Sophia Martelly a-t-elle vraiment renoncé à sa citoyenneté américaine?

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2Des controverses et des questions ont tourbillonné au cours des dernières semaines autour de l’annonce de la Première Dame haïtienne Sophia Saint-Rémy Martelly savoir qu’elle mènera une campagne électorale sous la bannière du Réseau Bouclier National comme une candidate au sénat pour le département de l’Ouest d’Haïti, qui comprend Port-au-Prince.

Plusieurs journalistes et candidats rivaux ont été prompts souligner que Mme Martelly est née à New York le 9 octobre 1965 et est identifiée comme citoyenne américaine sur les documents officiels du gouvernement haïtien remplis par son mari le Président Michel Martelly aussi tard que 2011. Cependant, la Constitution d’Haïti empêche aux citoyens américains de faire campagne et d’occuper de hautes fonctions publiques en Haïti.

Le 28 avril au Bureau de contestation électorale départemental (BCED), les avocats de Mme Martelly ont affirmé qu’elle avait renoncé à sa citoyenneté américaine à l’ambassade américaine à Port-au-Prince l’année dernière. Les avocats Grégory Mayard-Paul, Napoléon Lauture, et Patrick Laurent ont produit un « certificat de perte de la nationalité des États-Unis », prétendument signé le 31 mars 2014 par le consul général américain Jay Thomas Smith, montrant que Mme Martelly a « exécuté volontairement un serment de renonciation de sa citoyenneté américaine ».

Comme le scepticisme généralisé a continué, l’ambassadrice américaine Pamela White est entrée dans la mêlée pour se porter garante que Mme Martelly avait en effet renoncé sa citoyenneté américaine ; tout comme l’ancien ambassadeur américain Kenneth Merten avait été obligé de rejoindre le Président Martelly dans une conférence de presse le 8 mars 2012 pour affirmer « que le Président Martelly n’est pas américain, il est haïtien » lorsque des soupçons grandissaient autour de sa nationalité.

Certains analystes ont souligné l’absence du nom de Mme Martelly dans la liste du Département du Trésor des États-Unis « Publication trimestrielle des individus, qui ont choisi de s’expatrier, tel que requis par l’article 6039G » de la Health Insurance Portability and Accountability Act (HIPAA) de 1996. Cette liste, disponible sur le Federal Register, s’applique aux personnes qui ont gagné une moyenne de $ 124 000 par an pour les cinq années précédant la date de renoncement leur citoyenneté américaine ou qui avaient une valeur nette de 2 millions de dollars ou plus. Sophia Saint Rémy Martelly ne figure pas sur cette liste, bien que sa valeur nette soit supérieure à 2 millions de dollars, grâce aux possessions immobilières, en Haïti et en Floride, en son nom propres, soit au nom de son mari.

Sauf pour des raisons bureaucratiques, pourquoi Sophia Saint Rémy Martelly ne peut-elle pas être encore portée sur les listes trimestrielles du Trésor américain dans les mois depuis son renoncement en Mars 2014 ? Mais son absence continue de soulever des doutes. La conférence de presse sans précédent de l’Ambassadeur Merten en 2012 n’a toujours pas mis fin à des questions troublantes soulevées par des commissions d’enquête du Sénat haïtien ainsi que de la Chambre des députés qui ont constaté que Michel Martelly avait beaucoup de passeports haïtiens avec des timbres de sortie de l’immigration haïtienne, mais pas de timbres d’entrée correspondants à d’autres pays.

Le régime Martelly et le gouvernement des États-Unis ont piétiné tant de lois et d’institutions haïtiennes au cours des dernières années, qu’il est compréhensible que le scepticisme et les suspicions soient fortes. Même le cousin du Président Martelly, l’éminent musicien et hôtelier Richard Morse, qui faisait autrefois partie du cercle présidentiel de Martelly, a tweeté le 23 avril: « Sophia Martelly / Pam White / Michel Martelly légitiment la corruption et le Narcotrafic ».

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