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Tuer Haïti: Bukele et Prince se joignent dans une mission meurtrière!

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Nayib Bukele, président du Salvador, s’associe à Erik Prince, aux États-Unis et à l’ONU pour tuer davantage d’Haïtiens.

Tuer Haïti : Bukele et Prince se joignent aux États-Unis et à l’ONU dans une mission meurtrière. Le visage de Nayib Bukele superposé à des crânes humains. Nayib Bukele, président du Salvador, s’associe à Erik Prince, aux États-Unis et à l’ONU pour tuer davantage d’Haïtiens.

Haïti constitue le nouveau terrain d’affrontement pour Nayib Bukele, président du Salvador, dirigeant despotique, de droite et sioniste chrétien. Ces derniers jours, il a déployé des soldats salvadoriens en Haïti via des vols cargo affrétés ; plus d’un millier de ces « vautours mercenaires » devraient ainsi déferler sur le pays. La raison invoquée pour cette invasion militaire étrangère et cette occupation d’un pays pourtant souverain ? L’enlèvement présumé, suivi du meurtre, de quatre ou cinq mercenaires salvadoriens par des « gangs » haïtiens. En raison de la mort de ces mercenaires, Bukele a décidé que le Salvador entrerait en guerre en Haïti.

Mais que faisaient ces mercenaires salvadoriens en Haïti, au juste ? Sous quelle autorité et en vertu de quelle loi ? Comment Bukele peut-il, en toute impunité, déployer ses forces armées pour envahir Haïti ? Et quel recours reste-t-il à une population haïtienne en proie, de manière ininterrompue, aux assauts de forces militaires étrangères et de groupes armés ?

Les mercenaires salvadoriens tués faisaient partie de la « Force de répression des gangs » (FRG), une entité illégale conçue par les États-Unis et approuvée par l’ONU. Cette force a été proposée à l’ONU par les États-Unis et leur vassal néocolonial, le Panama, sous la forme d’une intervention militaire armée en Haïti, officiellement destinée à résoudre le « problème des gangs » dans le pays. La « Force de répression des gangs » (FRG) a pris le relais de la « Mission multinationale d’appui à la sécurité » (MMAS) – une initiative conçue par les États-Unis et mise en œuvre par le Kenya – déployée en Haïti entre 2023 et 2025. Ces deux forces ont été mises en place comme alternatives à une véritable mission de « maintien de la paix » de l’ONU, une option que les États-Unis réclament pour Haïti depuis 2021, année de l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, qui avait été installé par leurs soins. Les États-Unis cherchaient à reproduire la MINUSTAH, cette force d’occupation onusienne qui avait consolidé le coup d’État de 2004 – orchestré par les États-Unis, la France et le Canada – ayant renversé le gouvernement haïtien démocratiquement élu. Cette mission a occupé Haïti, terrorisé sa population de 2004 à 2017 et conduit au démantèlement complet de l’État haïtien.

La FRG sert à masquer la destruction, orchestrée par les États-Unis, de l’État haïtien.

La « Force de répression des gangs » opère en Haïti dans le cadre d’un déploiement régi par le « Chapitre VII » de la Charte des Nations unies, ce qui lui confère le plein pouvoir de recourir à la force létale contre la population. Toutefois, elle ne fait pas partie d’une mission officielle de l’ONU et ne sert, en réalité, que de couverture aux machinations terroristes des États-Unis en Haïti. D’ailleurs, l’ONU et les États-Unis se vantent du fait que cette nouvelle force puisse agir « indépendamment » de la Police nationale haïtienne et du gouvernement haïtien. Ses membres disposent du pouvoir total de « neutraliser » toute personne qu’ils considèrent comme un membre de gang, et ils opèrent en dehors de toute autorité juridique locale.

En réalité, la FRG sert à masquer la destruction, orchestrée par les États-Unis, de l’État haïtien. Elle permet également aux États-Unis de tester leur violente doctrine de contrôle – une doctrine dont la mise en œuvre implique l’effondrement de l’État, le déploiement de mercenaires étrangers, l’anéantissement des communautés locales et l’abolition de toutes les lois en vigueur. Pendant ce temps, les citoyens haïtiens – des êtres humains dont les vies ont été bouleversées et détruites – ne disposent d’aucun moyen d’obtenir justice, ni d’aucun recours pour obtenir réparation.

À leur arrivée en Haïti, les 1 000 mercenaires de Bukele rejoindront les centaines d’autres mercenaires déjà présents dans le pays, issus de Vectus Global (anciennement Blackwater), le groupe meurtrier fondé par Erik Prince. Bien que bon nombre des tueurs à gages d’Erik Prince soient originaires du Salvador, ses mercenaires travaillent en coordination avec la FRG  de l’ONU, constituant ainsi la « force opérationnelle » qui collabore avec la Police nationale haïtienne. Cette « force opérationnelle » se consacre exclusivement à la guerre par drones. Il s’agit d’un type de conflit qui a suscité peu d’attention, mais qui a pourtant semé la désolation au sein de la population haïtienne.

