Vision simpliste

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La haine des masses laborieuses du pays ne cesse d’augmenter contre les classes exploiteuses puisqu’elles voient leurs conditions de vie s’aggraver au lieu de s’améliorer. Par ce constat, les liens de classe peuvent se renforcer facilement et davantage et ce processus peut faire tomber n’importe quel régime réactionnaire avec un minimum d’organisation.

Il y a ceux qui militent pour un quelconque changement mais qui ne le voient pas sous cet angle. Pour eux, la lutte est faite d’un miracle populaire comme quoi on n’a même pas besoin d’organiser et de participer avec les masses dans la construction d’une alternative. On n’a même pas besoin de proposer un programme ou une direction politique aux masses exploitées.  Tout viendra et sera résolu automatiquement, spontanément.

Ceux qui ont fait ce calcul devront un jour faire face à leur erreur et s’avouer vaincus. On n’est pas besoin d’être grand stratège pour le voir venir à court et moyen terme.

Pour eux, la lutte est faite d’un miracle populaire comme quoi on n’a même pas besoin d’organiser et de participer avec les masses dans la construction d’une alternative.

Les avocats de cette vision sont ceux  qui rêvent encore et font semblant de s’organiser mais ils sont très, très loin de la lutte et c’est ce qui explique qu’ils ne veulent pas s’engager à plein dans ce combat, une affaire de vie et de mort pour les masses populaires. On peut schématiquement trouver deux impasses dans leur cheminement : ils sont pour le changement mais ce ne sont pas eux qui vont donner leur précieuse vie pour une cause sacrée, le grand et héroïque sacrifice haïtien. Alors, sont-ils vraiment pour le changement ? Non !

Ils ne font que marquer le pas sur place et le plus souvent par peur de monter sur le ring,  ils se cantonnent dans une prudente neutralité en renvoyant le gant aux autres. Ils trouvent toutes les excuses du monde pour ne prendre aucune initiative, pour ne pas défendre les principes même quand ils sont en jeu.

Il nous faut combattre et battre à plates coutures certains individus à vision toute simpliste qui n’est autre qu’une stratégie de rester sur place et de ne pas avancer. Nous ne pouvons accepter aucune position équivoque face à la situation dans laquelle se trouve le pays.

La seule lutte que le peuple haïtien doit entreprendre ces jours-ci dans l’intérêt du pays est celle qui doit être directement dirigée contre le trône impérial de Donald Trump.

Si la lutte a un sens c’est celui de satisfaire aux besoins vitaux de la majorité de la population. Si la lutte a un sens, c’est celui de bloquer les plans anti-ouvriers, anti-démocratiques des réactionnaires des classes dominantes. Si la lutte a un sens, c’est celui de savoir renforcer la cohésion idéologique. Le point fondamental est qu’il faut à tout moment lier les études à la production, la théorie à la pratique, de façon à forger un lien dialectique entre le travail politique et la conception qui nous guide.

Notre rôle est d’aider à bâtir, à construire un outil populaire, révolutionnaire capable de servir les desiderata des masses opprimées en temps et lieu. Quand doit-on donc faire ce travail ? Maintenant, puisqu’on est déjà trop en retard ! En ce sens, nous ne dictons pas au peuple quoi faire, mais comme nous sommes avec les masses dans un même bateau en péril, il est de notre devoir d’apporter notre contribution active puisque nous ne sommes pas uniquement concernés mais partie prenante du danger et par nos relations nous entretenons et provoquons des réactions immédiates réciproques.

Toute vision simpliste est dangereuse, le dessein de l’impérialisme est de vous empêcher de vous engager catégoriquement, non pas pleinement mais à moitié, temporairement, à temps partiel, dans la lutte du peuple pour des lendemains meilleurs.

La vision qui se veut dans le sens des intérêts de la lutte des masses, vers leur victoire, doit être claire, directe, non ambiguë et décisive. Il n’y a pas à sortir de là. Toute autre perspective, hésitante, frileuse, irrésolue, équivoque, ne peut tenir que de la trahison du peuple.

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