche — de connivence avec les puissances impérialistes — prennent-ils la population pour des imbéciles ? Ce n’est que maintenant qu’ils ont décidé d’annoncer le report des élections ; pourtant, depuis la publication du calendrier électoral du 2 juin 2026, nous leur posions la question : les conditions nécessaires sont-elles réellement réunies ?

Ni le gouvernement, ni le Conseil électoral provisoire (CEP), ni les puissances tutélaires ne souhaitent véritablement organiser d’élections dans le pays. Rappelons que leur premier calendrier électoral avait fixé le scrutin au 30 août de cette année. Pour une raison ou une autre, et sans la moindre explication valable, ils ont renié leur parole, repoussant la date de ces prétendues élections au 13 décembre 2026, conformément à leur nouveau calendrier du 2 juin.
Depuis lors, ils n’ont cessé de tromper certains naïfs, tentant même de susciter une fièvre électorale. Mais, connaissant la mentalité de cette caste de vauriens, la grande majorité de la population n’a pas suivi leurs consignes à la lettre, à l’exception de quelques opportunistes en quête d’un emploi. Parmi eux figurent des candidats sans scrupules qui, à la moindre rumeur d’élection, se précipitent pour tenter d’obtenir leur part du gâteau. Aujourd’hui, alors qu’il ne reste que deux mois, ils ont jugé opportun d’annoncer, via un communiqué du CEP, qu’« à la suite des consultations menées avec les acteurs politiques et compte tenu de l’adoption, en Conseil des ministres le 5 octobre 2026, des amendements apportés au décret électoral du 2 juin 2026, certains délais du processus électoral ont été réaménagés ». Disent-ils la vérité ? Nous ne les croyons pas ; nous dirions plutôt qu’ils tentent de dissimuler une autre nouvelle à la population. Ils ne voulaient tout simplement pas admettre qu’il n’y aurait pas d’élection cette année, c’est tout. La date du 13 décembre n’était qu’une ruse pour repousser l’échéance à 2027. À l’approche de la date butoir, ils cherchent désormais quoi dire à la population pour éviter qu’elle ne se retourne contre eux. Le prétexte invoqué est grossier : l’insécurité, comme s’il s’agissait d’un problème qu’ils venaient à peine de découvrir.

Depuis leur arrivée au pouvoir, ces individus dilapident l’argent du peuple ; quant à l’insécurité, loin de la combattre, ils n’ont fait que l’aggraver afin de trouver un prétexte pour se maintenir au pouvoir. À *Haïti Liberté*, nous n’avons jamais manqué une occasion de leur dire la vérité : la solution à l’insécurité ne réside ni dans la guerre, ni dans la FRG, ni dans la signature de contrats avec des mercenaires tels qu’Erik Prince, qui hypothèquent l’avenir du pays. Cependant, n’ayant jamais souhaité la paix pour la nation, ils ont lié leur sort à celui des Américains, pour finalement s’égarer davantage encore dans l’horreur.
C’est dans ce contexte qu’il convient de comprendre l’annonce du CEP selon laquelle « la période d’inscription en ligne des candidats, ainsi que celle consacrée au dépôt des documents requis, sont prolongées jusqu’au 31 octobre 2026. Cette mesure vise à permettre aux candidats et aux structures politiques concernées de disposer du temps nécessaire pour accomplir les formalités prévues par le cadre juridique et réglementaire en vigueur ». C’est une façon détournée d’annoncer ouvertement qu’il n’y aura pas d’élections cette année.
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Les membres du Conseil Electoral Provisoire Ils sont tellement empêtrés dans leurs manigances qu’ils sont incapables de proposer une autre date, tout simplement parce que cela ne fait pas partie de leur plan. S’ils étaient honnêtes, ils auraient présenté le nouveau calendrier dès l’annonce du rapport. Mais pour éviter d’être pris en flagrant délit — pour ne pas être démasqués comme les imposteurs qu’ils sont — ils traînent les pieds ; comme ils n’ont aucune intention d’organiser des élections dans l’immédiat, ils prétendent qu’il est trop tôt pour fixer une date. Ils attendront probablement le mois de décembre pour annoncer que le scrutin aura lieu en mai ou juin 2027.

L’ancien Conseil présidentiel de transition Cette classe politique — héritière du coup d’État meurtrier contre Jovenel Moïse — n’organisera jamais d’élections. Tout d’abord, Ariel Henry a prouvé qu’il était déraisonnable de démanteler le CEP existant en 2021 au lieu de le soutenir dans l’accomplissement de sa mission ; il a préféré mettre en place son propre conseil électoral provisoire pour gagner du temps et ne rien faire.

L’ancien Premier ministre déchu Ariel Henri Ces genres de choses on ne les voit qu’en Haïti : le président légitime et constitutionnel nomme un CEP, puis un Premier ministre *de facto* juste après un coup d’Etats arrive et le démantèle purement et simplement. Cela implique qu’une personnalité *de facto* jouit d’une plus grande légitimité qu’un président élu par le peuple.

Erick Prince Ariel a passé trois ans au mépris du pays et de sa population. Sous l’administration du Conseil présidentiel de transition, composé de neuf membres, les mêmes travers persistent. Finalement, au terme du mandat du Conseil, Fils-Aimé, avec le soutien de l’impérialisme américain et de la bourgeoisie compradore, a pris les rênes du pouvoir et a imposé sa propre orientation. Cette classe politique traditionnelle a montré en toutes occasions qu’elle s’opposait à toute forme d’élection. Elle se révèle plus à l’aise avec la transition, qui sert parfaitement ses intérêts en lui permettant de se livrer à des manœuvres douteuses et de piller le pays en toute impunité.
Si elle ne fixe pas de date, c’est que l’échéance est loin d’être imminente. Elle envisage un calendrier s’étendant jusqu’au milieu de l’année 2027 — vers août ou octobre — tout en laissant la porte ouverte à une prolongation du processus jusqu’en 2028. Seule une révolution populaire anti-impérialiste peut mettre fin à cette classe politique corrompue et stagnante et mettre le pays sur la voie du changement.