Déclaration de Trump « J’ai effectivement parlé avec lui (Bukele). Il m’a dit qu’il avait un gros problème avec Haïti… Ils ont tué certains de ses hommes. Je lui ai dit : Vous dirigez votre pays. Vous devez faire ce que vous avez à faire »

Depuis plus d’un an, les drones d’Erik Prince ont tué des milliers de Haïtiens, pour la plupart des civils. En mars 2026, Human Rights Watch a publié un rapport indiquant qu’entre « le 1er mars 2025 et le 21 janvier 2026 — soit une période d’environ dix mois et demi — des frappes par drones explosifs, menées par les forces de sécurité haïtiennes et les prestataires privés qui les accompagnent, ont tué au moins 1 243 personnes au cours de 141 opérations distinctes. 738 autres personnes ont été blessées. » Il s’agit d’assassinats documentés. Bien que Human Rights Watch ne soit pas une organisation particulièrement radicale, elle a souligné, sans équivoque, que ce bilan concerne des personnes décédées, et non des individus coupables. Le rapport confirme qu’au moins 60 des victimes étaient des civils, parmi lesquels un grand nombre d’enfants. Ces meurtres n’ont fait l’objet que d’une mention très discrète dans les médias internationaux.

Des proches et des amis en Haïti m’indiquent que le nombre de civils tués par les attaques de drones d’Erik Prince est largement sous-estimé. N’importe quel jeune décédé peut être qualifié de « membre de gang ». Parallèlement, dans les rapports de l’ONU, ces morts ne sont pas présentés comme des victimes d’une guerre menée par des mercenaires au moyen de drones, mais comme des « victimes de la violence des gangs ». Pour les États-Unis et l’ONU, tout comme pour Prince, la vie des Haïtiens est négligeable.

Ainsi, on trouve actuellement en Haïti des mercenaires liés à l’ONU, des mercenaires venus du Salvador, des « gangs » armés grâce à des armes américaines, ainsi que des mercenaires participant à la campagne d’assassinats par drones orchestrée par Vectus/Blackwater — le tout sous couvert de l’ONU. Une véritable armée d’étrangers opère en Haïti, accomplissant le sale travail des États-Unis et de l’ONU, munie d’un permis de tuer et d’un mandat pour assassiner.

Erik Prince et Nayib Bukele

Rien de ce qui se passe — et de ce qui s’est produit en Haïti depuis 2004 — n’est légal. Rien de tout cela n’est autorisé par la Constitution haïtienne. Rien de tout cela ne répond à la volonté du peuple haïtien. Ce qui se déroule en Haïti s’inscrit dans la continuité de la destruction de l’État haïtien, amorcée lors du coup d’État de 1991 qui a renversé le premier président haïtien démocratiquement élu, Jean-Bertrand Aristide, et qui a abouti, en 2004, à l’éviction de ce même président durant son second mandat. Ce qui se passe en Haïti, c’est l’enracinement d’un déni total de la souveraineté nationale. Il s’agit d’une domination coloniale intégrale, qui se manifeste par un état de chaos permanent, mais savamment contrôlé.

La situation actuelle d’Haïti se caractérise par un pouvoir qui ne rend aucun compte à sa population, tout en étant armé et contrôlé par une force extérieure. Haïti est dirigé par un exécutif imposé de l’étranger, dépourvu de mandat légitime, mais disposant du pouvoir de recruter des mercenaires dotés de technologies létales. Nous assistons, en Haïti, à l’effondrement provoqué de notre État par l’impérialisme américain — soutenu par la « communauté internationale » — ainsi qu’à une occupation violente et persistante, alimentée par un flux ininterrompu d’étrangers prêts à utiliser notre peuple — nos enfants — comme chair à canon. Tout comme le Brésil de Lula a utilisé Haïti — en dirigeant l’occupation de la MINUSTAH et avec le soutien de l’ONU — comme terrain d’entraînement pour ses escadrons de la mort policiers, au service de l’empire américain, Bukele fait de même, avec une arrogance encore plus raciste.

Haïti pourrait constituer un modèle de ce qui nous attend : un laboratoire pour la prochaine phase de la domination impériale américaine, alors que celle-ci se voit contrainte de se replier sur l’hémisphère occidental. Mais l’histoire d’Haïti nous enseigne également que les Haïtiens ne jouent jamais tout à fait le rôle que les impérialistes attendent d’eux.

Bukele devrait y voir un avertissement!

 

Jemima Pierre est rédactrice et collaboratrice au *Black Agenda Report*, membre de la *Black Alliance for Peace* et de l’*Anti-Imperialist Scholars Collective*.

 

Black Agenda Report 28 octobre 2026

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