Somalisation ou massacre à la Rwanda : deux vœux pieux !

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Quand un pays est frappé par le mal de déstabilisation et que l’État a failli, il ne peut plus remplir sa mission, bien souvent on fait référence à la Somalie, d’où est née l’expression de « somalisation d’un pays », une façon de dire qu’il est menacé de chaos et d’un champ de ruines. Mais il ne faut pas oublier de demander comment cela avait pu arriver, par exemple la déliquescence des institutions étatiques somaliennes, puisque le pays avait tout pour réussir ?

La guerre civile somalienne a pris naissance sous l’apparence de violences tribales contre le président Siad Barre. Tout le prétexte vient du fait que le groupe de militaires qui avait accaparé le pouvoir par un coup d’état le 21 Octobre 1969  baptisé « révolution d’Octobre », et dirigé par le général Mohamed Siad Barre, avait mis le pays sur la voie du socialisme, avec un parti d’avant-garde de travailleurs marxiste-léniniste. Les mains invisibles de l’Occident l’ont miné jusqu’à la dégénérescence, le régime autrefois progressiste et même révolutionnaire s’est transformé en une situation explosive et dangereuse jusqu’à ce qu’il soit devenu un État en faillite.

L’autre exemple est le Rwanda. Ce n’est pas le massacre des Tutsis par les Hutus qui a changé le pays. L’Occident a organisé la lutte tribale sous l’occupation Allemande puis la Belgique et en dernier lieu le soutien de la France à la République mono-ethnique Hutu.

Si aujourd’hui le Rwanda, particulièrement la capitale Kigali, est transformée en une ville moderne, c’est le résultat d’une guerre entre les puissances exploiteuses. La France de Mitterrand supportait le gouvernement des Hutus avec leur Président Juvenal Habyarimana  et l’Amérique de Clinton les Tutsis en exil avec leur leader Paul Kagame. Les Etats-Unis ont gagné cette guerre tribale pas précisément dans l’intérêt du peuple rwandais comme on le montre aujourd’hui mais pour leurs propres intérêts économiques et hégémoniques. Et comme ils voulaient tenir en respect leur rival, la France, ils sont obligés de rebâtir le pays et d’investir largement. Voilà comment le Rwanda a pu renaitre de ses cendres !

il n’y a rien de comparable entre ce qui s’est passé en Somalie et au Rwanda avec la situation présente en Haïti.

En Haïti, ce n’est pas le cas, et ce ne sera jamais le cas. Avant tout, nous avons une unité ethnique, et depuis la Constitution de 1805, le fondateur de la patrie Jean-Jacques Dessalines a reconnu que tout haïtien est nègre quelque soit la couleur de sa peau et même les Polonais en avaient bénéficié.

Par ailleurs, il n’y a rien de comparable entre ce qui s’est passé en Somalie et au Rwanda avec la situation présente en Haïti. Il ne faudrait donc pas dire qu’il y aura un Rwanda dans le pays. De même pour ceux qui disent on prépare à la « somalisation » du pays. C’est ne pas trop comprendre notre réalité.

La première république noire en Amérique, née d’une révolution sociale et antiesclavagiste qui a mis fin à l’esclavage et qui a aidé d’autres pays frères à se libérer de ce joug est toujours sous le coup des anciennes puissances esclavagistes devenues puissances capitalistes. Elles n’ont jamais digéré ce qui est devenu un exploit pour nous autres mais reste un affront inoubliable pour eux.

Ces anciens esclavagistes sont restés nos ennemis, Haïti n’a jamais été vue autrement, qu’un pays qui a tracé un mauvais exemple, il doit être puni pour avoir osé dire Non et combattre les pays coloniaux et leur classe d’exploiteurs des travailleurs de ce temps-là.

Notre  pays appauvri résulte de la victoire de la lutte révolutionnaire de notre main-d’œuvre servile et selon nos adversaires, il faut nous faire payer chèrement, le fait d’avoir détruit leurs affaires commerciales et rendre humain l’homme Africain qui a été considéré comme une chose, une bête de somme.

Nous sommes les victimes d’un Occident récalcitrant, en colère qui ne cessera jamais d’armer pour nous déstabiliser. En vérité, nous sommes en guerre permanente avec ces puissances réactionnaires. Ce n’est pas sans intérêt qu’elles ne nous ont jamais permis de commémorer comme nous le devrions ni le Centenaire, ni le Bicentenaire de notre précieuse indépendance.

Rappelons les coups d’Etat de 1991 et 2004, le Fraph, le groupe 184 d’Apaid et sa caravane d’espoir, la Convergence démocratique et son président Gérard Gourgue installé à Pont-Morin, puis les rebelles de Guy Philipe. Tout cela faisait partie intégrante d’un projet déstabilisateur pouvant nous anéantir et jeter dans les poubelles notre passé historique faite de grandes épopées allant du Congrès de Bois-Caïman,  du Soulèvement des esclaves,  de la bataille de la Crète à Pierrot au grand combat de Vertières.

Les agressions impérialistes contre ceux qui résistent sont un fléau appelé à se généraliser. Cuba résiste encore à un embargo vieux de plus de 50 ans ! Ce fléau est passé par l’Iraq, la Lybie, la Syrie, le Yémen et actuellement le Venezuela qu’on veut désagréger pour le réduire en cendres. Ce qui se passe dans notre pays, l’un des plus inégalitaires du monde, c’est l’effet d’une déstabilisation à outrance et qu’ils utilisent leurs indigènes de service et leurs fantoches au pouvoir comme outils. Leurs causes seront toujours présentes pour nous disloquer mais quels pourraient être les remèdes ?

Aux grands maux, les grands remèdes ! Le spectre de la somalisation et du Rwanda est un vœu pieux qui fera date dans l’histoire des peuples opprimés et menacés par l’impérialisme. Mais, Haïti ne sera pas somalisée et un massacre à la Rwanda n’est pas applicable, sauf que le véritable creuset reste et demeure la guerre de classe, seul moyen pour empêcher que notre pays ne continue à basculer dans le chaos que nous ont forgé les puissances impérialistes.

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